II.4. LA NATURE DES INTERETS DE GRANDES PUISSANCES

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Dans cette section, il sera question de montrer la nature des intérêts de grandes puissances, tels que les intérêts économiques, motivation idéologique et stratégique, et à quelque sorte les intérêts culturels.

ÎI.4.1. Les intérêts économiques

Les grandes puissances ont déjà comptabilisé nos intérêts dans les leurs et sanctuarisé ces intérêts. Autrement dit, elles veulent nous maintenir perpétuellement sous leur domination (66).

Par contre, la RDC est le pays le plus riche de l’Afrique centrale. L’Est du pays est convoité par toutes les puissances du monde à cause de ses opportunités économiques énormes et de la présence des minerais stratégiques, comme lécolombotantalite (Coltan), la cassitérite, l’or etc…

Depuis les années 1980, les Anglo-saxons (les Etats-Unis, Grande Bretagne et Canada) travaillent clandestinement pour un nouveau partage des Zones d’influences sur le continent africain afin de mettre définitivement la main sur la RDC. La conquête de la région des grands lacs où ses trouvent des ressources naturelles stratégiques devait inévitablement passer par l’éviction de la France. Devant l’impossibilité d’affronter cette dernière de façon ouverte et directe pour préserver leurs intérêts, les Etats-Unis et la grande Bretagne ont associé leurs affidés (MUSEVENI et KAGAME) dans la conquête des ressources naturelles situées à l’Est du Congo. C’est cette motivation qui explique les guerres secrètes qui se déroulent dans cette zone depuis la chute du mur de Berlin et la fin du communisme. Le remodelage de la carte de l’Afrique centrale, dessinée lors de la conférence de Berlin en 1885 sert à protéger les intérêts stratégiques des Anglo-saxons. Il sert également à faciliter leur accès à ces minerais dont ils ont grandement besoin.

Bien évidemment, après avoir mis fin au soutien à la dictature du MARECHAL MOBUTU pendant la guerre froide pour lutter contre l’expansion du communisme en Afrique, les Anglo-saxons ont établi une relation étroite avec le président MUSEVENI et ensuite avec le président PAUL KAGAME.

Ces derniers sont localement aidés par d’autres maigres totalement acquis à leur cause. Dans la construction de ces histoires africaines, les chefs d’Etat et les leaders africains ne jouent qu’un rôle passif (67).

● L’exploitation économique de l’Afrique

En fait, l’exploitation économique de l’Afrique apparaît comme la véritable raison de la présente encore actuelle des anciennes puissances coloniales sur le continent malgré les indépendances. En effet, si la recherche des nouveaux débouchés a justifié, du moins sur le plan économique, le recours à la colonisation. La présence actuelle des anciennes puissances coloniales en Afrique ne se justifie véritablement que pour des motifs économiques. Ainsi, quand pointaient à l’horizon les indépendances et qu’il était quasiment impossible d’y rester, les puissances coloniales commencèrent à créer où à renforcer les structures qu’elles voulaient laisser derrière elles.

S’agissant des britanniques, l’on parla de former une « classe moyenne africaine.»

Quant aux français, l’on évoqua l’idée « d’interlocuteurs valables.»

Enfin de compte, les colonisateurs partirent avec « cette perspective plaisante que tous ce qu’ils perdaient sur le terrain politique, ils allaient sûrement le rattraper sur le terrain économique. C’est dans cette logique, que le Général Dégaulle, en 1958, demanda à Jacques FOOCART de mettre en place une politique française parallèle dont les objectifs se trouvent condensés en ces termes : « l’exploitation des matières premières africaines, dont le sous sol regorge dans certaines régions et l’exploitation de rente de l’aide publique au développement. »

Ce système surnommé « Françafrique » par le feu Félix Houfouet-Boigny, fonctionnera pendant toute la période post coloniale et se consolidera sous la cinquième République. Au nom de ce « système politico-clienteliste », les dirigeants français « sont prêts au pire. Et selon Jean François BAYART, la politique africaine de la France est l’instrument de sa politique de puissance (68). C’est par exemple, au nom de cette diplomatie parallèle que paris soutiendra le Maréchal MOBUTU jusqu’à sa chute en 1997. La découverte du rôle joué par pierre FALCONE, Jean-Christophe MITTERAND et autres dans l’affaire Pierre PALCONE dénote de la volonté prédatrice de la France. Il s’agit d’une politique chère à Degaulle que s’est bonifiée et instituée en une pratique immuable. Toutefois, elle n’est pas l’apanage de la seule France.

Comme par ailleurs, les Etats-Unis ont manifesté un intérêt pour l’Afrique à divers moment de son histoire, vraisemblablement pour ses potentialités économiques. Aussi, en septembre 1944, en plein exploitation coloniale, un accord secret les lia au Congo-Belge. En vertu de cet accord, l’exploitation de l’uranium congolais était confiée à une structure militaire, relevant du gouvernement américain, pour une période de dix ans. Il fut renégocié en 1951.

Cette politique de main mise sur les matières de l’Afrique est sans nul doute à la base de la création d’un bureau des affaires africaines au sein du département d’Etat en juillet 1958. D’ailleurs, l’attitude du gouvernement américain face au conflit Libérien est une preuve élogieuse. Jusqu’en 1989, date à laquelle éclate le conflit libérien, des compagnies Américaines, dont la libérian américain compagny (LAMCO) exploite s’importantes ressources naturelles du Liberia. Donc, une guerre civile dans un tel Etat était de nature à porter leur préjudice (69).

Bref, la nature des intérêts de grandes puissances a été corroborée par des motivations idéologiques et stratégiques.

II.4.2. Motivation idéologique et stratégique

D’une façon générale, les intérêts américains en Afrique sont exclusivement perçus sous l’angle économique et stratégique. Dans leur relation avec le continent noir, ces facteurs sont déterminants. Il n’est demeure pas moins que l’Amérique essaie aussi de projeter une image d’elle-même sous tendue par de grands principes fondamentaux que d’aucuns peuvent qualifier des mythes.

Tout de même, lors de la guerre froide, où les Etats-Unis et l’union soviétique apparaissent comme des superpuissances qui se gardent rapidement avec méfiance, sans jamais s’affronter directement, chacun se proclame avoir un modèle politique, économique et culturel de référence et obligent ainsi les autres Etats à entrer dans cette logique bipolaire (70).

Dans tous les cas, l’Afrique ne profitait à rien et ne travaillait qu’au compte des puissances. L’appartenance d’un pays africain à un camp signifiait sa dépendance.

En outre, la notion d’intérêt stratégique s’avère plus restrictive. D’une façon générale, elle s’adresse surtout à ce qui relève du domaine militaire, à tel point que les documents du congrès américain vont même jusqu’à employer un terme pour l’autre.

C’est ainsi que, le représentant STEPHIN SOLARZ, alors président de la sous commission sur l’Afrique de la commission des affaires étrangères, déclarait à ce propos : « un autre élément, indissociable du premier et considéré par les hommes politiques américains comme faisant partie des intérêts stratégiques, et ce lui des matières premières et de leur acheminement vers l’Amérique et l’Europe occidentale (71)»

Les Etats-Unis ne se sont vraiment intéressés à l’Afrique depuis ces dernières décennies. Mis à part en période exceptionnelle comme la seconde guerre mondiale, le continent noir demeurait une chasse gardée des colonisateurs. A la fin de cette guerre, l’Amérique ayant accédé au rang de superpuissance se voyait conférer une vocation planétaire. A l’inverse, les principaux Etats européen sortaient affaiblis de ce combat fratricide, et le tiers monde en profitait pour se libérer de leur tutelle.

Dans cette perspective, les nouvelles responsabilités de l’Amérique l’amenèrent à s’intéresser à l’Afrique au point de vue stratégique et économique. En effet, le monde occidental dépendait désormais en grande partie du pétrole du moyen orient et des autres matières africaines pour sa survie. De surcroît, l’union soviétique essayait de profiter des crises nées des indépendances pour étendre son influence à l’Afrique. Les Etats-Unis, gendarme du monde, ne pouvaient pas négliger leur volonté d’intérêt stratégique du continent noir malgré leur souci de sous traiter sa sécurité à l’Europe. De même, l’Amérique, puissance économique dominant, s’est finalement intéressée à l’Afrique au point de vue des investissements et du commerce (72).

Ainsi donc, outre les motivations idéologiques et stratégiques, il se dégage les intérêts culturels expliquant la nature des intérêts de grandes puissances en RD Congo.

II.4.3. Intérêt culturel

La propagande des langues de grandes puissances et de leurs cultures étrangères leur permettent d’écouler leurs produits. De fois, leurs langues et cultures conduisent à une manière utilisation à cause de l’incompréhension.

Par définition, la culture est l’ensemble des aspects intellectuels d’une civilisation où un développement de certaines facultés de l’esprit par des exercices intellectuels appropriés soit un ensemble des connaissances acquises (73). Il s’agit des connaissances qui nous sont toujours transmises en langues que nous ne maitrisons pas. Ces connaissances sont conçues très souvent par les tenants de ces langues sans être adoptées à la situation qui pourra permettre l’indépendance au pays.

En effet, la RDC souffre de manque des techniciens capables de travailler les machines qui pourront accroître et améliorer nos avoirs. Par contre, les puissances montent des mécanismes pour emporter les têtes bien faites du pays pour son développement. Dans cette perspective, ils leurs permettent d’évoluer dans la vie et de rendre leur vie facile dans une complémentarité universelle.

En tout état de cause, aujourd’hui la RDC demeure encore une classe gardée des intérêts de grandes puissances, en raison de ses ressources naturelles inestimables au pays. C’est pourquoi, il a été, dans le travail, question de nous pencher sur les conséquences de la poursuite des intérêts de grandes puissances dans le pays.

66 KAKULE MATUMO, cours de Politique Etrangère de grandes puissances, UOR L2 RI, FSSPA / Butembo, 2011-2012, p 17
67 http://www.mémoire online. Com/09/11/4796/ les-anciennes puissances coloniales-et-la-resolution-des conflits en Afrique, hlm/, consulté, le 18/04/2012
68 http : www.mémoire. Line.com/09/11/4796/ les anciennes puissances coloniales-et-la- résolution-des conflit en Afrique, hlm/, consulté, le 18/04/2012.
69 Idem.
70 H. BERNARD ET All, le monde de 1939 à nos jours, Ed terminal, les-dames, Paris, 2002, p.104.
71 MARC AICARDI, la politique Africaine des Etats-Unis, éd. Economica, Paris, 1984, p.161
72 Idem, p.163
73 AUGE, le petit Larousse illustre 2007, librairie Larousse , Paris, 2007,p. 392.

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