Question 1 : Qu’auriez-vous envie de nous dire de vous ?

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Ainsi, pour la première question, nous leur avons laissé le soin d’exprimer ce qu’ils avaient envie de nous présenter d’eux. Les quatre ont demandé à être aiguillés, ils voulaient savoir si nous voulions des données précises ou ce qui était bien pour notre travail.

Nous leur avons donc cité par exemple l’âge puis ils ont pu débuter chacun à leur manière.

Nous avons eu de la chance, car, nous avons pu interroger des personnes entre 20 et plus de 50 ans, ce qui nous a donné un aperçu d’histoires de vie riches en expériences diverses dans les prisons.

Ces personnes ont décrit leur situation familiale. Il y a une personne mariée, une divorcée, deux célibataires qui ont à peu près vingt ans d’écart. Deux d’entre elles ont des enfants.

Les quatre personnes ont passé plus d’une année en prison. Une personne nous a dit exactement le nombre d’années.

Nous ne désirions pas connaître le temps exact, notre seul souhait était de savoir si c’était plus d’une année. En effet, lors de détention préventive, les détenus doivent être seuls vingt-trois-heures sur vingt-quatre-heures et ont droit à une heure de promenade par jour. Au bout d’une année de détention, le régime change, les détenus peuvent plus facilement se côtoyer.

Nous nous en doutions au moment du repas pris en commun, mais comme nous ne voulions pas être intrusives nous ne leur avions pas posé la question à ce moment-là.

Ainsi, toutes les personnes ont fait de la préventive pendant une année, voire plus, où elles étaient enfermées vingt-trois heures sur vingt-quatre avec une heure de promenade par jour et une fois par semaine le droit de pratiquer du sport pour certaines.

Une seule personne a parlé spontanément de son délit. Encore une fois, notre recherche ne se basait pas sur leurs actes et nous ne voulions pas connaître leurs méfaits, elles ont été libres d’en parler ou pas puisque l’un de nos principaux objectifs était centré sur l’écoute des vécus, des expériences concernant l’affectivité.

De la sorte, à la fin du questionnaire, nous leur avons demandé comment elles avaient vécu l’entretien. Toutes nous ont répondu qu’elles étaient étonnées que nous ne leur demandions pas de parler de leurs actes, ceci fut très agréable pour elles.
En effet, lorsqu’elles entrent en prison, quasiment tous les jours, elles doivent se justifier et y travailler notamment avec la psychologue. Et même par la suite, lors de leurs sorties.

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