INTRODUCTION

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La recherche scientifique aboutit à la production de connaissances et à des inventions ou innovations. Ces connaissances et innovations doivent être mises en valeur à travers l’industrialisation, le brevet, la vulgarisation-conseils.

Au Bénin, les chercheurs, innovateurs et inventeurs ont généré beaucoup de résultats de recherche susceptibles de contribuer au développement du pays. Ces résultats sont peu connus, peu utilisés et peu exploitées par les populations béninoises. L’Université d’Abomey-Calavi est le dépositaire de ses recherches universitaires et son rôle devient ainsi primordial.

En effet, le rôle joué par les Universités aujourd’hui dans le développement des Nations modernes est grand. Au-delà des missions classiques de formation et de recherche, elle constitue le stimulateur des « énergies » dans tous les secteurs vitaux de l’Economie des pays (agriculture, santé, TIC, commerce, technologies etc..). Ainsi, les pratiques d’enseignement et de recherche, au cœur des missions traditionnelles de l’institution académique, se transforment progressivement dans le nouveau contexte de la globalisation, de l’économie du savoir et des nouveaux modes de production des connaissances qui la caractérise, et l’Université ne peut plus se penser en vase clos (Breton, 2003).

Selon Gibbons et al. (l994), « l’université est amenée à se positionner face à l’importance croissante de “nouveaux concurrents” dans la production de connaissances scientifiques. Elle perd le monopole de la production scientifique organisée sur le mode disciplinaire et évaluée par la communauté restreinte des pairs, au profit de nombreux autres sites de recherche (centres de recherche, laboratoires industriels, firmes de consultants, etc.) ».

Dans tous les pays de l’Union Européenne, l’Université fait l’objet de nouvelles politiques gouvernementales qui lient la recherche, ses activités et ses produits à l’activité économique et de fortes pressions se font sentir afin qu’elles entreprennent des activités de valorisation des résultats de leurs recherches.

Le rapport de l’OCDE de l999 insiste sur la nécessité pour les universités d’agir avec plus de flexibilité afin de pouvoir «prospecter les marchés de la recherche » et « monnayer leurs compétences » de manière à ce que l’entreprenariat universitaire, avec ses équipes de chercheurs entrepreneurs, soit en mesure d’assurer sa compétitivité avec des firmes mondiales « faisant leur marché en matière de recherche là où les compétences se trouvent au meilleur rapport qualité/prix » (Milot, 2003).

Les analyses portant sur la «collaboration entre les universités et les entreprises» ne sont pas récentes. Les politiques scientifiques et technologiques des pays de l’OCDE ont instauré, dans la seconde moitié du XXe siècle, un financement récurrent de la Recherche – Développement dans les universités et les entreprises : contrats de recherche en partenariat, services de consultation, formation et recherche en milieu de pratique.

En France, c’est par une loi adoptée en 1999 sur l’innovation et la recherche que ce Pays a assigné davantage ce rôle aux établissements d’enseignement supérieur et de recherche ; avec la mise en place des « incubateurs d’entreprises liés à la recherche publique(1)» afin de favoriser la création d’entreprises innovantes à partir des résultats de la recherche publique ou en liaison avec la recherche publique.

Ainsi, de 1999 à 2008 inclus, 2.316 projets d’entreprise ont été accueillis dans les incubateurs et 1.446 entreprises ont été créées dont 84% sont encore en activité. Le Pacte, puis la loi de programme pour la recherche du 18 avril 2006 et enfin celle sur les libertés et responsabilités des universités d’août 2007 sont venues renforcer ce rôle.

La réforme s’est étendue à la structuration même des Universités avec une implication plus accrue des Entreprises dans les organes de l’Université d’où la création des organes de l’Université à l’image des Entreprises (Conseil d’Administration, Président d’Université etc..) avec la mise en place d’un « management » plus axé sur le Marketing dans la formation et la recherche scientifique.

C’est l’ère de « l’Université d’entrepreneuriale » ou « entreprise académique » qui implique des recherches à effectuer à partir de contrats avec les entreprises privées avec des résultats ou découvertes directement utilisables à des fins de compétition commerciale(2).

Or, à la lecture des textes régissant l’Université d’Abomey-Calavi, ce rôle ne semble pas être attribué à nos Universités qui sont confinées dans leurs missions traditionnelles et principales que sont la formation et la recherche desquelles découlent une autre qui est le service à la communauté qui malheureusement n’est pas visible.

Ce qui donne à constater qu’au Bénin, les industriels, les commerçants, les producteurs, les responsables de structures étatiques, d’ONG, de Municipalités etc… se procurent très peu, voire ne se procurent nullement des résultats de recherche à l’Université d’Abomey-Calavi dans leurs différentes activités ou pour le développement de leurs activités.

Dans le domaine spécifique de l’Agriculture, peu d’industriels béninois, de développeurs, de gouvernants et d’organisations paysannes ont exploité les innovations scientifiques issues des résultats de recherches en Agronomie pour trouver des solutions aux problèmes de sécurité alimentaire et de crises agricoles qui frappent nos pays.

A l’Université d’Abomey-Calavi, les inventions et les savoirs nouveaux découlant de la recherche universitaire en agronomie ne sont pas transformés en applications concrètes ou commercialisables.

Or, selon les statistiques les plus récentes, près de 70 % de la population béninoise active est agricole et ce secteur contribue pour environ 40% au produit intérieur brut du Bénin. L’agriculture permet d’assurer l’autosuffisance alimentaire et l’exportation des excédents vivriers ou de la transformation des ressources agricoles pour la consommation et l’exportation vers l’extérieur et procure de devises importantes pour le pays. Ce fut le cas du palmier à huile et du coton qui ont apporté au Bénin de précieuses devises. Autrement dit, le développement de l’agriculture béninoise constitue la base du développement de l’économie de notre pays.

Dans un tel contexte, la formation, la recherche et l’innovation scientifique dans le secteur agronomique devront être à la base de tous les efforts visant à faire du secteur agricole et agroalimentaire un poumon de l’économie nationale.

Le concept de valorisation des résultats de la recherche permet de réaliser une synergie entre formation, recherche et entreprises, et l’Etat béninois se doit de mettre en place, des mécanismes juridique, logistique et financier pour encourager la valorisation des résultats de la recherche.

La définition d’une stratégie de communication pour la valorisation des résultats de recherche en agronomie à l’Université d’Abomey–Calavi, objet de cette étude, se révèle comme une amorce de solution à ce vaste chantier national de valorisation des résultats de recherche.

En effet, les nombreuses recherches agronomiques qui se mènent dans la première et la plus grande université du Bénin qu’est l’Université d’ Abomey-Calavi sont inconnues du grand public à cause de l’absence d’une stratégie de communication adéquate.

Dans un contexte de mondialisation, d’ouverture des marchés, de concurrence et de compétitivité des produits, l’utilisation des résultats de recherches en agronomie des chercheurs de par les entreprises et les populations béninoises devient un impératif pour apporter une valeur ajoutée à nos produits et faire face à ces défis.

Le système de collaboration entre Université et entreprises qui est en cours dans les universités occidentales constitue aujourd’hui une priorité pour le Bénin. MAIS L’UNE DES ACTIVITES PRIMORDIALES DE CETTE ENTREPRISE DE VALORISATION EST LA COMMUNICATION. Il importe de trouver la formule idéale pour rendre visible les résultats de recherche et de les rendre disponibles afin de permettre aux populations, entreprises, administrations et Gouvernement de pouvoir se les procurer, pour des exploitations profitables au développement du Benin et de l’humanité. D’où l’intérêt de ce thème sur « La problématique et essai d’une stratégie de communication pour la valorisation des résultats de recherche en agronomie à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) ».

Les éléments de questionnement qui président toute stratégie de communication sont les suivants :

QUI (qui veut communiquer ? quelle est l’organisation ou l’entreprise ?)
QUOI (quel produit, service, action, veut t- on promouvoir ?)
POURQUOI (quels sont les objectifs poursuivis : information, notoriété, image, comportement ?),
A QUI (auprès de quelles cibles ?),
COMMENT (par quels moyens media ou hors media?),
COMBIEN (quel budget alloué a la communication?),
QUAND (selon quel planning ?).

Autant de questionnements auxquels la présente étude va tenter de trouver des réponses. Pour ce faire, trois grands points seront abordés : le cadre institutionnelle de l’étude et la problématique de la recherche (I), la revue de littérature, la méthodologie de recherche et l’analyse des résultats (II), et enfin la stratégie de communication (III).

1 Les incubateurs d’entreprises sont à la base des technopoles, des start-up, et des parcs scientifiques (Sciences Parks pour les anglo-saxons) qui sont des centres d’organisation de la recherche académique et de l’industrie en un lieu ; ou la création par la recherche académique ou privée d’un territoire de développement économique.
2 L’article 2 de la loi française no 99-587 du 12 juillet 1999 prévoit pour les établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPCSCP) la création en leur sein d’une structure dédiée à la promotion et à la valorisation de leurs activités industrielles et commerciales : le service d’activités industrielles et commerciales (SAIC). Des structures indépendantes accompagnent aujourd’hui laboratoires et entreprises dans leurs démarches de collaboration.

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