Introduction générale

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«Les firmes multinationales organisent le monde», écrivait Hymer en 1960. Aujourd’hui, les Investissements Directs Etrangers (IDE) qui constituent un canal central dans l’internationalisation des processus de production des firmes multinationales, sont l’une des plus importantes illustrations de la mondialisation productive et de la globalisation économique. Ceux-ci correspondent à des flux d’investissement permettant d’acquérir au moins 10% du capital social d’une firme de nationalité autre que celle de l’investisseur en vue d’établir un intérêt durable et une influence significative sur la gestion de l’entreprise investie. On distingue des IDE entrants et des IDE sortants. Les IDE entrants reflètent la capacité d’accueil de l’investissement de firmes multinationales (FMNs) étrangères d’un pays hôte alors que les IDE sortants reflètent la capacité d’investissement de FMNs du pays hôte à l’étranger. Lorsque la prise de participation est inférieure à 10%, il s’agit d’un investissement de portefeuille. Les firmes multinationales, pour des motifs de profit ou stratégiques délocalisent un segment ou toute leur chaîne de production dans plusieurs pays. Dans ce cadre, les pays en développement ont bénéficié depuis la mise en oeuvre des Programmes d’Ajustement Structurels (PAS) au début des années 1980, d’une part de plus en plus croissante des flux internationaux des IDE atteignant en 2006, 34% des flux mondiaux. Dès lors, les pays se livrent à une concurrence acharnée pour créer les cadres d’investissement les plus attractifs aux IDE en tant que vecteur de croissance et de développement.

Les dernières décennies ont été marquées par l’importance croissante des flux d’IDE dans l’économie mondiale. En effet, la part des flux d’IDE entrants dans le PIB est passée de 6,7% en 1980 à 23,3% en 2002, (CNUCED, 2003). Par ailleurs, après le record historique de 1300 milliards de dollars en 2000, les flux d’IDE ont connu une hausse de 34% en 2006 pour s’établir à 1600 milliards de dollars (CNUCED, 2006). Ce phénomène qui constitue un élément majeur de la globalisation de l’économie est aujourd’hui considéré comme une source de financement relativement stable de la croissance pouvant entraîner des transferts de compétences et de technologies. Cependant le contexte mondial des vingt dernières années remet en question les paradigmes qui ont fondé les relations Nord/Sud (Hugon, 2010).

Selon la théorie néoclassique du commerce international, la spécialisation selon les dotations factorielles devrait favoriser la croissance. Ce faisant, le déficit d’épargne du Sud serait comblé par les investissements extérieurs et le commerce international. Mais cette vision des avantages comparatifs est remise en cause non seulement par les nouvelles théories du commerce international qui considèrent les avantages comparatifs comme endogènes et non exogènes, mais aussi par la crise que traverse le système capitaliste. Ainsi, la crise immobilière qui éclata aux Etats-Unis durant l’été 2007 à partir de la crise des prêts hypothécaires à risques («subprimes mortgage») a débouché sur la plus grave crise financière depuis celle de 1929. Elle s’est traduite par des problèmes considérables aussi bien au niveau international qu’au plan africain. En effet, les flux entrants d’IDE mondiaux se sont contractés de 16% en 2008, de 37% en 2009 et de 40% en 2010, tandis que les sorties diminuaient de 43%, en 2009 (CNUCED, 2009, 2010). La crise financière a été un sérieux revers pour l’Afrique car elle intervenait à un moment où la région enregistre d’énormes progrès sur le plan économique.

Depuis 2000, l’Afrique Subsaharienne enregistre un taux de croissance moyen en valeur réelle supérieur à 5% alors que l’inflation est tombée en dessous de 10%(1). Les flux nets d’IDE à destination de l’Afrique sont passés de 12 milliards de dollars en moyenne au cours de la période 1998-2001 à 18 milliards au cours de la période 2002-2005, pour finalement s’établir à 81 milliards en 2007 (CEA, 2008). La crise financière a également augmenté les primes de risque que doivent verser les pays africains sur les marchés des capitaux internationaux. Elle a entraîné aussi une réduction des flux de capitaux des pays développés en direction du continent. Cela concerne aussi bien les sources de devises, comme les investissements directs étrangers et l’Aide Publique au Développement (APD), que les fonds envoyés par les émigrés. En effet, durant l’année 2009, l’Afrique a connu une baisse notoire des IDE de l’ordre de 19% par rapport à 2008 ; soit 59 milliards de dollars. Mais cette contraction est plus exacerbée en Afrique de l’Ouest et de l’Est (CNUCED, 2010). Les sorties quant à elles ont chuté d’environ 55% sur la même période. Cela s’explique par la récession économique dans les pays développés qui sont les principaux investisseurs en Afrique. Tout cela réduit les perspectives de la région de pouvoir compter sur les entrées de capitaux privés pour asseoir les bases d’un développement durable et soutenu.

L’environnement international est aussi caractérisé par la volonté des institutions financières internationales de reléguer la dette publique au second plan. En effet, suite aux difficultés de paiements auxquelles ont été confrontés beaucoup de pays en développement, dues à leur niveau d’endettement insoutenable, les institutions de Bretton Woods ont décidé d’accorder à l’endettement public moins de poids qu’il n’en a eu dans le passé. Par exemple, la dette extérieure de l’Afrique subsaharienne a nettement augmenté entre le début des années 1970 et la fin des années 1990, passant de 22 à 208 milliards de dollars. Sur la même période, les paiements au titre du service de la dette sont passés de 1,6 à 12 milliards de dollars. Entre 1970 et 2002, l’Afrique subsaharienne a reçu 294 milliards de dollars de prêts et remboursé 268 milliards en capital et intérêts (CEDEAO & UEMOA, 2006). C’est en réponse à cette crise d’endettement que les programmes d’ajustement structurel ont été appliqués dans la plupart des pays en développement. Dès lors, l’IDE apparaît comme une alternative à un triple intérêt du fait qu’il est non générateur de dettes, la composante la moins volatile des flux de capitaux externes ainsi qu’un facteur de croissance (Bouklia et Zatla, 2001).

L’importance accordée aux capitaux privés dans la plupart des pays en développement a conduit à une large substitution de politiques d’attraction des IDE aux politiques étatiques de restriction des années 1960. En effet, le comportement des Etats vis-à-vis des investissements directs étrangers a souvent été changeant. Tantôt suspectés de mettre en péril la souveraineté nationale(2), tantôt perçus comme une réponse pour résorber le chômage, les IDE ont fait l’objet de politiques qui n’ont pas toujours produit les effets escomptés. Aujourd’hui, les pays hôtes rivalisent afin de proposer l’environnement juridique (code des investissements, législation fiscale), les politiques économiques et les conditions de production les plus attractifs. Certains Etats se livrent même au dumping social, fiscal et environnemental pour attirer les investissements étrangers (Jacquemot, 1990 et Arès, 2009).

C’est ainsi qu’en Asie du Sud où les coûts de production sont faibles, beaucoup de réformes de politiques économiques ont été entreprises pour attirer les capitaux étrangers. Dans beaucoup d’autres pays ce sont des programmes de privatisation et de promotion du secteur privé qui sont entrepris. Les économies asiatiques, tirées principalement par celles de la Chine et de l’Inde, ont réussi à tirer profit des flux d’IDE. Ainsi, des pays comme la Malaisie et la Corée du Sud sont parvenus à stimuler une croissance forte et durable au moyen d’IDE adaptés à leurs économies et en les accompagnants par des réformes structurelles appropriées (Lahimer, 2009)(3).

L’évolution de la situation socio-économique de l’ensemble de la zone UEMOA(4) depuis 1983 ne présage en rien l’amorce d’une croissance soutenue et durable. En effet, durant la période 1983-1993, le PIB réel de l’Union a enregistré un taux de croissance moyen de 1,6% par an, contre un taux de croissance record estimé à 5,9% entre 1994 et 1999. Ce fort taux de croissance s’explique par le regain de compétitivité en faveur de la dévaluation du FCFA en Janvier 1994. Cette phase d’essor a été vite interrompue et le taux de croissance est retombé à moins de 2,8% sur la dernière décennie, avant de remonter spécifiquement à 4,3% en 2010. Cette performance économique est fortement tributaire des fluctuations de la demande mondiale et des cours des matières premières. Ainsi, les pays de l’UEMOA évoluent dans un environnement de volatilité des taux de croissance largement en deçà du niveau minimal de 7% requis pour l’atteinte des OMD d’ici à 2015 et dans un contexte d’appréciation tendancielle du taux de change effectif réel du FCFA rendant l’économie de l’Union moins attractive et moins compétitive. De plus, le taux de croissance démographique de l’Union est estimé à 2,9% par an, ainsi que les niveaux moyens de croissance qui, depuis 1983 se sont généralement traduits par une baisse du revenu par habitant, à l’exception des années 1994 et 2000. La croissance moyenne de l’Union est aussi faible comparativement aux performances de l’ensemble du continent et plus particulièrement par rapport à celle de l’Afrique Subsaharienne. En effet, l’UEMOA a enregistré depuis plus de dix ans une croissance inférieure de plus de 1,5% par rapport à la moyenne de l’Afrique Subsaharienne.

Généralement et jusqu’aux années 1980, les pays en développement ont préconisé des politiques de croissance axées sur le financement par les crédits extérieurs en particulier l’APD aux dépens des IDE. La question de l’attractivité a été souvent traitée sous l’angle des atouts ou faiblesses des pays hôtes aboutissant ainsi à l’établissement de score(5) et autres indicateurs facilitant les comparaisons inter-pays et les appréciations de l’évolution de l’attractivité dans le temps. Elle a aussi été traitée dans l’optique des facteurs déterminants de l’investissement tels que perçus par les firmes multinationales (notions de short list et de core countries, Michalet, 1999).

Mais, les travaux relatifs à l’attractivité selon les déterminants sectoriels (structure, intensité concurrentielle et technologique), domaine de prédilection et effet non linéaire entre encouragements fiscaux et flux d’IDE demeurent rares malgré les fortes spécificités qui caractérisent certains secteurs économiques de l’UEMOA. Les études d’impacts des entrées d’IDE sur la croissance économique de l’Union semblent inexistantes. Les différentes politiques mises en oeuvre ont été plus orientées vers l’attractivité, laissant la question des effets de report en dernière analyse.

Dès lors se pose la question de la pertinence des politiques « généralistes » d’attractivité des IDE qui ne prennent pas en compte le type d’IDE, le mode d’entrée des firmes et les spécificités sectorielles. Plusieurs études empiriques ont démontré les échecs de telles politiques non contextualisées et « répliquées » dans une compétition ouverte entre mesures incitatives à l’investissement étranger (Asiedu, 2002). De telles politiques d’attractivité sont souvent inefficaces à court terme et coûteuses à long terme lorsqu’elles se fondent exclusivement sur des fiscalités avantageuses ou des coûts salariaux faibles du travail non qualifié, (Cheriet et Tozanli, 2007)(6).

Si le recours aux encouragements fiscaux est une méthode répandue de promotion de l’investissement dans le monde, certains faits d’expérience donnent à conclure que son efficacité pour attirer des investissements supplémentaires, au-delà de ceux dont les pays auraient bénéficié de toute façon sans de tels encouragements, est souvent douteuse. En effet, Ajan et al (2006) montrent que l’incidence de la fiscalité sur l’investissement direct est limitée et que la fiscalité n’est pas un facteur discriminant entre l’investissement direct et les modes d’entrée alternatifs. Dans la même logique, Beyer (2002) soutient que, dans les pays postsocialistes, il n’existe aucune relation significative entre les incitations fiscales et le niveau des IDE entrants. Il conclut que l’introduction d’allègements fiscaux semble de faible portée. En effet, certaines entreprises peuvent abuser de ces mesures en se faisant passer pour nouvelles au terme d’une réorganisation superficielle ; ce qui risque d’augmenter considérablement le manque à gagner potentiel dû à ces encouragements fiscaux pour l’État.

En outre, les investisseurs étrangers, cibles principales de la plupart des encouragements fiscaux, fondent leurs décisions d’investissement sur une vaste gamme de facteurs (les ressources naturelles, la stabilité politique, la transparence des systèmes de réglementation, l’infrastructure, la présence d’une main-d’oeuvre qualifiée) dont les encouragements fiscaux constituent rarement le plus important.

Les flux nets d’investissement direct et de portefeuille des agents non-résidents en zone UEMOA ont connu une progression régulière au cours de ces dernières années, dans le sillage de l’accroissement des mouvements de capitaux au niveau mondial. Ces flux se sont accrus en moyenne annuelle, de 13% entre 2004 et 2006, avant de connaître un doublement en 2007. Ils sont ainsi estimés à 840,9 milliards de FCFA en 2007 contre 404,4 milliards de FCFA en 2006, après 376,2 milliards de FCFA en 2005 et 317,4 milliards de FCFA en 2004 (Banque de France, 2007).

L’évolution des flux d’investissements directs et de portefeuille des non-résidents de l’UEMOA est essentiellement impulsée par celle des IDE qui représentent en moyenne sur la période 2004-2006, plus de 95%. Ils sont passés de 332,9 milliards de FCFA en 2004 à 410,1 milliards de FCFA en 2006, avant de connaître un bond exceptionnel à 755,0 milliards de FCFA en 2007, à la faveur notamment de l’opération de privatisation dans le secteur de la téléphonie au Burkina Faso pour un montant d’environ 140 milliards de FCFA (Banque de France, op.cit.).

L’orientation favorable des IDE découle, d’une part, de la mise en oeuvre d’actions visant à renforcer l’attractivité des pays de l’Union au nombre desquelles la révision des codes d’investissement des pays membres de l’UEMOA et la simplification des procédures administratives pour les investisseurs, et d’autre part, du dynamisme de certains secteurs d’activités accueillant l’essentiel des IDE. Il s’agit en particulier du secteur minier (le pétrole en Cote d’Ivoire, l’or au Mali et au Burkina Faso, l’uranium au Niger) stimulé par la hausse des cours internationaux, du secteur bancaire au Sénégal et au Togo, et du secteur des télécommunications, du fait des progrès de la téléphonie mobile dans l’ensemble des pays de l’Union. Ainsi, contrairement aux années 1990 où les IDE résultaient des programmes de privatisation et de restructuration des entreprises publiques, les flux d’investissement direct étranger de ces dernières années se sont essentiellement traduits par la création de nouvelles structures économiques, plus favorables à la croissance de l’activité économique dans les pays de l’Union(7).

Dans un contexte où la question du financement du développement se pose avec acuité, les motivations des IDE dans le cadre d’un ensemble intégré doivent constituer une préoccupation majeure. En effet, les IDE peuvent rompre le cercle infernal du sous- développement dans un contexte marqué par l’insuffisance de l’épargne au niveau interne, la baisse drastique de l’aide et les effets pervers de l’endettement. L’expérience du développement des pays émergents d’Asie, communément appelés « dragons asiatiques », constitue une parfaite illustration. D’ailleurs, du moment où l’Union est en phase de négociation d’un Accord de Partenariat Economique (APE) avec l’Union Européenne, il apparaît opportun d’évaluer sa capacité à attirer les investissements en provenance de l’étranger, gage de préservation et de renforcement du tissu industriel local.

Les enjeux des IDE dans ce contexte de compétition à la création des cadres d’investissement attractifs, le rôle prépondérant accordé aux capitaux étrangers dans le processus de développement, la problématique de la soutenabilité de la dette publique et l’environnement international ont inspiré la présente étude sur le thème « les Investissements Directs Etrangers dans l’espace UEMOA : déterminants et analyse d’impacts ».

Par ailleurs, au regard du niveau atteint dans la mise en oeuvre des différents chantiers d’intégration de l’UEMOA conjugué aux avantages existant dans les domaines monétaires et financiers, les flux de capitaux internationaux devraient être plus dynamiques au sein de la zone ; mais il n’en est rien dans la réalité. D’où la nécessité d’établir la relation existant entre les flux d’IDE entrants et les réformes entreprises en matière de promotion des IDE et l’impact des capitaux étrangers sur la croissance économique de l’Union. Cette analyse de causalité devrait nous permettre d’identifier les secteurs de prédilection des IDE, d’apprécier la tendance des flux d’IDE et leurs effets de report sur les autres facteurs de croissance économique.

Le constat général est que les pays de l’UEMOA ont du mal à mobiliser et tirer profit des opportunités qu’offrent les capitaux étrangers pour amorcer le développement. De là, la question principale qui se dégage est la suivante : qu’est-ce qui explique les flux de capitaux internationaux dans l’UEMOA et quelle en est l’incidence pour l’économie locale? Cette question peut se décomposer ainsi qu’il suit. Quels sont les déterminants des flux d’IDE en zone UEMOA ? Quelle interaction y a-t-il entre IDE et croissance économique en zone UEMOA ?

Contrairement aux « dragons asiatiques », les pays de l’Afrique Subsaharienne et plus particulièrement de l’UEMOA n’ont pas réussi à attirer des flux importants d’IDE, ni à stimuler un processus de développement de long terme à même de réduire significativement la pauvreté. Néanmoins, ces dernières années, au regard de la faiblesse de l’épargne intérieure, de la baisse de l’Aide Publique au Développement (APD) et de la volonté des institutions de Bretton Woods de reléguer le financement public au second rang, les pays de l’UEMOA portent désormais une attention particulière aux IDE comme composante majeure de leur stratégie de développement. Mais de toutes ces expériences, existe-t-il une corrélation entre IDE et croissance économique ?

D’une manière générale, la plupart des auteurs soutiennent que les IDE ont des effets globalement positifs sur la croissance économique des pays hôtes. Toutefois, la zone UEMOA ne constitue-t-elle pas une logique particulière en termes d’attraction et d’influence des IDE ? Cela nous conduit à tester la capacité de l’Union à transformer le cercle vicieux de sous-développement en un cercle vertueux de croissance et de développement au moyen d’investissements directs étrangers. Toutes ces interrogations peuvent se résumer de la façon suivante : quel est l’impact des investissements directs étrangers sur la croissance économique en zone UEMOA, ayant contrôlé les déterminants usuels de croissance, et en retour l’effet de la croissance économique sur les investissements directs étrangers?

L’objectif général est d’analyser les impacts des IDE en zone UEMOA.

Plus spécifiquement, cela revient à :

i) déterminer le sens des tendances des flux d’IDE dans les pays de l’UEMOA ;
ii) apprécier l’interaction entre IDE et croissance économique en zone UEMOA.

L’atteinte de ces objectifs et la discussion de la validité des résultats empiriques s’articuleront autour des hypothèses ci-après.

H1 : les flux d’IDE en direction des pays de l’UEMOA sont relativement élevés ;
H2 : les flux d’IDE et la croissance économique sont indépendants en zone UEMOA.

La vérification de ces hypothèses se basera essentiellement sur l’estimation d’un modèle structurel à équations simultanées, sur la période 1980-2008 afin d’analyser les interactions entre IDE et croissance économique, ayant contrôlé les déterminants usuels de la croissance économique. Cette analyse est sous-tendue par la construction d’indicateurs d’attractivité reflétant les potentialités des pays de l’Union à absorber d’énormes investissements en provenance de l’étranger.

Afin de mieux saisir la teneur des IDE, l’appréciation des interactions entre IDE et croissance économique de l’UEMOA (Chapitre III) ne serait pas possible sans, au préalable, une compréhension des fondements théoriques de ceux-ci (Chapitre I), accompagnée d’une analyse des flux des investissements directs étrangers dans l’espace économique communautaire sous-régional ouest-africain (Chapitre II).

1 FMI (2008) : Perspectives économiques régionales ; Afrique Subsaharienne, P8
2 Cette thèse a été soutenue par des auteurs comme Myrdhal (1957), Hirchman (1958) et Samir Amin
3 LAHIMER Noomen (2009) : La contribution des IDE à la réduction de la pauvreté en Afrique Subsaharienne, Université Paris-Dauphine, Laboratoire d’Economie de Dauphine (LEDA), Thèse de doctorat, P12
4 UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine ; précédemment UMOA (Union Monétaire Ouest Africaine depuis 1962) a été créée le 10 Janvier 1994 et composée de sept pays à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo ; ayant le FCFA comme monnaie commune. La Guinée-Bissau est devenue le 8è Etat membre de l’Union le 2 Mai 1997.
5 Evaluation par score : technique d’évaluation qualitative d’un client emprunteur principalement sous l’angle de sa solvabilité
6 Cheriet et Tozanli (2007) : Essai de construction d’un score d’attractivité sectorielle des IDE : cas du secteur agroalimentaire du Sud et de l’Est méditerranéens, Economie rurale, Numéro 302 (Novembre-Décembre 2007), Varia, p1.
7 Banque de France – Rapport Zone franc – 2007, P49

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