INTRODUCTION GENERALE

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A- Contexte et justification de l’étude

La mobilité accrue des capitaux et la volatilité des implantations des firmes entretenues par la mondialisation, conduit aujourd’hui les territoires (pays, régions, communes…) dans un univers fortement concurrentiel pour l’attraction des investissements. En effet, comme les entreprises, les territoires rivalisent désormais entre eux d’une façon de plus en plus directe, de sorte que les grandes villes(1), compte tenu de leur nature de concentration d’externalités et de déclencheurs d’interaction et de synergies, sont des acteurs en compétition sur la scène internationale (Essombe Edimo, 2005).

Plongés dans cet environnement concurrentiel prégnant, les territoires doivent en permanence travailler pour le renouvellement de leurs avantages concurrentiels afin de distancer durablement leurs concurrents (Pecqueur et Zimmermann, 2004). Mais aussi afin de s’inscrire dans les « régions qui gagnent » (Benko et Lipietz, 1992), surtout au moment où la mondialisation donne un coup d’accélérateur aux mouvements de délocalisation / relocalisation des entreprises dans les espaces territoriaux attractifs. Pour les territoires, c’est également une invite impérieuse à la dynamique d’aptitude, c’est-à-dire à leur capacité à accroitre leur potentiel de création des ressources et de compétences organisationnelles.

L’attractivité territoriale est en effet devenue au cours des dernières années, une question cruciale en théorie économique et se situe aujourd’hui au coeur des débats sur les politiques de développement. Selon Fabrice Hatem (2004b), le concept d’attractivité se définit comme « la capacité pour un territoire à offrir aux acteurs des conditions qui les convainquent de localiser leurs projets sur son espace plutôt que sur un autre ». En d’autres termes, l’attractivité territoriale se définit comme la capacité à attirer et à retenir les entreprises et les populations à travers l’existence de facteurs divers qui font qu’un territoire, de par ses caractéristiques propres, exerce un effet d’attraction plus ou moins fort sur les entreprises et les ménages.

Le phénomène d’attractivité met en situation d’un côté le territoire, et de l’autre l’entreprise. Le premier, développant son domaine selon trois axes (économique, social et environnemental), doit intégrer l’agent économique final qu’est l’entreprise. Alors que le second, abordant le choix de la localisation de ses activités, doit cerner toute « l’épaisseur » de la donne territoriale ; cette offre territoriale, complexe, doit rencontrer la demande (de l’entreprise) sur un marché de projets d’implantation qui sert de révélateur pour mieux analyser les termes de l’échange et du contrat social passé entre les deux protagonistes. Dans un tel marché, les facteurs premiers de l’attractivité territoriale s’analysent classiquement en facteurs immédiatement déterminants pour l’entreprise, en potentialité de partenariat public-privé et en capacité de pilotage par le territoire de son développement économique.

Si les raisons poussant une entreprise à s’implanter dans un territoire apparaissent multiples (bien qu’elles se résolvent souvent en un « coup de cœur »), globalement, l’entreprise recherche une offre territoriale complexe associant un site et des ressources globales et un ensemble cohérent de services accompagnant son implantation et ancrant cette dernière dans un principe de durabilité. Ainsi, l’entreprise portera tout d’abord son intérêt sur les aspects du foncier (disponibilité et prix du terrain), la disponibilité des infrastructures de transports et de communication, la présence d’un marché de consommation, la disponibilité et la qualité des ressources humaines, la disponibilité des services aux entreprises, ainsi qu’aux propositions de « dumping fiscal ». Au rang de ces préoccupations, viennent également les différentes externalités susceptibles d’être mobilisées, les sous-traitances et les co-traitances envisageables ainsi que les partenariats de production et de recherche appliquée.

Par ailleurs, l’intérêt de l’entreprise se porte également sur des critères moins tangibles mais qui affectent tout aussi sûrement la durabilité de son implantation. Il s’agit en effet de l’identité forte du territoire, la qualité de son organisation, ses capacités sociales d’accueil, son « âme » en quelque sorte, le climat des affaires et la capacité des acteurs locaux à travailler ensemble (s’organiser, se coordonner, développer des partenariats et produire des biens collectifs locaux).

Ce sont là autant de facteurs qui, dans le cadre de la dynamique de la gouvernance économique locale, entraînent une meilleure intégration « entreprise-territoire », gage d’une meilleure durabilité de l’implantation des entreprises et de performance économique pour le territoire.

En effet, les territoires sont des constructions sociales et leurs performances dépendent largement de la créativité et de l’innovation dans la mise en valeur des ressources territoriales par la société locale. Certains territoires semblent stagner économiquement et se dépeupler tandis que d’autres plus attractifs polarisent activités et populations. Cette divergence de trajectoire illustre respectivement l’absence ou la présence (influence) de dynamiques imputables aux comportements d’acteurs publics et privés entrant ou non en synergie dans le cadre d’une gouvernance locale pour promouvoir le développement de leur territoire commun. Il existe par la même un lien entre la dynamique de la gouvernance locale et l’attractivité territoriale ainsi que le montre plusieurs études théoriques et empiriques : Sallez (1995) ; Bazin (1998) ; Guesnier (2006).

Le concept de gouvernance locale désormais au cœur des problématiques de développement territorial, comporte deux dimensions proches mais distinctes. Elle s’inscrit en premier lieu, dans le champ des sciences politiques, au renouvellement des formes et de la nature des politiques publiques. Elle traduit également une interdépendance entre les pouvoirs publics et les institutions associées à l’action collective (Stoker, 1998).

En second lieu, la gouvernance locale peut se comprendre dans une perspective plus économique, comme un système de coordination entre des acteurs appartenant à un même territoire. En ce sens, la gouvernance territoriale peut être définie comme « un processus institutionnel et organisationnel de construction d’une mise en compatibilité des différents modes de coordination entre acteurs géographiquement proches, en vue de résoudre les problèmes productifs des territoires » (Pecqueur, 2000). Bien plus, le rôle de la gouvernance locale invite à passer progressivement d’une logique concurrentielle à une logique organisationnelle des politiques locales, ce qui s’impose de plus en plus dans le cas des politiques d’attraction des entreprises (Bazin, 1998, op.cit).

Etant donné l’importance de l’investissement dans le renforcement de la croissance économique et du processus de développement, il est judicieux d’examiner dans le cadre d’un travail de recherche en économie, les facteurs susceptibles d’expliquer l’attractivité des territoires vis-à-vis des entreprises. C’est dans cette perspective que nous analysons dans notre étude le lien entre la dynamique de la gouvernance locale et l’attractivité des entreprises dans la ville de Douala.

Site portuaire situé au fond du Golfe de Guinée, Douala est la Principale porte d’entrée et premier centre économique du Cameroun. Chef-lieu de la région du littoral et du département du Wouri, la ville de Douala se situe en Co-capitale du Cameroun. Elle est considérée comme le principal foyer industriel de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), avec sensiblement près de 65% du Produit Intérieur Brut (PIB) national et 27,5% du Produit Intérieur Brut sous-régional en 2005(2).

Avec un peu plus de 2,4 millions d’habitants en 2011, soit environ 11% de la population du Cameroun (BUCREP, 2010), Douala concentre en son sein une population jeune, multiculturelle, dynamique, qualifiée, cosmopolite et indispensable au développement des entreprises. La ville dispose également d’un tissu industriel diversifié, en expansion et présentant un réseau permanent de sous-traitance. En outre, la ville de Douala exerce son influence sur un périmètre de 25 000 Km2 et regorge environ 66% des entreprises du pays et près de 60% des petites et moyennes entreprises du Cameroun (INS/RGE, 2009). La ville de Douala est par ailleurs le plus important centre décisionnel en matière économique du pays : elle abrite la plupart des sièges sociaux des grandes firmes nationales et multinationales et même des entreprises publiques et parapubliques du Cameroun.

Sur le plan de la structuration spatiale des activités économiques, la ville présente une physionomie relativement conforme à la « théorie des places centrales(3) ». Avec la concentration dans ses arrondissements centraux, les activités du tertiaire (commerces et services) notamment à Douala I et Douala II, et la localisation des activités industrielles dans ses arrondissements périphériques (Douala III, IV et V).

A Douala, On y retrouve de manière générale, un contexte socioculturel propice au développement des entreprises. Bien plus, l’ancienne ville de Douala(4) fermée au sens traditionnel a aujourd’hui disparue ; « traduisant dans l’espace urbain actuel, l’avènement d’une société constituée d’individus atomistiques qui participent à sa construction à hauteur de leurs moyens (libre entrée sur les marchés pour les consommateurs et les producteurs, même si les marchés sont en définitive segmentés) ». Espace en équilibre, la ville de Douala est changeante, mouvante et ses référentiels évolutifs. Et comme l’ont pensé Lepetit et Pumain (1993), les temporalités urbaines font alors que cette ville se trouve perpétuellement sous tension. Ses espaces centraux sont économiquement repérables à travers les pics de rente foncière, ou approchables par la présence des centres commerciaux et des zones Industrielles formant l’ossature de la ville. Au regard de ces caractéristiques, il apparaît indéniable que la ville de Douala, dans le cadre de la globalisation, peut bénéficier de l’interconnexion croissante des marchés en s’intégrant à l’économie mondiale.

Mais elle devra tout de même faire face à la concurrence des autres villes d’Afrique de l’Ouest et du Centre, même si sa position stratégique au bord du Golfe de Guinée lui confère des atouts certains en termes d’attraction des entreprises.

Par ailleurs, en raison de sa position historiquement dominante dans l’économie du Cameroun, la ville de Douala a subi très directement les effets négatifs de la fin de l’ère de croissance du milieu des années 80, conjuguée à celle de l’ajustement structurel de la décennie 90.

Aussi, les contraintes de son développement portuaire ou encore les dysfonctionnements et même l’insuffisance des infrastructures et des services urbains montrent que la ville est aujourd’hui, à une étape charnière de son développement économique. De façon anarchique, informelle et incontrôlée, faute de prévisions et de prospective, la ville semble perdre la bataille de l’aménagement du territoire. Elle devra dès lors développer de nouveaux services et de nouvelles stratégies si elle veut demeurer attractive et tenir son rang dans la compétitivité sous-régionale.

B- Revue de la littérature

Le phénomène d’attractivité territoriale fait l’objet d’une abondante littérature théorique et empirique. Mais en réalité, il n’existe aucun cadre théorique unifié permettant de comprendre l’ensemble des facteurs explicatifs de l’attractivité des territoires vis-à-vis des entreprises. En effet, la conduite des recherches sur la problématique de l’attractivité des territoires amène les théoriciens à soulever certains questionnements tels que : « pourquoi certaines entreprises s’implantent-elles sur un territoire plutôt que sur un autre ? » ; « qu’est ce qui distingue un territoire d’un autre et le rend plus attractif ? » ; « Pourquoi certains territoires antérieurement convoités par les entreprises sont aujourd’hui en situation de perte de leur attractivité ? » En effet, L’une des difficultés à laquelle se trouve confrontée l’entreprise est celle de sa localisation dans l’espace. Marshall (1890) dans ses analyses énonce quelques approches ouvrant les voies au positionnement de l’entreprise dans l’espace. L’auteur attribut la localisation des activités économiques dans le temps et l’espace à trois principaux éléments : le premier est lié aux conditions internes de production de l’entreprise, le second tient à l’organisation même des systèmes territoriaux de production, et le troisième est lié aux aspects externes à l’entreprise.

Jusqu’aux années 1980, l’économie spatiale privilégiait deux explications de la localisation des firmes dans l’espace (Kuiper et Paelinck, 1983) : une explication objective et une autre subjective. L’explication objective est fondée sur les coûts (coûts de transport, coûts du travail et/ou du capital (terrain)), les dotations factorielles (disponibilité du travail et de terrains), les atouts naturels du territoire, les dotations infrastructurelles particulières, les facteurs historiques tels qu’une concentration antérieure d’activités productives et les incitations fiscales et financières
(Meunier et Mignolet, 2004). A ces facteurs objectifs, la théorie de l‘économie spatiale ajoute la prise en compte de critères subjectifs liés aux comportements et à la perception de l’espace par les investisseurs (Grewal, 1988). Depuis la fin des années 1980, on a assisté à la multiplication des applications et à l’utilisation de nombreux instruments d’analyse de l’attractivité territoriale.

Ainsi, les analyses de la nouvelle économie géographique soulignent que l’intégration internationale et le développement des infrastructures de transport tendent à renforcer l’importance des grandes métropoles et à intensifier les processus de polarisation et d’attraction des activités économiques (Krugman, 1991). Pour l’auteur, au-delà des « avantages de première nature », les choix de localisation des entreprises peuvent être analysés à travers le prisme de la présence des externalités pécuniaires et les économies d’agglomération. Par ailleurs, certaines études empiriques portant sur l’analyse des choix de localisation des entreprises montrent que la présence des grands marchés de consommation et la faiblesse des coûts de production dans un territoire sont autant de facteurs qui expliquent l’attractivité du territoire vis-à-vis des entreprises (Mayer, Mucchielli, 1999).

Dans le même temps, on observe par ailleurs un glissement significatif des problématiques guidant les politiques d’attractivité. En effet, les débats théoriques tendent à mettre davantage l’accent sur la qualité de l’organisation du système productif local (Courlet, Pecqueur et Soulage, 1993) et la dynamique de la régulation locale (Pépin, Grosse, Guesnier ,2002). En effet, la qualité d’organisation d’un territoire détermine son niveau d’attractivité. Dans les analyses des facteurs de localisation des entreprises, les théoriciens de l’économie industrielle et territoriale prennent en compte la dimension productive de l’ensemble des relations (marchandes et non marchandes) entre les différents acteurs d’un territoire. Depuis, de nombreux travaux ont essayé d’étudier les territoires en combinant logiques de marché (avec leurs aspects économiques) et logiques territoriales et leurs aspects extra économiques (social, culturel, politique, …). Influencés par les travaux de Marshall (1890) sur les “Districts Industriels”, de nombreux concepts ont ainsi fait leur apparition. Le “District Industriel Italien” avec, Becattini (1992), Garofoli (1981) ; le “Milieu Innovateur” avec Aydalot (1985) ; la “Gouvernance Territoriale” avec Guesnier (2006) et le “Système Productif Localisé” avec Courlet (2001).

C- Problématique

Abordant la question de la qualité de l’organisation du territoire et ses conséquences sur le développement des activités économiques, Bazin (1998, op.cit) mettait déjà en exergue le rôle de la gouvernance locale dans la formulation des politiques locales d’attraction des entreprises. Dans une contribution ultérieure, Guesnier (2006, op.cit) analysant l’influence de la gouvernance territoriale sur la dynamique des territoires à partir d’une étude sur 22 régions métropolitaines et 348 zones d’emploi en France, montre en quoi la gouvernance locale alliant marketing externe et coopération interne entre acteurs peut renforcer l’attractivité, indispensable pour le développement durable des territoires.

La gouvernance locale connait aujourd’hui un succès certain sur plusieurs territoires (cas des districts industriels italiens, les milieux innovateurs et les systèmes productifs localisés en France…). Par ailleurs, la trajectoire de la ville de Douala ne semble-t-elle pas dépendre d’une organisation territoriale animée par une gouvernance mixte privée-publique partenariale ? Surtout qu’aujourd’hui, en matière de choix des sites de localisation des entreprises, la qualité de l’organisation territoriale est de plus en plus prise en considération par les investisseurs. Si les facteurs géographiques économiques et financiers ne sont pas les seuls déterminants qui influencent les décisions d’implantation des entreprises sur un territoire, y a-t-il pas un ensemble d’autres facteurs territoriaux (d’ordres institutionnels, de relations sociales, de réseaux,…) qui impactent directement le niveau d’attractivité des entreprises dans la ville de Douala ?

Toutefois, la modélisation du phénomène de gouvernance locale comme l’un des déterminants de l’attractivité territoriale des entreprises reste encore un champ pas suffisamment exploré dans la littérature économique. Pourtant, de telles modélisations devraient permettre de chercher une explication respectivement à la forte ou faible attractivité de certains territoires vis-àvis des entreprises. Ce qui nous amène dans ce mémoire à poser la question de recherche suivante :

Dans quelle mesure la gouvernance locale influence-t-elle l’attractivité des entreprises dans la ville Douala?

D- Objectifs de l’étude

L’objectif de cette recherche est de montrer le lien existant entre la dynamique de la gouvernance locale et le niveau d’attractivité des entreprises dans la ville de Douala. Il s’agit par ailleurs de montrer qu’au delà des facteurs d’ordres économiques, financiers et socioculturels, la gouvernance locale en instituant un cadre de coopération et de coordination entre les acteurs locaux, permet de créer un environnement propice au développement des entreprises. De manière spécifique :

– Il est question de montrer dans ce mémoire qu’un cadre territorial favorable sur le plan institutionnel et économique est une condition nécessaire à l’attractivité des entreprises ;
– Aussi, ce mémoire essaye de montrer que la dynamique de la gouvernance dans la ville de Douala explique le niveau d’attractivité des entreprises dans cette ville.

E- Hypothèses de recherche :

Le but principal de ce travail est d’enrichir et de prolonger les réflexions jadis proposées notamment par Essombe Edimo (2005, 2007a, 2007b.), à travers une analyse de la relation entre la dynamique de la gouvernance locale et le niveau d’attractivité des entreprises à Douala. Pour atteindre les objectifs suscités, nous formulons les deux hypothèses suivantes :

– Première hypothèse : un cadre territorial favorable sur le plan institutionnel et économique favorise l’attractivité des entreprises.
– Deuxième hypothèse : l’évolution des créations d’entreprises à Douala est liée positivement à la dynamique de la gouvernance locale dans cette ville.

F- Cadre méthodologique de l’étude

La méthodologie utilisée dans ce travail fait recours à une approche à plusieurs étapes :

– Les recherches documentaires afin d’éclairer notre argumentaire théorique : Elles ont porté sur l’examen d’articles et d’ouvrages sur l’économie territoriale, le développement local, l’économie des réseaux, l’économie de proximité, l’économie industrielle, l’économie urbaine et la gouvernance.

– Une analyse statistique des données primaires collectées par nous même et des données secondaires (il s’agit des données du recensement général des entreprises(5)). En effet, l’analyse statistique des données secondaires nous a permis de capter l’évolution des créations d’entreprises à Douala et de déduire le caractère attractif de la ville sur la période d’étude (1996-2009). Par contre, la perception que nous avons de l’impact des facteurs de la gouvernance locale sur l’attractivité des entreprises à Douala est captée a partir des interviews(6) menées auprès de quelques responsables territoriaux (politiques, économiques et administratifs) de la ville de Douala.

– Une estimation économétrique de la fonction d’attractivité à partir des moindres carrés ordinaires (MCO), à l’aide du logiciel STATA 12, pour notamment évaluer l’influence des facteurs de la gouvernance locale sur l’évolution du taux de création d’entreprises à Douala. Le modèle économétrique estimé, qui établit la relation entre l’indicateur d’attractivité (évolution annuelle du taux de création d’entreprises à Douala de 1996 à 2009) et les variables explicatives d’ordre institutionnelles et économiques (la croissance économique locale, la qualité du cadre réglementaire, la taille du marché, le taux d’alphabétisation…), s’apparente à celui de Sallez (1995), (Pépin, Grosse et Guesnier, 2002).

G- Intérêt de l’étude

L’intérêt de cette recherche sur le plan scientifique est d’abord lié à sa spécificité méthodologique, car elle inclut dans les déterminants de l’attractivité territoriale des entreprises les facteurs de la gouvernance, pour tenter d’expliquer l’évolution des créations d’entreprises à Douala sur la période allant de 1996 à 2009.

Sur le plan socioéconomique, les autorités politiques, administratives et économiques de la ville de Douala sont les premiers types d’acteurs bénéficiant de l’avantage stratégique que présente une étude sur les déterminants de l’attractivité territoriale des entreprises. Dans la mesure où les analyses développées offrent des orientations sur les réformes managériales et politicoéconomiques nécessaires à accomplir afin de permettre à leur localité d’accroitre son potentiel d’attractivité et de se positionner durablement sur le marché des implantations en Afrique centrale.

Aussi, une telle étude permettrait aux entrepreneurs désireux d’investir à Douala, d’avoir une vue suffisamment éclairée de la monographie de cette ville, ainsi que ses potentialités socioéconomiques.

En outre, ce travail se présente comme une analyse de l’existant et une prospection du souhaitable en matière de gouvernance économique dans la ville de Douala. Il fournit à ce titre une base d’informations importantes pouvant servir d’outil d’aide à la construction d’une véritable trajectoire urbaine et industrielle de la ville de Douala.

H- Plan du mémoire

Ce mémoire s’articule en deux parties comportant chacune deux chapitres. La première partie intitulé gouvernance locale et attractivité territoriale des entreprises : approche théorique et conceptuel comporte deux chapitres. Le premier chapitre est consacré à l’analyse théorique de l’attractivité territoriale. Le deuxième chapitre illustre le rôle de la gouvernance locale dans la construction de l’attractivité de la ville de Douala.

La deuxième partie intitulé évaluation des déterminants de l’attractivité des entreprises à Douala comporte également deux chapitres. Le troisième chapitre est consacré au diagnostique de l’évolution des créations d’entreprises à Douala et à la modélisation des facteurs explicatifs de l’attractivité des entreprises. Le quatrième chapitre est consacré à la présentation et l’analyse des résultats de l’estimation économétrique ainsi que la prescription de quelques recommandations de politiques économiques.

1 Dont on sait depuis A. Scott (2005), sont les moteurs régionaux de la croissance mondiale
2 D’après les notes et statistiques de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC)
3 A. Losch (1940) et W.Christaller (1933)
4 La ville de Douala il y a environs 40 ans
6 Voir en annexe la liste des différentes institutions dont certains responsables ont été interviewés. Les interviews étaient accompagnées d’un guide d’entretien (questionnaire d’étude) préalablement élaboré pour chaque catégorie d’acteurs.

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