Question 7 : Comment pourriez-vous décrire ces liens.

Non classé

o superficiel
o convenu ou conditionné par le milieu (servir soupe)
o amicaux
o affectif
o intime

Avec cette question nous voulions que les détenus ressortent selon eux, les différents liens qui peuvent exister en prison. Nous précisons que cette question n’a pas été posée telle quelle, toujours dans l’optique que ces entretiens soient un échange.

Woody dit avoir eu quelques liens amicaux mais c’était très rare. Pour les autres relations, il les décrit, comme un peu, artificielles. Comme par exemple lors de contact entre détenus à l’atelier, durant le sport ou la promenade.

Cependant, lors de la promenade il mentionne également que c’était à ce moment-là qu’il pouvait avec deux-trois « bons copains » discuter.
Il précise également qu’il a entretenu un lien fort avec un des détenus avec qui ils échangeaient au sujet de la spiritualité, en s’isolant dans l’une de leurs cellules.

Il ajoute également que lors de départs, c’est là qu’il s’est permis d’enlacer et de presque pleurer. Il dit : « (…) c’était très intense comme relation. »
Il nous semble que ces moments étaient plus proches de liens affectifs qu’amicaux.

Charles mentionne une fois le mot amitié par rapport aux détenus et décrit surtout comment étaient ses liens, ils seront détaillés dans la question suivante.
Il complète qu’il a créé des liens avec l’assistante sociale et un des « psy » : « (…) Ils sont là pour faire leur travail, c’est un lien, on va pas dire de grande amitié mais quand même d’amitié. (…) ».

Il précise que les relations affectives sont seulement avec sa famille et ses enfants.

Doe pense que les liens qu’il a vécu en prison se situaient entre le superficiel et l’amitié. Pour lui, c’était des amitiés sur le moment et une fois la détention terminée, il n’y pensait plus, ne voulait plus les revoir.

Ce qu’il décrit nous apparaît comme des amitiés éphémères, ponctuées par le temps où il y avait une « bonne entente ».
Comme Charles, il dit que les relations affectives se passent avec ses proches.

Selon, Raphael, il croit que c’était de l’amitié sincère et pas superficielle. Pour le citer : « (…). Il n’y a pas de petites courbettes pour se dire bonjour, ça n’existe pas, je ne crois pas. ».

Pour conclure, avec cette question, nous constatons que pour les quatre, il y a eu des liens amicaux. Tous décrivent des liens qui se créent sur le moment mais qui ne perdurent pas.

Quand à Woody, il a l’air d’avoir vécu un événement de surprise acceptable, le « Réel » s’est fait connaître sur un mode affectif. En effet, lors du récit de Woody pour cet item, sa voix faiblit, il a presque les larmes aux yeux. Woody a été le seul à nous décrire un moment pathique pour cette question. Les instants de départ semblent pour lui des moments extrêmement forts voire douloureux, il n’aurait pas cru que ce soit à ce point-là.

Page suivante : Question 8 : Comment étaient ces liens ?

Retour au menu : Vie pénitentiaire, liens sociaux et affectivité : Comment les personnes vivent-elles leur vie affective dans un milieu carcéral fermé ?