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PREMIERE PARTIE : AL-QAÏDA AU MAGHREB ISLAMIQUE : LOGIQUE DE NUISANCE SECURITAIRE ET MENACE GEOSTRATEGIQUE

Nul n’est à l’abri du terrorisme, que l’on se trouve dans le métro de Tokyo ou dans un autocar à Tel-Aviv, que l’on fasse du lèche-vitrine à Londres, que l’on se promène dans les rues de Moscou, que l’on soit militaire en Arabie Saoudite ou fonctionnaire à Oklahoma-city, le terrorisme est désormais un fléau aveugle qui fait fi des frontières(91). Ainsi s’exprimait l’ancien Président américain Bill CLINTON, le 6 août 1996, dans le contexte de la multiplication des actes de terrorisme à travers le monde(92). Cinq plus tard, ce que soulignait l’ancien Président va se réaliser sur le sol américain le 11 septembre 2001 avec les attentats perpétrés par Al-Qaïda.

Cet accroissement des actes de terrorisme ne revêt pas seulement un aspect quantitatif, il révèle également une évolution qualitative en ce qui concerne les moyens et les possibilités d’action des terroristes.

Au cours de ces dernières années, le réseau Al-Qaïda a réussi à élargir son influence auprès des groupes islamistes au sahel. Al-Qaïda au Maghreb Islamique, ex-GSPC qui constitue l’un des groupes séduit par Al-Qaïda a décidé de faire du sahel son nouveau champ de bataille au nom de l’islam. De l’Algérie où il était établi, sa sphère d’opération s’est élargie dans l’Afrique sahélienne devenant en si peu temps un danger pour la région. Aucun Etat n’est à l’abri de la menace terroriste et les évènements qui se déroulent au Nord du mali sont venus renforcés ce que certains craignaient depuis. Celui de voir le sahel devenir un eldorado pour les trafiquants et les jihadistes(93). La menace suscitée par AQMI est aujourd’hui réelle et est renforcée par plusieurs facteurs déstabilisateurs et crisogènes qui se combinent selon des logiques et des schémas extrêmement complexes. Ceux-ci ont pour conséquence de rendre cette immense zone vulnérable et favorable à l’enracinement du terrorisme et à la criminalité organisée. De plus, cette situation aggrave un peu plus l’extrême pauvreté et la vulnérabilité des populations vivant dans la zone, déjà fortement touchés par des décennies de conflits infraétatiques.

Il s’en suit que la menace d’AQMI au sahel est dû à un ensemble de facteurs déstabilisateurs et crisogènes qui fragilise cet immense territoire (CHAPITRE I) et qui fait le jeu des mouvements terroristes et de multiples acteurs internes ou extérieurs au continent africain (CHAPITRE II).

91 Traduction in « Dossier Mondiaux », Revue Electronique de l’Agence d’Information des Etats-Unis, Février 1997, p. 1. A consulter sur : http//www.usinfo.state.gov/journals/itgic/0297/rjgf/rjgf/0297.htm.
92 On citer entre autres : mars 1995 : attentat au gaz Sarin dans le métro de Tokyo ; avril 1995 : attentat contre le bâtiment de l’administration fédérale à Oklahoma city (Etats-Unis) ; janvier 1996 : attentat contre la banque centrale du Sri Lanka. Source : Questions Internationales, juillet-août 2004.
93 Sur les informations établissant un lien entre les groupes armés présents au Nord-Mali et les groupes terroristes actifs en Libye ainsi que les mouvements des chefs d’AQMI entre le Mali et la Lybie, voir « AQIM buys weapons from libyan rebels – Algeria paper reveals », www.ennaharonline.com, 11 septembre 2012. Et
aussi entretien de Crisis Group, diplomate, 13 septembre 2012.

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