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5.4. Frustration

Dans ce travail, nous n’envisageons pas la frustration comme une pulsion absolument nécessaire à combler comme théorisé dans l’approche psychanalytique, mais plutôt comme le décrit Chartrand St-Louis (2005) (70) : «Généralement, nous avons en vue certaines fins personnelles et nous aimons à nous considérer comme le « centre de l’expérience » (à ne pas confondre avec l’égoïsme), mais notre manière d’être présent au monde n’épouse pas forcément ces fins ni cette vision personnelle. Soit, elle ne nous centre pas suffisamment sur nous-mêmes, soit elle nous centre trop sur nous-mêmes ».

Dans un cas comme dans l’autre, cette situation engendre un déséquilibre et un mécontentement. « Lorsque notre présence au monde ne correspond pas à ce que nous envisageons ou à ce que nous idéalisons comme mode d’« être au monde, nous nous sentons trahis et nous ne sommes plus prêts à accueillir les expériences qui s’offrent à nous. Il en résulte des refus et des résistances qui nourrissent la frustration » (71).

La frustration est confrontée à la réalité et à l’espace thymique de Binswanger comme espace intérieur personnel.

« La personne frustrée se refuse à admettre que vivre ne se réduit pas à sa seule disposition à vouloir et à agir » (72), ce qui peut engendrer de la colère, etc.

La colère est considérée comme une émotion qui permet de s’exprimer contre entre autres l’injustice, l’indignation. Souvent, elle découle par exemple d’une frustration, d’une souffrance. Elle peut être parfois incontrôlable.

70 Chartrand, S-L., (2005), Récupéré le 14.01.2012 de http://albertportail.info/spip.php?article209
71 Ibid. Chartrand, S.-L.
72 Ibid. Chartrand S.-L.

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