Institut numerique

Paragraphe 2 : L’état des lieux sur la valorisation des résultats de recherche en agronomie à l’UAC

C’est le Vice-Rectorat Chargé de la Recherche Universitaire qui a en charge les questions de la recherche universitaire et de leur valorisation appuyé par le Conseil Scientifique et le Service de la prospective, de la planification et de la valorisation de la recherche. Il importe ici de faire un état des lieux de la recherche et de la question de la valorisation des résultats de recherches en agronomie à l’UAC.

A. Aperçu sur les recherches en agronomie à l’UAC et leur valorisation

1. Aperçu sur les recherches en agronomie à l’UAC

La recherche universitaire au Bénin doit s’intégrer dans la politique nationale en matière de recherche scientifique et technologique. Cette politique s’inspire des Etudes Nationales de Perspectives à Long Terme Benin 2025 -ALAFIA et contenue dans un document de politique adopté par le Bénin. Ce document a tracé les grands axes de recherche prioritaires au Bénin parmi lesquelles l’agriculture, l’élevage, la pêche, la foresterie, la sylviculture, l’élevage non conventionnel constituent des axes de priorité.

Ainsi, à l’Université d’Abomey-Calavi, de nombreuses recherches qu’elles soient fondamentales ou appliquées, s’effectuent dans ces secteurs au sein des laboratoires et centres de recherche des établissements de formation par les enseignants – chercheurs ou des équipes pluridisciplinaires. Ces recherches se mènent à travers les réseaux scientifiques nationaux ou/et internationaux dans le cadre des formations diplomantes et /ou de l’exécution de projets de recherches financés par des institutions nationales ou internationales.

Comme l’indique les différents rapports d’activités annuels sur la recherche à l’Université d’Abomey-Calavi, les recherches se déroulent autour des champs thématiques dominants suivants : Espaces, cultures et développement (EC&D), Sciences agronomiques (SA), Chimie et applications (C&A), Sciences pour l’ingénieur (SPI), Mathématiques, Physique théorique et Physique mathématiques (MP), Droits et Sciences Politiques (D&SP), Sciences Economiques et de Gestion (SEG), Education Physiques, Sport et Développement Humain (EPS&DH), Sciences de la Santé (SS) et Science de la vie (SV).

Ainsi, l’Université d’Abomey-Calavi n’est pas pauvre en production de recherches scientifiques. Pour preuve, « l’UNESCO, dans le classement des Universités africaines selon les résultats de recherches effectués en 2005, a classé l’Université d’Abomey-Calavi au 16ème rang, loin devant toutes les universités du Nigeria, du Ghana, de la Cote d’Ivoire, du Sénégal etc. Les Universités qui ont occupé un rang meilleur sont en Afrique du Sud, en Egypte et à Ile Maurice. En terme de classement des pays africains, le Benin a été classé au 4ème rang derrière l’Afrique du Sud, l’Egypte et l’Ile Maurice(7) ».

En ce qui concerne les productions et innovations scientifiques à l’Université d’Abomey-Calavi dans le domaine agronomique proprement dit, elles se mènent au sein des laboratoires et ateliers scientifiques logés dans les cinq départements de formation et de recherche de la Faculté des Sciences Agronomiques. Ces recherches se mènent par les enseignants –chercheurs et les étudiants et sont diffusées à travers les publications scientifiques, les mémoires de maîtrise, les thèses de doctorat, les mémoires de master professionnel ou de recherche, les monographies villageoises, les mémoires de licence etc.

Les résultats constituent des ressources importantes d’innovations scientifiques susceptibles d’exploitation.

Le tableau III tiré du rapport d’activité de la recherche universitaire d’Abomey-Calavi de l’année 2009 présente les recherches menées au sein de cette faculté en 2009 en termes de nombre d’équipes productives et d’encadrement de DEA et de thèses(8).

Tableau II : Effectif des DEA, Docteurs, Chercheurs solitaires ou en équipe de la FSA en 2009

Source : Rapport d’activités sur les recherches à l’UAC, 2009)

Tableau III : Nombre de thèses soutenues à l’UAC, nombres de publication et diversité des revues scientifiques en 2009 (les données sont à relativiser pour certains établissements)

Source : Rapport d’activités sur les recherches à l’UAC, 2009

Les figures suivantes tirées du rapport d’activité de la recherche universitaire d’Abomey-Calavi en 2009 montrent la part des recherches agronomiques effectuées par la FSA dans l’ensemble des recherches effectuées à l’Université d’Abomey–Calavi.

Figure I : Part des établissements de l’UAC par domaine pour leur contribution à la production des mémoires de DEA

Figure II : Part des établissements de l’UAC par domaine pour leur contribution à la production des thèses de doctorat.

Au terme des indices et ratios de rendement par établissement de l’UAC, la faculté d’agronomie apparaît comme l’une des plus productives(9).

En ce qui concerne les résultats de recherches, leurs domaines d’expérimentation sont variés. Il sera difficile de publier les secteurs des nombreux résultats de recherche obtenus à la FSA depuis sa création. Le rapport des journées de valorisation organisées par cet établissement en octobre 2009 révèle les résultats ci-après selon les cinq départements de formation et de recherche de la Faculté.

Tableau IV : Quelques domaines d’innovations et d’inventions disponibles à la FSA

Source : Source : Rapport des journées de valorisation à la FSA et Fiche Questionnaire enseignants.

L’analyse du tableau montre l’existence de deux classes de recherches (fondamentales ou appliquées) effectuées en agronomie à l’Université d’Abomey-Calavi, précisément à la Faculté des Sciences Agronomiques. Il s’agit de :

• Les Recherches Action Participative : elles ont pour but de participer avec la collaboration des bénéficiaires, à la résolution de problèmes identifiés à travers de nouveaux comportements ou des changements sociaux.

• Les Recherches – Innovation : appelées encore Recherches –Développement (R&D), elles ont pour but de créer un produit ou des innovations techniques ou technologiques dans un objectif d’inventivité ou de créativité technologique.

Toutes ces innovations scientifiques sont peu connues du grand public. Il est utile de noter que ces différents résultats de recherche, en permettant l’accroissement en quantité et en qualité de l’expertise nationale dans le secteur concerné ont permis aux chercheurs béninois de connaitre une promotion au niveau du CAMES, de participer à de grands forums internationaux et d’obtenir de prestigieux prix.

Cependant, le transfert de ces innovations vers les populations et l’utilisation proprement dite de ces résultats en faveur des populations ou de l’économie nationale sont réellement absentes. Autrement dit, la valorisation proprement dite des résultats de recherche n’existe pas.

Toutefois, quelques initiatives sont constatées dans la communication des résultats de recherche. Ce qui constitue pour les chercheurs, une forme de valorisation des recherches.

2. La valorisation des résultats de recherche en agronomie à l’UAC

Plusieurs moyens sont utilisés pour contribuer à la valorisation des résultats de recherche en agronomie à l’UAC. Certains sont des initiatives de structures universitaires et d’autres sont des initiatives personnelles des enseignants-chercheurs. Mais, le terme est pris ici dans son interprétation première par les universitaires.

– Les actions des structures de l’Université

• Les actions du Rectorat

Depuis l’année 2006 où l’UAC a vu la création de trois Vices Recteurs, il a été noté des actions plus intenses, allant dans le sens de la dynamisation de la recherche. Cet état est dû à l’existence du Vice-Rectorat Chargé de la Recherche Universitaire, en symbiose avec le Conseil Scientifique de l’UAC. On peut citer au titre des actions de vulgarisation des résultats de recherche :

– L’édition annuelle des « Rapports d’activités de la recherche universitaire de l’UAC » ;
– L’organisation biannuelle (Benin et Togo) du colloque international des Sciences, Cultures et Technologies ;
– Appui aux colloques et ateliers des établissements de formation ;
– Les prix et primes de recherche au chercheur de l’UAC à travers des fonds compétitifs.

Mais, ces actions pour la plupart restent dans le cercle restreint des chercheurs, et les bénéficiaires des résultats sont peu informés des innovations à exploiter.

• Les prix et primes de recherche

Des fonds pour encourager les inventeurs / innovateurs sont mis en place pour encourager les chercheurs de l’UAC ou des autres structures de recherche du Bénin qui ont produit dans l’année, des résultats de recherche dignes d’intérêt pour la science et la communauté. Ces fonds compétitifs de valeur comprise entre un million (1 000 000FCFA) et cinq millions (5 000 000FCFA), permettent au chercheur de bénéficier de financement pour des actions de vulgarisation et de valorisation de la recherche.

• La création d’un service de communication et de la valorisation à la FSA

En 2007, le Doyen de la FSA a créé un service chargé de la communication et de la valorisation des recherches chargé de contribuer à la valorisation des résultats de recherches de cette faculté.

Malgré l’absence de moyens, l’existence de ce service doté d’une seule personne a permis la mise en place progressive d’une base de données sur les recherches en agronomie de cette faculté, et a contribué à l’organisation d’une première journée sur la valorisation des résultats de recherches de la FSA en octobre 2009.

• Les ateliers scientifiques et colloques,

Divers salons et ateliers financés par l’UAC et les projets de recherche ont été des occasions pour les enseignants – chercheurs en agronomie d’exposer les résultats de leurs recherches.

• Les salons et journées de valorisation

En octobre 2009, la Faculté des Sciences Agronomiques de l’UAC a organisé ses premières journées de valorisation de résultats de recherche ayant permis de rassembler pendant deux jours, responsables d’entreprises, chercheurs, cadres de l’administration pour des échanges sur le thème: « Endogénéité et développement : valorisation des innovations de la Faculté des Sciences Agronomiques pour l’émergence de l’agriculture béninoise ». Ces journées ont consisté en des démonstrations de technologies, des présentions de communications, des expositions de produits de recherche, de produits de vente, et des réflexions autour du thème de la journée.

– Les initiatives personnelles des enseignants- chercheurs

La diffusion des résultats de recherche par les enseignants eux-mêmes est un élément à prendre en compte dans la valorisation des recherches à l’UAC. Les modes d’information et de communication suivants recensés sont ceux utilisés par les enseignants.

• Les publications dans les revues scientifiques

En matière d’outils de communication des résultats de recherches, les publications scientifiques constituent le canal le plus utilisé par les enseignants – chercheurs de l’UAC.

Ce canal prend la forme des revues et publications scientifiques à caractère international cotés et spécialement désignés par le CAMES, et les comités scientifiques des entités pour recevoir ces publications. Le style de rédaction dans ces revues est normalisé. Le langage utilisé reste très scientifique, car destiné au monde scientifique pour contribuer à la connaissance universelle(10).

• Les thèses et mémoires

Les mémoires, les thèses de doctorat, les monographies villageoises, rentrent aussi dans le cadre des publications. Ils sont le fait des étudiants en formation en agronomie encadrés par un enseignant –chercheur dans le cadre des recherches de fin de stage, de cycle ou de fin de formation.

• Les fiches techniques

Les fiches techniques sont élaborées par les chercheurs pour présenter leurs résultats. Elles retracent le schéma technique de l’innovation ou de la découverte de l’enseignantchercheur et les conseils utiles relatifs à l’usage de l’innovation induite par cette recherche.

• Les posters

A défaut de fiches techniques, il y a les posters qui jouent les mêmes rôles et sont souvent exposés sur des supports appropriés dans les laboratoires ou à l’occasion des ateliers et séminaires scientifiques. Ce mode de diffusion est nécessaire pour l’enseignant et constitue un résumé de son travail.

Les fiches ou posters sont élaborés sur l’initiative personnelle de l’enseignant – chercheur ou grâce au soutien de partenaires financiers et techniques qui soutiennent le chercheur dans sa recherche.

• Les revues à caractère généraliste

Plus accessible au public, les revues à caractère généraliste sont des périodiques spécialisées en Information Scientifique et Technique (IST). Elles sont éditées par des Institutions de développement, des Universités ou des structures techniques de recherche. A travers les articles de journalistes et de techniciens de ces structures, les résultats des recherches et des innovations de chercheurs sont présentés dans ces publications. Il s’agit en fait de journaux édités dans des formats mieux élaborés et paraissant à des périodicités définies. Certains se présentent sur des supports papiers et / ou audiovisuels (CD rom ou DVD).

• Les ouvrages et éditions à titre personnel

Quant aux ouvrages personnels, ils sont des initiatives personnelles des enseignants chercheurs. Certains bénéficient du soutien d’un partenaire financier qui est intéressé par la vulgarisation des découvertes et d’autres sont le fruit des efforts personnels du chercheur pour partager sa recherche à la communauté.

Le plus souvent, les thèses de doctorats qui ont reçu des appréciations élevées du jury bénéficient de cette faveur de publication d’office. Mais le plus souvent, ce sont les initiatives des chercheurs qui sont à l’origine de la mise sur le marché de ces ouvrages. La cible de ces ouvrages est un peu plus large que celle des revues scientifiques et des publications.

• Internet et sites web

Avec le développement de l’Internet, beaucoup de chercheurs et innovateurs recourent aujourd’hui à cet outil pour le partage d’information ou pour la publication des résultats de leurs recherches. Ils procèdent par la création de sites web pour les laboratoires de recherches, des pages personnels de chercheurs, des blogs et des listes de diffusion thématiques par lesquelles les résultats se critiquent entres spécialistes du même domaine.

– Les actions des entreprises et producteurs

La valorisation des recherches en agronomie, est toutefois mise en œuvre dans le secteur socioéconomique informel à une petite échelle. Les actions de mise en œuvre s’observent surtout dans le domaine de « l’agro-alimentation » au Bénin.

Ainsi, observe-t-on dans les villes du Bénin des activités de commercialisation et de vente du Aklui, des jus d’ananas, des jus d’orange, des schips de banane, de jus de baobab, de la farine de gari enrichi, du champignon comestibles, du soja, du porc amélioré, du pain à base de manioc qui sont des fruits de la recherche de chercheurs en agronomie de l’UAC. Il faut préciser que ces chercheurs ne bénéficient d’aucune royaltie de ces activités et n’ont pour la plupart aucun contact avec ces commerçants.

B. Difficultés et faiblesses liées à la valorisation des résultats de recherches agronomiques à l’UAC

Identifiant les facteurs qui entravent l’application des résultats de recherche dans le domaine agricole, un rapport de mission de la FAO daté de 1980(11), a signalé plusieurs facteurs parmi lesquels : le faible niveau et la non polyvalence des encadreurs de base du développement, le manque de ressources au niveau des organismes chargés du transfert de la technologie aux utilisateurs, l’incohérence des objectifs visés avec les préoccupations réelles des producteurs et avec la durée du projet, l’incohérence des techniques constituant le paquet technologique proposé, le manque de ressources au niveau des utilisateurs pour se procurer les moyens de productions nécessaires à l’application des technologies proposées à partir des résultats de recherche, le rapport défavorable des prix aux producteurs par rapport aux prix des facteurs de production, le manque de débouchées pour le surplus de production et/ou la mauvaise organisation des productions agricoles.

Une trentaine d’années après, ce rapport est encore d’actualité, révélant que les mêmes obstacles persistent au niveau de l’Université d’Abomey-Calavi. Ils sont multiples et multiformes.

1. Insuffisance multiples et multiformes

• Les barrières linguistiques

Dans un pays à 90% analphabète, le fort taux d’analphabétisme constitue une faiblesse à l’appropriation des résultats de recherches par la grande masse qui n’a pas accès aux publications scientifiques en langue étrangère et à tous les autres modes intellectuels de divulgation des résultats de recherches décrits. Seul le domaine de l’agriculture semble pallier un tant soit peu cette situation grâce aux services de vulgarisation du MAEP(12).

• Préoccupations des enseignants différentes des préoccupations de valorisation

La constante qui se dégage chez les enseignants enquêtés -et comme chez la plupart des chercheurs – est qu’ils mènent leurs recherches avant tout pour un but académique : l’évolution de leur carrière d’enseignant -chercheur. Dès lors, la préoccupation du chercheur s’arrête souvent à la publication de ses résultats dans une publication de référence pour son évolution professionnelle. Quant à l’impact des résultats sur la société et son exploitation, ni la formation de chercheur, ni ses capacités financières et matérielles, ni son temps ne lui permettent de procéder à la valorisation des résultats en direction des entreprises ou des autres cibles.

• Les supports de vulgarisation inadaptés

Les résultats des enquêtes ont montré que bien que n’étant pas analphabètes, les responsables d’entreprises par exemple sont peu informés des résultats de recherche à l’Université d’Abomey-Calavi. Il se pose dès lors, un véritable problème d’inadéquation des supports de communication des résultats de recherches de l’UAC, aux cibles bénéficiaires des recherches que sont les acteurs socio-économiques. Ce qui justifie tout le sens du présent travail de recherche.

• Des efforts d’encadrement sans moyens d’encadrement

Si à l’instar des vulgarisateurs du MAEP, plusieurs chercheurs ont tenté de partager leurs innovations aux populations, cet effort est souvent annihilé par le manque de moyens humains, matériels et financiers. Car le plus souvent, c’est sur leurs ressources propres ou sur les reliquats des projets- dont la grande partie a été consacrée aux recherches -que ces fonds sont puisés. Ce qui pose le problème de l’absence de stratégie au niveau de l’Université, voire au niveau national pour la dissémination des résultats obtenus dans les projets de recherches en phase de finition.

• Absence d’une stratégie et d’un mécanisme nationale de valorisation

L’absence d’une stratégie nationale à côté de l’absence d’une stratégie à l’Université est source de multiples situations regrettables. Car, non seulement il est noté une absence totale d’initiative de valorisation à la fin d’un projet de recherches ou à la suite d’une découverte d’un chercheur, mais des incohérences dans les approches méthodologiques sont constatées dans les efforts de valorisation lorsqu’elles existent. Ce qui fait apparaitre des dysfonctionnements, voire des oppositions sur le terrain entre les structures de l’Etat, les ONG et les chercheurs. La création d’une Agence nationale de la Valorisation s’impose de fait.

• Absence d’un cadre de concertation entre acteurs socioéconomiques et les chercheurs en agronomie de l’Université.

Au-delà de l’absence d’une Agence nationale de valorisation des recherches déjà signalée, l’Université devrait disposer d’une structure au niveau universitaire afin de faciliter la valorisation des résultats de recherche, et constituer ainsi, un cadre permanent d’échanges et de négociation partenarial entre les chercheurs et les acteurs socioéconomiques.

Les contrats de financement, les contrats d’appropriation par les entreprises ou autres organisations, les objectifs de recherches et la finalité de leurs résultats pourraient être discutés avant toute recherche.

• Manque de moyens pour la structure de valorisation à l’Université

Si un Vice-Rectorat chargé de la Recherche Scientifique existe au sein de l’Université, c’est une division non opérationnel appelé « Statistique et Vulgarisation », qui selon les textes, devrait s’occuper de la Valorisation. Mais au sein même de la direction de la recherche, peu de services sont opérationnels à ce jour. Le personnel est insuffisant ainsi que les ressources matérielles et financières.

• La dépendance aux financements de la coopération internationale universitaire

Trois sources principales alimentent le budget de la recherche : les subventions de l’Etat, les ressources générées par les structures de recherche et enfin les ressources provenant de la coopération internationale. Mais il est regrettable de noter dans les projets de recherche à l’Université d’Abomey-Calavi la dépendance totale des chercheurs, des financements de recherche de la coopération internationale. Autrement dit, les innovations technologiques ne sont pas ou ne seront pas alors adaptés aux besoins des communautés nationales.

Cette forte dépendance induit une dépendance sur la stratégie de valorisation. Soit, elle n’est pas définie ou prévue par les partenaires financiers du projet de recherches, soit lorsque la stratégie est prévue, elle ne suit pas nécessairement l’orientation politique profitable à l’économie nationale.

• Isolement des populations des sources d’information

Généralement éloignées des universités et isolées des sources d’informations classiques (radio, télévisons, presse) par leurs coûts et leurs contraintes techniques, les populations à la base subissent également un enclavement géographique et un enclavement liés aux TIC dans un environnement où la multiplicité des langues locales constitue également une barrière.

• Manque de volonté politique

Le peu d’importance accordée aux recherches scientifiques au Bénin par les Gouvernements déteignent nécessairement sur les moyens et actions à entreprendre pour la valorisation. Ainsi, le Chercheur de l’Université d’Abomey-Calavi comme dans les autres universités du Bénin- dont la place est déjà négligée par les politiques dans le développement du Benin-, a peu de soutien dans les actions liées à la valorisation de ses recherches. Ce qui l’amène à demeurer le « chercheur qui découvre pour l’évolution dans la carrière » évoqué plus haut.

2. Contraintes d’ordre général à la recherche au Bénin

Les contraintes à la valorisation ne sauront occulter les difficultés liées à la recherche au Benin en général. Lesquelles difficultés se retrouvent liées aux éléments suivants : déficit d’investissement, personnel peu qualifié dans certains laboratoires de recherche, insuffisance organisationnelle et matérielle, manque de laboratoire, espace exigu pour les recherches, promiscuité, pour manque d’espace, de plusieurs laboratoires sans lien véritable, absence de véritables systèmes nationaux de recherche, non fonctionnalité du CNRST et du Comité Scientifique Nationale, absence d’un véritable programme de recherche au sein des structures et entre structures, objectifs de Recherche dépendant des objectifs des partenaires financiers, non valorisation des résultats de recherche.

Face à tous les obstacles, quelle stratégie de communication adopter pour favoriser la valorisation des résultats de recherche à l’UAC ? D’où l’intérêt de ce travail dont la problématique, les objectifs, les résultats attendus et les hypothèses de recherche envisagés méritent d’être précisé.

7 Cette information est rapportée par une communication présentée dans les « Actes du 2ème séminaire sur la recherche à l’Université de Parakou », p.26 ; Sokpon, Nestor, Akpona, Simon (2008).
8 Voir à ce propos : SINSIN, Brice et al. (2009) ; Rapport d’activité de la recherche universitaire d’Abomey-Calavi – année 2009 ; p. 18
9 Ibidem ; p. 30
10 La publication par les enseignants et chercheurs d’un article dans ces revues leur permettent de les rassembler pour constituer leurs dossiers d’évolution dans le corps enseignants. C’est ce qui justifie que ce mode est beaucoup prisé par les chercheurs de l’UAC.
11 Rapport de Mission de consultation de la Fao sur l’identification des facteurs qui entravent l’application des résultats de recherche dans le domaine agricole
12 Les CERPA et SECPA essaient de jouer un rôle de vulgarisation auprès des paysans dans leur langue locale. Mais cela ne concerne pas précisément les recherches à l’Université, mais les recherches de l’INRAB.

Page suivante : SECTION 2 : PROBLEMATIQUE ET OBJECTIFS DE L'ETUDE

Retour au menu : PROBLEMATIQUE ET ESSAI D’UNE STRATEGIE DE COMMUNICATION POUR LA VALORISATION DES RESULTATS DE RECHERCHE EN AGRONOMIE A L’UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI (UAC)