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INTRODUCTION

I. Problématique

Il existe une diversité des chiffres sur la superficie réelle des forêts de la République Démocratique du Congo (RDC), situation due aux sources et auteurs des documents cartographiques ayant servi à leur évaluation ainsi qu’à la diversité des classifications d’occupation du sol et surtout à la définition de la forêt selon les auteurs de ces documents cartographiques (Zasy, 2011). Néanmoins, la superficie forestière de la RDC est estimée autour de 155 millions d’hectares de forêts naturelles (Malele, 2003).

La grande part des forêts congolaises actuellement exploitées, est concentrée dans trois provinces forestières, à savoir le Bandundu, l’Equateur et la Province Orientale. Ces trois provinces représentent 99,3 % des superficies allouées en concessions forestières aux exploitants (Zasy, 2012).

Le nombre d’essences forestières dénombrées au cours de divers travaux d’inventaires forestiers réalisés par le Service Permanent d’Inventaire et d’Aménagement Forestier (SPIAF) est de 753 à ce jour, avec des volumes sur pied allant jusqu’à environ 250 m3/ha au coeur de la Cuvette centrale (Zasy, 2011).

La production en bois d’oeuvre demeure jusque là en deçà de 500.000 m3 par an, face à un potentiel de l’ordre de 10 millions de m3 par an toutes essences confondues (selon des hypothèses pessimistes). Et à peine une trentaine de ces essences font l’objet d’une exploitation industrielle, ce qui amène à un écrémage de la forêt (Zasy, 2011).

La contribution du secteur forestier au PIB (Produit Intérieur Brut) est faible, autour de 1 %. La promotion de la transformation locale est sans doute l’un des moyens pour accroitre cette contribution (FAO, 2001). Dans la formulation de la politique forestière nationale, il est révélé parmi les contraintes à l’essor du secteur forestier une faible capacité de transformation locale de bois d’oeuvre (Semeki, 2012).

Cependant, les techniques actuelles d’usinage du bois, souvent performantes très rapides et précises n’empêchent pas certaines pertes de matière (Dalois, 1993). Les entreprises de la première transformation, notamment la scierie, sont celles qui produisent l’essentiel des déchets (environ 45%) et produits connexes (Itebe, 2009).

Du volume issu de l’usinage, une part est destinée à l’exportation et une autre à la consommation locale. Un volume important de bois est perdu dans les déchets, dû au volume aubier et aux autres défauts que présentent les grumes (Tasi, 2011). Le coeur des bois, en particulier celui des bois rouges, présente des fentes qui entraînent des pertes importantes, en fonction du diamètre des grumes (Dalois, 1993). Les points de vue autour de l’aubier comme défaut de bois sont divergents. L’aubier doit être considéré comme étant anormalement abondant s’il dépasse 8 % du diamètre d’un arbre adulte, apprécié lors du mesurage de la grume (Semeki, 2011).

Selon Belesi (2010) cité par Nabusane (2010), les essences forestières d’une grande valeur économique sont nombreuses dans la famille des Fabaceae, Meliaceae et Moraceae.

La famille de Meliacées est donc, l’une des familles comportant des essences exploitées et le genre Entandrophragma possède quatre essences exploitées et de grande valeur commerciale à savoir : Entandrophragma cylindricum (Sapelli), Entandrophragma candollei (Kosipo), Entandrophragma angolense (Tiama), Entandrophragma utile (Sipo). Ces espèces, de la gamme de bois rouges, font parti de la première classe parmi les cinq de celles exploitables en RDC (DIAF, 2009).

Le présent travail consiste à une analyse de l’usinage des Entandrophragma, au sein de la Société de Développement Forestier (SODEFOR), qui possède le plus des titres de concessions forestières concédés, 16 titres représentant 22,2 % des superficies concédées.

II. Objectifs

L’objectif global est d’analyser certains paramètres de l’usinage tels que les défauts, l’aubier et les rendements au cours de l’usinage (sciage et déroulage) de différentes espèces d’Entandrophragma.

Les objectifs spécifiques sont :

– Identifier l’origine de grumes de ces essences ou espèces usinées par rapport aux trois provinces forestières ;
– Identifier les différents défauts rencontrés dans ces espèces ;
– Déterminer et comparer l’épaisseur moyenne ainsi que le volume moyen aubier de ces espèces ;
– Déterminer et comparer les rendements moyens au sciage ainsi qu’au déroulage de ces espèces ;
– Comparer pour chacune des espèces le rendement moyen au sciage et au déroulage ;
– Déterminer les quantités moyennes des déchets générés lors du sciage et déroulage ainsi que leurs valorisations.

III. Hypothèses

Ces essences présentent en moyenne :

– Une épaisseur aubier faible représentant moins de 8 % du diamètre de la grume ;
– Pour une même essence d’Entandrophragma, il n’y a pas de différences significatives entre le rendement moyen au sciage et au déroulage (production des placages humides) ;
– Une quantité moyenne des déchets générés lors du sciage et déroulage de plus ou moins 45 %.

IV. Intérêt du sujet

Fournir à l’entreprise, aux chercheurs et à toute personne qui s’intéresse à la transformation de bois tropicaux certaines données sur quelques paramètres autour de la transformation des espèces d’Entandrophragma.

V. Canevas

Outre l’introduction et la conclusion, le présent travail se subdivise en trois chapitres. Le premier chapitre porte sur la revue de la littérature, le second présente le matériel et méthodes et le troisième présente les résultats et discussion.

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