II.2. La conférence anti-esclavagiste arabe de 1889

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L’Etat indépendance du Congo vécut vingt trois ans. Mais déjà lors de la conférence anti-esclavagiste de 1889 à Bruxelles, le roi Léopold II va déconcerter les Etats colonialistes à l’époque. Il s’est approprié seul tous les droits économiques sur le Congo à la désespérance de tous les Etats colonialistes de l’époque. Depuis, tous les Etats trompés par Léopold II souhaitent rentrer dans leur « droit » sur le Congo (50).

A cet effet, MWAYILA TSHIYEMBE explique le comportement de ces Etats trompés par ce qu’il appelle « l’équation de l’Etat indépendant du Congo ». Il suppose que l’EIC a généré une double conditionnalité :

« D’un côté, le monde est déjà au Congo et le Congo fait partie de la communauté internationale à cause de l’acte de Berlin, signé par 14 pays et ouvert à l’adhésion des autres ; de l’autre, l’Etat indépendant du Congo inscrit la politique étrangère de la RDC dans la dynamique structurelle d’une diplomatie de la porte ouverte sur le monde.»

Et situant la question de l’EIC par rapport au phénomène de guerre froide, il poursuit :

« …eu égard à la compétition Est-ouest, la position géostratégique du Congo au cœur de l’Afrique et la géoéconomie des ses ressources minières, forestières, énergétiques et aquatiques, l’ont ancré dans le camp occidental et fait monter les périls sur sa survie en tant qu’Etat souverain (51)»

Néanmoins, dans la foulée des mouvements de libération nationale des années 50 et avec la montée du panafricanisme qui préconisait la création des « Etats-Unis d’Afrique », les puissances colonisatrices vont manifester leur inquiétude et donc leur refus de lâcher leurs intérêts en Afrique. Ils étaient mus par les impératifs de concurrence économique pour préserver à tout prix leurs propres intérêts.

D’où, de nombreuses interrogations devant les réclamations des indépendances :

« Dans le cadre d’une Afrique unifiée, des problèmes des concurrences économique ne tarderont pas à se poser, dans le domaine de la production comme dans celui des investissements (52).

C’est en somme, dans ce contexte que s’explique le refus de la Belgique, le 30Juin 1960, de tolérer l’indépendance économique dont parlait Patrice EMERY LUMUMBA.

C’est ainsi que « tous les Etats trompés par Léopold II s’étaient coalisés dans un bloc afin de maintenir l’accès aux ressources du Congo, leur exploitation dans un système de pillage comme pendant la colonisation (53)».’

C’est ce qui pousse aujourd’hui, certains nationalistes congolais à déclarer, 50 ans après l’accession de la RDC à l’indépendance, que notre pays se trouve encore à l’aube du 01 Juillet 1960. c’est alors qu’ils réalisent que notre indépendance a été prise en otage, par les puissances occidentales qui ont organisé l’assassinat de LUMUMBA pour mettre au pouvoir les hommes qui serviraient mieux et prioritairement leurs intérêts au Congo (54).

Bref, les grandes puissances instrumentalisent plusieurs acteurs politiques au pays pour accéder à leurs intérêts.»

50 Idem, p.4
51 MWAYILA TSHIYEMBE, La politique extérieure de la RDC, l’Harmattan, Paris, 2009, p.60
52 Philippe DECRAENE, Le panafricanisme, PUF, Paris, 1961, p. 101
53 KAKULE MATUMO K., Op.cit, p.4
54 Idem, p5.

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