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IV.2. Le Millénium Compagnie Islamique du Sénégal (MECIS SARL)

Le projet de micro-finance islamique MECIS a été initié en 2002 à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) par l’Association des élèves et étudiants du Sénégal(AEEMS). Il s’appelait MEC-AEEMS, l’adhésion était réservé aux membres de cette association.

En 2005, il est devenu MECIS (Mutuelle d’Epargne et de Crédit Islamique du Sénégal), en même temps l’adhésion fut ouverte à tous. En 2008, à la suite de divergences avec la DRS sur le cadre institutionnel de ses activités(55), MECIS devient Millénium Compagnie Islamique du Sénégal (MECIS SARL). Ce qui lui permet d’adopter des cadres juridiques qui permettent de développer librement des produits financiers islamiques.

Le Millénium Compagnie Islamique est une société commerciale ayant à sa base un réseau de 14 agences réparties dans sept (7) coopératives de divers domaines d’activités dans les régions de Dakar, Thiès, Kaolack, Louga, Saint-Louis, Tambacounda, Ziguinchor, avec plus de 7 000 membres(56).

Politique de crédit et de financement du MECIS

Le MECIS offre des produits de financement islamique de dettes à savoir la Mourabaha, l’Istisna, la Mousawama. La Mousawama est un contrat de vente. Il est similaire à la Mourabaha, à la différence qu’ici, le vendeur n’est pas obligé de divulguer le prix payé pour créer ou obtenir le bien ou le service. Ce type de contrat se produit quand il est difficile de déterminer le coût d’un bien ou d’un service. Il est évident que ce type de contrat ne fait pas l’unanimité des écoles de pensée (Scholars) car pour tout contrat qui obéit aux principes islamiques toutes les informations doivent être connues par les deux parties. Avec ces produits et services de dette, la MECIS accorde des crédits de consommation alimentaire, crédit évènement, crédit équipements domestique et professionnel, crédit habitat et crédit commerce.

La MECIS offre aussi des produits de financement participatif qui sont la Moudaraba la Moucharaka et la Moucharaka dégressive. Nous constatons que la MECIS offre plus de financement de participation que la BIS qui n’offre que la Moudaraba.

Avec ces produits de participation la MECIS finance aux groupements de femme des moulins à mil, aux exploitants poulailler des poulets lors de certains évènements comme la Korité et d’autres projets de partenariat (Texte MECIS, janvier 20012).

La MECIS s’inscrive dans une perspective de nouveaux services dans le cadre de son programme de développement (Plan d’affaire MECIS 2011-2016).

Ainsi elle compte développer le Salam pour financer l’agriculture par l’intermédiaire des coopératives agricoles, un réseau de mutuelle de santé avec le principe d’assurance islamique (Takaful), de nouveaux instruments de financements sociaux dans le cadre d’un fond d’action sociale comme la Zakaat (aumône obligatoire) le Waqf (donations volontaires ou bienfaisance), le Khard Hassan (prêt monétaire sans intérêt).

Nous allons voir maintenant la gestion de risque sur la Moucharaka et la Mourabaha.

55 La divergence porte sur l’interprétation de l’article 13 de la Loi 95 – 03 portant Règlementation des institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit, sur lequel la MECIS s’est basé pour démarrer ses activités. Selon la DRS, malgré cela, la MECIS n’avait le droit d’exercer.
56 Rapport des agences MECIS fin novembre 2011.

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