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Préface

En 1990, Galen Bodenhausen mettait en évidence que le jugement social peut être influencé par les rythmes circadiens, un type de rythme biologique d’une durée d’environ 24 heures. En d’autres termes, le jugement social serait influencé par le moment de la journée.

Bodenhausen parvient à ces résultats en étudiant un premier groupe de sujets qui se lèvent très tôt le matin dits extrêmes du matin et un second groupe de sujets qui se lèvent tard dit extrêmes du soir. Il demande à ces participants d’émettre un jugement social sur un texte. Il constate alors que lorsque le moment de la journée ne leur est pas favorable (soir pour les sujets du matin, matin pour les sujets du soir), les sujets sont plus enclins à porter un jugement social davantage défavorable.

Quel mécanisme pourrait expliquer cette variation circadienne du jugement social ?

Une réponse à cette question pourrait être l’inhibition cognitive. Cette fonction cérébrale est la capacité à refreiner ses réactions spontanées. En d’autres termes, l’inhibition permet de s’empêcher de produire certaines réponses. Dans l’étude de Bodenhausen, nous pouvons nous interroger si c’est ce dont il est question. Le sujet, dans un moment qui n’est pas optimal pour lui, ne parvient pas à inhiber un jugement défavorable. Ce point va donc nous intéresser ici, l’inhibition cognitive et le jugement social sont-ils liés.

Est-ce l’activation de ce mécanisme qui rend compte de la variation circadienne du jugement social ? Si tel est le cas nous devrions observer tout d’abord une variation circadienne de l’inhibition et cette variation devrait être similaire à celle du jugement social. Autrement dit, le moment n’est pas idéal pour moi, je ne parviens pas à inhiber et mon jugement social s’en ressent, il est plus défavorable.

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