II.3. Instruments d’influence de grandes puissances

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Cette section s’attèlera sur les instruments d’influences de grandes puissances qui œuvrent à leur compte afin d’accéder directement ou indirectement à leurs intérêts dans le pays. Cette instrumentalisation passe par l’entremise des hommes d’Etat congolais, quelques pays voisins, les nations unies, les sociétés multinationales, etc…

II.3.1. Hommes d’Etat congolais

Après l’assassinat de LUMUMBA taxé de communiste, Joseph DESIRE MOBUTU fut placé au pouvoir pour être manipulé et servir les intérêts occidentaux et belges en particulier. Aujourd’hui, c’est Joseph KABILA qui a été placé et soutenue avec force pour être manipulé et servir comme dans les années 60, les intérêts occidentaux en général, et belges en particuliers.

De l’avis des analystes, l’histoire se répète et se ressemble à deux époques différentes. Les acteurs ont certainement changé, mais les stratégies demeurent les mêmes (55).

Les politiques congolais portent la lourde responsabilité de la faillite de l’Etat et des guerres impitoyable qui sévissent actuellement au pays. LUMUMBA aurait été tué sur ordre de grandes puissances occidentales avec la complicité des congolais eux-mêmes (56).

Tout au long de leur règne, les différentes générations des dirigeants congolais ont brillé par les crimes, la corruption et la Kleptomanie. Ils ont étalé leur incompétence et leur irresponsabilité. Avec la complicité des hobbies politico-financiers maffieux, ils ont pillé leur propre pays. Ils l’ont dirigé dans une totale inconscience, en sacrifiant les intérêts nationaux au profit de leurs intérêts égoïstes et de ceux de leurs alliés internes et externes.

Le mobutisme était finalement condamné dès le milieu des années 1980. Cela parce que le président MOBUTU ne pouvait plus offrir des solides garanties aux intérêts du capitalisme international. La pression intérieure et le cours des événements en Europe de l’Est ont donné un souffle à la lutte légitime des populations Zaïroises pour le changement de régime. Malheureusement, ce changement tant attendu a été freine par la classe politique et les stratèges de la maffia politico-financière internationale (57). Ces derniers ont œuvré pour la continuité du système d’exploitation du Congo en voulant perpétuer le Mobutisme sans MOBUTU.

Il s’est alors engagé une lutte entre un peuple aspirant à la transformation totale des structures politiques et à l’anéantissement total des mécanisme de domination, et des forces intérieures et extérieures qui ont préféré la conservation de leurs privilèges et de leurs positions au Congo.

Le peuple congolais doit continuer à lutter pour reconquérir son indépendance et sa « Vraie » libération. Ce peuple est aujourd’hui sous occupation, opprimé par des forces internes et externes qui s’emploient à rendre le Congo ingouvernable. Heureusement, toute occupation a toujours eu une mauvaise fin pour l’occupant, comme l’affirme Bechir Ben Yahmed dans Jeune Afrique n° 2055 du 30 mais 2000. « Quand l’occupation prend fin, les occupants, quelles que soient leurs nationalités et leur puissance, se comportent toujours de la même manière : au moment de leur retraite, ils laissent dans le fossé, au bord de la route, tous ceux qui les ont servis en trahissant leurs pays et s’en débarrassant par ce qu’ils ne sont plus utiles. Ces pauvres ‘Collabos’ que la misère et l’ignorance ont mis au service de l’occupant, ont eu à toucher les derniers de la trahison dont ils ne peuvent désormais plus jouir, par ce que centraient à s’exiler à demeurer dans l’opprobre (58).

De ce fait, le colonisateur avait associé le congolais à son malheur. Et cela fait partie de notre histoire pour la raison fort simple que n’est que cela que nous avons appris. Voici ce que ce nous avons appris et ce que nous avons donc faire le mieux : être des auxiliaires de l’exploitation de notre race ; être des auxiliaires des atrocités sur notre peuple ; être de serviteur de nos maîtres qui nous ont d’abord chosifié et bestialisé (59).

Naturellement, malgré les grandes responsabilités qui sont tombés brutalement sur les épaules de nos premiers dirigeants en 1960, beaucoup se mettent sous la coupe d’un maître. Nous avions appris à servir des maîtres irresponsables. Et il n’y avait aucune perspective de devenir un jour des maîtres des nous-mêmes, et encore moins de maîtres responsables, car nous n’avions devant nous aucun modèle à imiter.

Par ailleurs, toute la solitude des occidentaux avec à leur tête les américains, pour le groupe de BINZA avec à sa tête MOBUTU et toutes les péripéties de notre histoire récente en sont une illustration éclatante. Et encore aujourd’hui, la guerre que les Nilotiques sous ordre livrent à notre pays, procède de la même logique du même objectif.

A travers, MOBUTU, les américains au nom de la lutte contre le communisme dans le monde, réussissaient un exploit inespéré. Il s’agissait d’établir à la tête de l’Etat un auxiliaire local de leurs intérêts. Ces colonies étaient d’ordre économique, géostratégique et idéologique. Ils avaient aussi réussi à imposer la démocratie comme mode de gouvernement sur le continent. Ce mode était devenu le plus favorable à la sauvegarde de leurs intérêts que la dictature après la chute de l’URSS.

MOBUTU lui-même, ne dira-t-il pas que par amitié pour le roi des belges, il arrivait que les entreprises autres que belges décrochent un gros marché au pays. Et que sur un coup de fil du roi, il décide de céder d’autorité le marché à l’entreprise belge au détriment de l’entreprise méritant ! Quel beau rôle d’auxiliaire. A ces hommes d’Etat congolais, il faut adjoindre d’autres acteurs Etatiques. Ainsi quelques pays voisins notamment le Rwanda, l’Ouganda et Burundi complotent avec les puissances étrangères en vue d’exploiter et de déstabiliser la RD. Congo, surtout l’Est du pays

II.3.2.Rwanda, l’Ouganda et le Burundi

Il est évident maintenant que la guerre qui ravage l’Est de la RDC devienne chaque jour meurtrière pour les populations congolaises et absurdes pour tout le monde.

Les pays agresseurs, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi avaient préparé une guerre de deux semaines au maximum. Curieusement, la guerre avait commencée le 02 Août 1998. Elle s’était cristallisée dans la suite de temps :

Le coût matériel, financier et humain de la guerre dépassent de loin ce qui est acceptable et même tolérable, aussi bien pour les pays agresseurs que pour le pays agressé et les populations sous occupation. Le pillage systématisé des ressources dans les Zones occupées, notamment les métaux précieux comme l’or et le diamant, le bois, la papaïne, le quinquina, les véhicules des particuliers, etc avait été décrété.

Aujourd’hui, les rebellions congolaises divisées selon les parrains, sont connues ouvertement, sans projet de société et sont pur et simple des marionnettes.

A cet effet, l’apathie de la communauté internationale à propos de l’agression de notre pays, est plus que parlante. L’ONU est incapable de peser sur trois petits pays misérables du tiers-monde, alors que pour le petit KOSOVO, elle pouvait se mettre une campagne militaire avec plus de 600 sorties par jour (60).

Aujourd’hui, nos agresseurs continent de bénéficier de l’aide financières des institutions internationales en vue de leur donner un coup de pouce dans l’agression de notre pays. Ils sont encouragés de piller nos ressources en vue d’autofinancer la guerre. Ils s’arrogent un droit de poursuite consistant de leur permettre de mener des campagnes militaires contre les ex-FAR et interahamwe regroupés au sein des FDLR pour le Rwanda la LRA pour l’Ouganda et le FNL pour le Burundi. Cela est une expression de recherche de la sécurité de leur territoire à partir des frontières communes avec la RDC.

Les africains observent et d’autres peuples ailleurs dans le tiers-monde. Si on peut tuer des hommes, il est de loin plus difficile de tuer le sentiment et les pensées. Il est bon de ne pas continuer à semer de tels germes, car tout ce que nous sommes, nous le moissonnons multiplié, tel un cultivateur qui sème une demi-tonne de blé et qui en récolte mille tonne (61).

Par ailleurs, à titre illustratif, le régime Islamiste de Khartoum ne peut pas tomber par KAMPALA, quelques soient les moyens militaires américains à mettre à sa disposition.

De même, la nationalité congolaise pour le Rwandais ne sera jamais obtenue, ni par la ruse, ni par les armes encore moins par des textes imposés à des assemblées manipulées, car une loi est défaite par une autre loi.

Ensuite, les richesses au Congo appartiennent aux congolais et il est absurde de considérer que les étrangers peuvent se les approprier durablement et indûment.

Tout autant, avoir un président de la RDC du Kivu dépend de la volonté souveraine de Dieu et du peuple congolais et non des voisins du Congo.
Enfin, l’appartenance à la RDC, des territoires réclamés par le Rwanda n’est pas mise en cause par les autochtones congolais qui n’ont aucune envie de devenir Rwandais.

Bref, les grandes puissances impliquent les nations unies dans telles ou telles autre affaires afin de maintenir leurs intérêts en RD. Congo.

II.3.3.Les Nations Unies

Faisant l’analyse du comportement du premier gouvernement congolais face aux événements, THOMAS KANZA écrivait notamment :

« … Le président BOURGUIBA qui n’est certainement pas naïf, n’a jamais pensé faire appel aux troupes de l’ONU pour résoudre les différends entre la France et la Tunisie au sujet de BIZERTE. Le secrétaire général de l’ONU qui fut pourtant invité à se rendre compte sur place de l’état des choses, n’a jamais osé suggérer pareille idée au gouvernement Tunisier.

Bien entendre, l’histoire dira que, l’ONU fut invitée au Congo par les autorités légalement établies, c’était inévitable. Mais à cause d’elle, plusieurs actions clandestines devenaient possibles. L’immixtion étrangère dans les affaires internes du Congo devenait moins apparente et hautement égale du point de vue international.

Aussi, la façon dont l’ONU allait interpréter et appliquer les résolutions du conseil de sécurité était-elle tout de même prévisible. Certains naïfs ne l’ont pas compris. Ce qui devient impardonnable, c’est qu’ils n’ont pas voulu comprendre quand on leur a expliqué.

L’opération ONU au Congo comme toute charité bien ordonnée devait être d’abord profitable à ceux qui la finançaient avant de servir le congolais, c’est la même expérience encore aujourd’hui. LUMUMBA était victime désigné de l’ONU en 1960. En 2001, c’était Laurent DESIRE KABILA ; et demain, on peut se demander et savoir qui est victime ligne de mère. Dans le contexte actuel, faire appel aujourd’hui pour résoudre le problème congolais, relève purement et simplement de la naïveté et de l’aveuglement. Les politiques qui ne peuvent plus procéder de l’ignorance du fonctionnement de l’ONU comme en 1960, apparentent contre toute entente soit à l’envoûtement soit à la complicité. Aujourd’hui plus qu’hier, l’ONU n’est plus qu’un mechin dans souvolt récuité des Etats. Elle n’a d’intérêt que pour les membres du conseil de sécurité avec leur veto qui consacre leur puissance.

En outre, il est évident que ce sont les américains qui sont restés indifférents sur massacre des milliers de Hutu au Congo. Ils ont aidé à la désorganisation de l’armée et du renseignement de Laurent DESIRE KABILA. Ils finançaient l’agression contre lui dans le but avoué de l’abattre. Jusqu’aujourd’hui, ils règnent en maître sur l’ONU et veulent ouvertement la balkanisation du Congo.

Dans cette perspective, nul ne peut croire qu’ils puissent être de ceux-la qui peuvent financer la paix au Congo, à des conditions ou des circonstances autres que celles leur permettant d’atteindre leurs objectifs au Congo.

D’aucuns pensent qu’ils feront multiplier des obstacles, les incidents et les diversions en vue rendre possible le déploiement des casques bleus. Ceux-ci, qui ne peuvent servir que les desseins des américains (62). Il en est de même des sociétés multinationales qui analysent les réseaux des grandes puissances en vue de faciliter leurs intérêts en RD. Congo. »

II.3.4. Les sociétés multinationales

Pour comprendre comment les sociétés multinationales constituent les réseaux de grandes puissances dans l’exploitation sans merci du Congo, il faut relever leurs politiques et stratégies. Il faut souligner tout de suite la politique des pays occidentaux envers l’Afrique n’est nullement conçue par le ministère des affaires extérieures ou de la coopération. Mais, par les compagnies minières, pétrolières et les plantations qui opèrent dans les pays africains. Et souvent, par un homme d’affaire ou un petit journaliste obscur qui a des entrées dans les cercles du pouvoir. Ce sont ceux-ci qui manipulent pratiquement les autorités au gré des intérêts des entreprises ou des réseaux manipulateurs. La seule chose intéressante, c’est le profit que l’on tire de ces pays. Et, ce sont les entreprises qui en font des substantiels et non les projets financés par la coopération. Même s’il reste vrai que pour un franc investi en Afrique au titre de la coopération rapporte au pays donateur 4 francs. Ici, ce sont les mécanismes mis en place qui génèrent ce profit exorbitant sans aucun autre effort à déployer. S’agissant des stratégies d’exploitation des sociétés multinationales, notons quelles développent des stratégies difficilement perceptible et dont le but c’est la minimisation des coûts de production et la défense des intérêts de leurs pays d’origine. Ces stratégies affectent dangereusement la vie politiques des Etats du tiers monde (63).

A l’Est de la RDC par exemple, les stratégies les plus utilisées par les multinationales pour l’exploitation et l’évacuation des minerais sont entre autres :

a. Les alliances : C’est en fait les convention intrafirmes. A ce niveau, les multinationales sont présentes sur terrain à travers les sociétés nationales ou internationales. Nous pouvons mentionner quelques cas illustratifs. Il s’agit :

* AFRIMEX qui est une multinationale britannique se ravitaillant en Coltan et en étain à travers une société de droit Congolais, la SOCOMI. Cette société verse ses taxes aux groupes rebelles afin d’exploiter les mines des zones sous son contrôle. D’ailleurs, le journal génération active va jusqu’à affirmer que SOCOMI, c’est la création d’Afrimex.
* TRAXYS, une autre multinationale Belge qui exploite les minerais par l’intermédiaire de l’établissement MUYEYE de GOMA. Cette entreprise atteint 1931 tonnes de cassitérite et 226 tonnes de Coltan ainsi qu’une importante quantité d’autres minerais.

b. La création des filiales : Les multinationales ont crée des mécanismes pour que, à l’intermédiaire des autorités congolaises et certains compatriotes, elles puissent créer des sociétés dites de droit national alors qu’elles sont en réalité implantées au pays ou dans des pays voisins. C’est le cas d’AFRIMEX avec SOCOMI ainsi qu’Emirates Gold avec UGANDA impex (UG).

A coté de ces stratégies, d’autres sont utilisées par les multinationales et sont complexes. Elles échappent davantage à la vue des enquêteurs.
L’on peut citer :

c. Le troc minerais matériel militaire : Les multinationales utilisent les groupes armés directement pour l’exploitation des mines qui échappent au contrôle de l’Etat. Le schéma de ces opérations est difficilement perceptible. Les entrées des minutions et Logistiques ainsi que les sorties des minerais sont assurées par les groupes armés à l’intérieur du pays et les officiels des pays voisins (Rwanda et Ouganda) à l’extérieur du pays. La finalité est d’atteindre les points de sorties continentaux comme le port de MOMBASA au KENYA et DAR-ES6SALAAM en TANZANIE. Cette stratégie connaît le concours des entreprises spécialisées. Dans le transport et dans la communication électronique c’est le cas du serveur électronique français WWW ouhn. Il facilite la communication entre les FDLR et leurs partenaires. Il y a aussi des serveurs Américains pour le compte du CNDP (64). Cette stratégie qui repose sur des principes inconnus semble la plus utilisée car la discrétion traduit son efficacité. Elle semble la plus profitable pour les multinationales qui bénéficient des minerais contre des armes. Les filiales jouent un rôle courtier et les Etats voisins y profitent dans des commissions.

d. Le préfinancement : Cette stratégie consiste à faire des dépôts dans des Banques occidentales sur les comptes des partenaires des groupes armés qu’à leur tour, font des transferts vers des filiales au Banques installées à KINSHASA, KAMPALA, KIGALI, GOMA, BUKAVU et BUTEMBO pour que les opérations des groupes armés soient comblées et en contre parties les multinationales récupèrent les minerais (65).

Toutefois, l’objet du développement sera lié à la nature des intérêts de grandes puissances en RD. Congo.

55 TSIMANGA BAKADIABABU, La démocratie et ses blocages au Congo Kinshasa de 1958 à nos jours, l’Harmattan, Paris, 2004, p.222
56 Idem, p.223
57 BAGENDA PATIENT, Congo malade de ses hommes. Crime, pillages, et guerre entraide fraternité, Bruxelles, 2003, p. 179
58 BAGENDA PATIENT, Op.Cit, p.179
59 Idem, p. 181
60 KAKULE MATUMO, Congo –Afrique la libération , PUB, Bruxelles, 2000 ; p 357
61 KAKULE MATUMO, Op.cit p.37
62 KAKULE MATUMO, Op.cit, p.30
63 KADONY NGUWAY KPALAINGU, cours Internationales Africains, cours inédit, L1 RI, FSSPA, UOR, Butembo, 2008-2009, p.29
64 Rapport des experts des nations unies, 2008
65 KAMUHA MUNGANGA, Multinationales et conflit en RDC. Cas de la province du Nord-Kivu, mémoire, inédit, FSSPA, RI, UOR, Butembo, 2009-2010, p.72

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