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II.6 Conclusion de l’étude

J’ai pu vérifier chez le groupe contrôle, l’existence d’une reproductibilité des paramètres cinématiques et énergétiques de la marche, au sec et en immersion à deux profondeurs différentes. Ce test de marche dans l’eau est fiable et reproductible.

Il existe une diminution significative entre les performances de marches au sec et en immersion, cette conclusion rejoint celle des travaux précédents. Les valeurs des paramètres mesurés (FC, ICP) sont toutes supérieures en immersion et les valeurs de vitesse de distance moyenne, toutes inférieures. Le fait de marcher dans l’eau demande une plus grande quantité d’énergie.

Cependant, les valeurs d’ICP en immersion à l’ombilic et au niveau de l’appendice xiphoïde ne sont pas différentes significativement. Il n’existe dont pas de proportionnalité entre la vitesse et les valeurs d’ICP. La consigne oblige les sujets à marcher à une allure libre, la moins coûteuse, ils adaptent donc leur dépense énergétique en fonction de leurs aptitudes et des différentes poussées qu’ils subissent en immersion. Il serait intéressant de réaliser ces tests de marche à vitesse maximum afin de rencontrer, sans doute, des valeurs d’ICP proportionnelles à la vitesse. La diminution de la FC en immersion n’a pas été remarquée, mais l’augmentation de FC en immersion est moins importante (bien que supérieure) de celle au sec.

Concernant le groupe pathologie, je constate le même rapport en immersion que celui trouvé au sec dans la littérature. Plus la marche se fait en eau profonde, plus la distance et la vitesse sont diminuées. Cette relation n’est pas si évidente si l’on s’attache à l’analyse des sous groupes de pathologie formés. Comme constaté précédemment, l’ICP n’augmente pas en fonction de la vitesse, bien que la FC lors du test de marche à l’ombilic soit plus élevée.

La comparaison entre la population saine et pathologique met en évidence un ICP à la marche en immersion équivalent. De ce fait, le coût de la marche est la même pour ces deux groupes, cependant, les paramètres de vitesse sont bien différents (exception faite par la groupe RFR en immersion à l’ombilic).

La modélisation des performances de ces groupes nous permet d’avoir une base en terme d’évolution du patient au sein de la prise en charge en centre de rééducation. Grâce à cela, les performances peuvent être prédites en fonction de sa pathologie et une comparaison peut être réalisée afin de vérifier si la prise en charge est efficace. Si la distance en immersion d’un patient se rapproche de celle d’un sujet sain, il faut sûrement faire passer ce test de marche en immersion moins importante, et pourquoi pas au sec, si le médecin l’autorise.

Ces tests de marche possèdent un protocole léger et le besoin d’un matériel peu coûteux, de ce fait, son utilisation peut être envisagée sans difficulté dans différents centres de rééducation. Même si le patient doit réaliser le test de manière individuelle, les tests de marche peuvent être réalisés lors d’une prise en charge en balnéothérapie individuelle ou en groupe, sans poser de problèmes.

Afin de compléter la base de valeurs recueillies, qui pour certains sous groupes ne sont pas assez importante, il serait nécessaire de les compléter afin de trouver peut être, de nouvelles différences significatives qui n’ont pas pu être relevées à cause du nombre de sujets trop peu important.

Plusieurs critiques peuvent être formulées. Tout d’abord, la consigne. Elle n’était peut être pas assez explicite car lors des immersions plus importantes, les sujets avaient tendance à se pencher en avant et surtout, à se déplacer sur la pointe des pieds afin de perdre le moins de vitesse possible. Cela s’est vu essentiellement en immersion au niveau de l’appendice xiphoïde. A cette profondeur, la marche est perturbée ainsi, pour retrouver un niveau d’efficience correct, les sujets se placent en déséquilibre important dans l’eau.

Il est alors judicieux de s’attacher aux performances réalisées en immersion à l’ombilic si l’on veut travailler sur la qualité des déplacements. Il aurait sans doute fallu, pour une justification plus précise du test à l’ombilic, faire passer un test de Borg afin de déterminer la difficulté de ces tests.

Le groupe sain n’est pas réellement représentatif d’une population saine, car jeune, sportive et habituée aux efforts de tout types. Les valeurs recueillies peuvent être considérées comme très élevées vis-à-vis d’une population que l’on peut considérer comme réellement représentative. Le temps de repos en immersion n’est certainement pas assez long pour constater la bradycardie énoncée dans la littérature, et les valeurs de FCR au sec sont normalisées par rapport à une réelle FCR, ils auraient fallu recueillir ces valeurs lors du réveil des sujets. La longueur du chemin de marche des sujets sains était plus long (8 mètres) que celui des patients (6 mètres) tout simplement à cause de la longueur du chemin de marche de la piscine, cette notion de largeur de piscine est important à prendre en compte pour les comparaisons et prédictions futures.

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