III.2 Interprétation des données

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Les déchets produits sont non seulement de plus en plus nombreux, mais aussi de plus en plus variés. Cette tendance est liée au développement de l’économie de marché, par la production accrue des déchets issus de la consommation des ménages.

Dans la Commune de Selembao et Bumbu, les impacts d’un ramassage inadéquat des déchets solides sur le milieu sont particulièrement dévastateurs. Les déchets étant soit brûlé, soit déposé dans des sites d’enfouissement qui échappent à tous règlements. Le déversement incontrôlé de déchets dans les ravins, les rues, des plans d’eau, à coté d’un marché et dans des sites d’enfouissement mal conçus est la cause principale de diverse maladies que soufre la population de ce contré.

Nous avons répertorié au total 189 décharges sauvages, dont 110 dans la Commune de Selembao et 79 dans la Commune de Bumbu.

En regroupant les différentes décharges en fonction des caractères communs et particuliers rencontrés sur le terrain, nous avons pu noter les éléments ci-dessous :

1. La plupart de décharges se situent dans les ravins, sur les voies publiques, le long de cours d’eaux, dans les parcelles et à coté d’un marché

La présence des décharges sauvages dans les ravins et sur les voies publiques sont dues au mauvais état des avenues c’est-à-dire les avenues sont impraticable pour l’évacuation des déchets vers les décharges finales. Elle également due au manque des décharges de transites aménagées dans ces deux Communes. Cette présence des déchets sur les voies publique de ces deux Communes dégrade le paysage (pollution visuelle) : les paysages perdent leur esthétique à cause de l’envol des papiers et des emballages plastique et cause de sérié problème sanitaire (infection respiratoire aigue).

Les deux Communes sont souvent inondées en saison de pluie par le débordement de lit de rivière et par les eaux de ruissellement provenant de la Commune Mont Ngafula; c’est ce qui justifie la présence de dépotoir le long de rivière et dans les parcelles car la population utilise les déchets pour lutter contre ces inondations. Les populations riveraine de cours d’eaux protègent les berges par de déchets pour évité le débordement des eaux en période de crue tandis que d’autre utilise les déchets pour lutter contre les inondations au sein de leurs parcelle sans tenir compte de tous les dégâts que celui-ci peut causer sur la santé. D’après LELO NZUZI (24), les conditions d’endémies parasitaire, infectieuses et vectorielles sont réunies dans les quartiers inondables, il est fréquent que si déclarent des épidémies des graves maladies hydriques qui succèdent aux inondations.

Les présences des décharges non contrôlées à coté des marchés sont dus du fait que les marchés sont des lieux de production des déchets de tout sortes, dans ces deux Commune nous trouvons plusieurs marchés le long des avenues et des carrefours (voir image n°4).

Décharge dans un marché à Bumbu

Image 4 : décharge dans un marché à Bumbu

2. La présence dominante des déchets ménagés, du marché et biomédicaux dans ces décharges sauvages qui jonchent ces deux Communes

Le tableau n°6 indique que, les déchets ménagés sont dominants. Cette présence dominante des déchets ménagers est due à la surpopulation de ces deux Communes et par manque d’une bonne politique de gestion de déchet. Certains déchets ménagère de par leur composition ne représentent pas de danger en tant que tels pour la santé humaine. Ils sont surtout encombrants et posent un problème de volume et donc de gestion. Ces déchets ménagers peuvent engendrer des problématiques de santé publique en fonction de leur mode de gestion, notamment lorsqu’ils sont incinérés ou stockés (25).

Quant aux déchets biomédicaux, ils sont produits principalement par les établissements de santé, ils font l’objet de recommandations particulières eu égard à leur caractère dangereux. Les déchets biomédicaux sont des déchets potentiellement contaminés par des agents biologiques pathogènes. Leur manipulation n’est pas sans risque d’incidents pour l’ensemble de la population. Ces déchets nécessitent donc des emballages qui préviennent la propagation de ces agents pathogènes. Quant à leur traitement, il peut relever de deux méthodes différentes, soit par incinération directe, soit par prétraitement (désinfection) avant incinération ou enfouissement dans des centres de stockage de déchets ultimes. Ces déchets dangereux sont constitués de :

– objets pointus et tranchants (seringues, scalpels jetables, lames…) ;
– produits chimiques et pharmaceutiques ;
– produits radioactifs : issus de matériel de diagnostic radioactif ou de radiothérapie ;
– déchets à forte teneur en métaux lourds (thermomètres cassés par exemple).

A la lumière des résultats de l’enquête, il ressort que la conservation de ces déchets biomédicaux et leur élimination par la population de ces deux Commune ne répondent pas aux conditions d’hygiènes. Ils sont jetés et mélangés avec d’autres types de déchets dans les décharges sauvages.

3. Ces différentes décharges sont caractérisées par toute sorte de nuisances : prolifération d’odeur, de fumée, de cendre et d’insectes

La mise en décharge non contrôlée est caractérisée toujours par les impacts et nuisances environnementales qui sont :

– L’émanation des odeurs nauséabondes ; qui occasionne certaines maladies comme la fièvre typhoïde.
– Prolifération d’insectes ; qui sont les vecteurs passifs de germes et de virus comme le paludisme.
– La présence des cendres et fumées nocives, ces deux formes de nuisance expose la population aux infections respiratoires aigues et tant d’autres maladies respiratoires.

4. Les modes d’élimination des déchets les plus récurant dans ces deux Commune sont : l’incinération, l’enfouissement, par les initiatives privées et le jet dans le cours d’eau

Par manque des décharges des transites, l’enquête sur terrain montre que la population de Selembao et Bumbu procède à l’incinération pour éliminer les déchets de leurs décharges non contrôlées (voir image n°5). Cette pratique est contraire aux règles d’hygiènes, indiquent les auteurs tels que : C.H. GERNEZ RIEUX et GERVOIX (1961) (26), pour ne citer que ceux-là. Elle peut apparaître comme une solution intéressante pour la gestion des déchets car elle permet une réduction de 75 à 90 % de leur volume mais elle reste associée aux pollutions environnementales et aux nuisances sanitaires par la diffusion de substances plus toxiques que les résidus entrants. La fumée dégagée par cette combustion incomplète, dégage des gaz nocifs et d’odeurs. Elle contient de dioxyde de carbone, de la suie, de cendre de bitume et des nombreux polluants. Les effets nocifs de l’incinération sur l’environnement et la santé de l’homme sont : les cancers, les malformations congénitales, les maladies respiratoires et cardiovasculaires. Donc l’incinération doit être effectuée loi des agglomérations ou dans des incinérateurs appropriés.

Au sujet de l’enfouissement des déchets dans les parcelles pour lutter contre les inondations dont la pratique est récurrente dans ces deux Communes. E. WAS et D.R. BINDU (1990) considèrent qu’avant l’enfouissement des déchets, ceux-ci devraient être séparé à la source de façon à écarter des constituants toxiques pour les eaux souterraines. Les ordures ainsi triées pourraient servir notamment de fertilisant des sols pour qu’elles gardent leur valeur tandis que les déchets non décomposable et toxique doivent être évacués lois des agglomérations urbaines et enterrés, dans les décharges contrôlées (27).

Quant aux initiatives privées, certaines personnes utilisent les déchets issue de décharges sauvages comme composte (fertilisant) (voir image n°6).

Décharge dans un jardin, les déchets utilisés comme compost à Selembao

Image 6 : décharge dans un jardin, les déchets utilisés comme compost à Selembao

Ce mode d’utilisation des déchets comme compost dans ces deux Communes représente un grand danger pour la population car ces déchets n’étant pas traité contient les métaux lourds et les produits issue de ces jardins (légumes) sont contaminés par ces métaux lourds ce qui constitue un grand danger pour les consommateurs de ce produit.

Les déchets qui sont déversés dans les cours d’eaux n’ont pas seulement des effets sur la population riveraine mais également sur le milieu aquatique c’est-à-dire que la faune et la flore aquatique de ce milieu sont en dangers.

5. Les maladies le plus récurrentes dans ces deux Communes sont : le paludisme, la fièvre typhoïdes, la diarrhée, les infections respiratoires aigues, l’amibiase et 4 cas de cholera dans la Commune de Selembao. Toutes ces maladies infectieuses et parasitaires caractérisent les pays en développement, c’est-à-dire l’extrême pauvreté.

Le manque d’un bon plan d’aménagement durable en matière de gestion des déchets, les mauvaises techniques d’élimination de ces décharges non contrôlées, le manque d’information sont à la base des ces différentes maladies.

Conclusion

Ce chapitre a montré les résultats des enquêtes tels que réalisés sur le terrain ainsi que l’interprétation de ceux-ci répartis sur le terrain d’enquête. Il a également montré l’importance des variables retenues en rapport avec le sujet ainsi que les incommodités sur le terrain afin de trouver de palliatif. Le quatrième et dernier chapitre propose un plan d’aménagement durable.

24 LELO NZUZI, Kinshasa ville et environnement, Harmattan 2008, 5-7 Rue de l’école polytechnique, 75005 Paris, p 281
25 KIYOMBO MBOLA, hygiène et salubrité de l’environnement, faculté de médecine UNIKIN, p.49
26 GENIE-RIEUX et GERVOIX (1961), Elément d’hygiène et de médecine sociale, édition, médicales Flammarion, p.291
27 CANS.R (1990), éducation des adultes et du développement sept (1990) n°35, p.85

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