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3.2.14 L’humanitaire

En plus de la crise politico-militaire de 2002 à avril 2011, la crise postélectorale était, elle aussi, à l‘origine de besoins humanitaires énormes pour des milliers de personnes contraintes au déplacement et/ou qui avaient perdu des biens importants. La vulnérabilité de ces personnes était aggravée par l‘insécurité à certains endroits ainsi que les difficultés d‘accès aux services essentiels tels que la santé, l‘éducation et l‘hygiène(143). « Une bonne partie de la population a été directement ou indirectement touchée par la crise qui a commencé au début de cette année. Ces populations ont besoin d‟être assistées sans délai pour retrouver des conditions de vie acceptables et leur dignité » avait déclaré le Coordonnateur Humanitaire, M. Ndolamb Ngokwey.

Pour appuyer les structures gouvernementales et les acteurs humanitaires à identifier rapidement les besoins des personnes les plus vulnérables, les Nations Unies avaient déployé une équipe d‘évaluation et de coordination (UNDAC) à Abidjan et à l‘ouest du pays depuis le 19 avril 2011. A l‘ouest du pays, l‘équipe de l‘UNDAC, en étroite collaboration avec les agences des Nations Unies, avait mené des évaluations. Il était ressorti de ces évaluations que des besoins humanitaires aigus persistaient dans les secteurs de la nourriture, des soins médicaux, des services d‘eau et d‘assainissement, de l‘accès à l‘éducation et de la protection.

Des villages partiellement détruits et un déplacement important de populations avaient été constatés sur plusieurs axes dans les régions du Moyen Cavally et des Montagnes. La situation sécuritaire restait précaire dans le triangle Zouan Hounien, Toulepleu-frontière, Blolequin, zone totalement sinistrée et qui méritait une attention particulière. Les besoins prioritaires dans cette zone incluaient les distributions de bâches, ustensiles de cuisine et nattes étaient essentielles afin de permettre à la population de reprendre leur vie. La situation sécuritaire incertaine renforcerait des craintes et empêcherait les populations d‘envisager un retour dans l‘immédiat. La présence d‘armes et les risques d‘abus sexuels nécessitaient une réponse importante au niveau de la protection.

A Abidjan, des équipes conjointes composées des agences des Nations Unies, de l‘Organisation Internationale des Migrations (IOM) et de l‘Agence Adventiste d`Aide et de Développement (ADRA) avaient participé avec l‘UNDAC à des visites d‘évaluation rapide de la situation humanitaire dans les quartiers d‘Abobo, Anyama, Adjamé, Koumassi, Port Bouet et Grand Bassam entre le 19 et le 22 avril 2011. Les résultats de ces évaluations avaient révélé des besoins importants de soutien aux efforts du gouvernement dans les domaines de la protection des civils, de la santé, de l‘éducation et de l‘hygiène publique.

143 Extrait du journal Autre Presse – 28/04/11

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