II.1. L’attractivité territoriale et la stratégie globale des firmes multinationales

Non classé

Dans le contexte de la globalisation, l’attractivité territoriale (côté demande d’IDE) reposant sur une série d’avantages de localisation revêt une importance d’autant plus fondamentale en ce sens que les firmes retiennent comme territoire d’accueil de leurs investissements, uniquement ceux qui renforcent leur compétitivité (Storaï, 2003). Elle est aujourd’hui un enjeu majeur de politique économique surtout en termes de politiques d’aménagement et de développement des pays en développement.

Au début des années 1980, la vague des Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) caractérisés par une généralisation des politiques de libéralisation économique dans la plupart des pays en développement dont ceux de l’UEMOA, la valorisation des mécanismes de marché et de l’initiative privée aux dépens de l’intervention publique, ont profondément remodelé l’attitude des Etats à l’égard des investissements étrangers. Ainsi, une logique d’attraction des IDE s’est largement substituée aux politiques publiques de restriction. De ce fait, les choix stratégiques des firmes multinationales préfigurent désormais à la réalisation des spillovers macroéconomiques inhérents aux investissements étrangers dans les territoires d’accueil. En effet, les Etats se livrent à une concurrence interterritoriale acharnée afin de fournir un espace géographique attracteur dont le but ultime est d’être un espace de convergence des entreprises étrangères. Les Etats sont alors amenés à se parer de leurs « plus beaux atours », non seulement pour les attirer mais encore plus pour les retenir et de les accroître.

Par ailleurs, certains organismes internationaux, tels que la CNUCED produisent chaque année un classement des pays en fonction de leur attractivité, sous la forme d’une matrice obtenue en croisant deux indicateurs : l’Indicateur de Performance en termes d’Investissements Entrants et l’Indice du Potentiel d’Attractivité en termes d’Investissements Entrants.

L’Indicateur de Performance en termes d’Investissements Entrants (IPIE) qui a pour formule :

IPIE

L’IPIE reflète la mesure dans laquelle un pays reçoit des IDE comparativement à sa taille économique.

L’Indice du Potentiel d’Attractivité en termes d’Investissements Entrants (IPAIE), qui reflète plusieurs facteurs censés mesurer l’attractivité d’un pays pour les IDE à l’exception de la taille du marché. La CNUCED a retenu 12 indicateurs statistiques(12) pour apprécier l’attractivité potentielle. L’IPAIE est une moyenne simple (non pondérée) des valeurs préalablement normalisées de 0 à 1 de ces 12 indicateurs. Plus cet indicateur tend vers 1, plus le pays est considéré comme attractif pour les IDE. Par contre, plus il tend vers 0, moins le pays est considéré comme attractif.

Le croisement de l’indicateur de performance en termes d’investissements entrants avec l’indicateur du potentiel d’attractivité permet d’obtenir le tableau n°1 ci-après :

Tableau n°1 : Comparaison de la performance des pays en termes d’IDE avec leur potentiel d’attractivité

Comparaison de la performance des pays en termes d’IDE avec leur potentiel d’attractivité

Source : CNUCED,http://www.unctad.org/Templates/Page.asp?intItemID=2468&lang=1

La distinction performance élevée/performance médiocre dépend du classement qui résulte de la valeur obtenue pour l’IDE.

Le tableau fait ressortir quatre catégories de pays :

. les pays du peloton de tête appelés aussi « les bons élèves » ; ce sont les pays qui ont à la fois un potentiel et des résultats élevés en termes d’entrées effectives d’IDE ;
. les pays du peloton de queue ou « les mauvais élèves » ; ce sont des pays qui ont un faible potentiel d’attractivité et qui enregistrent des entrées effectives faibles ;
. les pays dont les résultats sont inférieurs à leur potentiel ; ce sont les pays qui n’utilisent pas pleinement leur potentiel d’attractivité. Ils ont un indice d’entrées potentielles élevé, mais des entrées effectives faibles ;
. Les pays au-dessus du potentiel ; ce sont les pays qui ont un faible potentiel, mais qui réussissent néanmoins à attirer plus d’investissements étrangers que la moyenne.

Ce classement sert en principe aux pays à se positionner et à élaborer les politiques appropriées afin d’améliorer ou de renforcer leur attractivité.

12 Ce sont : le PIB/tête, le taux de croissance du PIB/tête des 10 dernières années, la part des exportations dans le PIB, le nombre de lignes téléphoniques par millier d’habitant, la consommation d’énergie du secteur privé par habitants, le pourcentage d’étudiants de 3è cycle dans la population, le risque pays, la part du marché du pays dans les exportations mondiales de matières premières, la part de marché du pays dans les importations mondiales de partie et composantes d’automobiles et de produits électriques, la part de marché du pays dans les exportations mondiales de services, et la part du pays dans le stock mondiale d’IDE entrants.

Page suivante : II.2. L’attractivité des firmes multinationales

Retour au menu : LES INVESTISSEMENTS DIRECTS ETRANGERS DANS L’ESPACE UEMOA : DETERMINANTS ET ANALYSE D’IMPACTS