5.5. Colère

Non classé

Cependant, au départ, la colère permet de préparer le corps au mouvement, à la réaction. Des changements physiologiques peuvent se faire sentir. Les battements du cœur peuvent augmenter pour concentrer le sang vers les organes dit vitaux. La respiration s’accélère. Le ton de la parole se hausse, etc. La colère augmente le besoin d’agir.

Ainsi, la colère peut être saine, elle permet de se mettre en action. Elle permet d’affirmer sa personne et de maintenir son intégrité physique ou psychique. Elle sert aussi à l’affirmation d’une volonté personnelle.

Parfois, les personnes qui ont enduré un « mal » sont en colère et réagissent en rendant « les coups » en faisant dix fois pire.

C’est la réprobation de la colère qui peut parasiter la relation à soi-même et aux autres. Elle peut confiner les personnes dans des états de non-dits.
De cette manière, celui qui est en colère peut souffrir de cet état. Ainsi, nous en revenons à la notion de souffrance, de frustration et nous pouvons comprendre en explicitant ces phénomènes vécus en prison qu’ils sont étroitement liés, imbriqués.

De plus, la notion de colère peut également nous renvoyer au besoin de justice qui est aussi une des valeurs mise en avant par les personnes que nous avons « interviewées». Nous aimons reprendre la constatation de Lytta Basset (73) : « l’injustice est un des mobiles de la colère et “une personne en colère est une personne qui n’a pas renoncé à la justice » (74).

En effet, en prison le besoin de justice est très présent puisque les détenus ont à faire à elle tous les jours avec les juges, l’application des lois, la venue des avocats, etc. Comme nous le verrons plus loin, les détenus sont souvent mécontents du traitement infligé par le monde pénal.

Lorsque la colère « gronde », il n’existe parfois pour certaines personnes pas d’autres solutions pour s’exprimer que d’être violent.
La violence peut être exercée, verbalement, physiquement, psychologiquement ou sexuellement. Elle est ainsi souvent opposée à une application contrôlée, légitimée et tempérée de la force.

73 L. Basset, formation en théologie, a eu nombre d’expériences douloureuses notamment la perte d’un fils.
74 Récupéré le 15 mars 2012 de http://books.google.ch/books?id=dveTBKxOgdAC&pg=PA55&lpg=PA55&dq=carole+rongier+lytta+basset&source=bl&ots=IgonNfU-e1&sig=txIdYqhWLN2OgkgbIZzK-Wxw4OM&hl=fr&sa=X&ei=PHWKT7OOCvTP4QTq78TMCQ&ved=0CCAQ6AEwAA#v=onepage&q&f=false

Page suivante : 5.6. Violence

Retour au menu : Vie pénitentiaire, liens sociaux et affectivité : Comment les personnes vivent-elles leur vie affective dans un milieu carcéral fermé ?