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I- OPINIONS DES COMMERÇANTS

Dans le but de confirmer ou infirmer notre hypothèse (H1) à savoir que, la majorité des commerçants approuvent les actions de lutte contre la criminalité menées par le CeCOS à Adjamé parce qu’elles les sécurisent, nous avons réalisé le tableau suivant :

Tableau 13 : Opinions des commerçants sur la qualité des actions du CeCOS en relation avec le sentiment d’insécurité procuré

Nous retenons de ce tableau que 87 commerçants toutes nationalités confondues, soit 58% de notre échantillon jugent bonnes les actions du CeCOS parce qu’ils se sentent en sécurité par la présence de cette unité. La proportion réelle de commerçants relative à cette affirmation au niveau de la population mère correspondante, se situe dans l’intervalle de confiance entre 50,1% et 65,89%. Ceci avec une marge d’erreur de 7,89%. (voir l’application en annexe 2). Les ivoiriens soutiennent cette opinion à 60%, contre 54% pour les étrangers.

Nous constatons donc que l’approbation des actions du CeCOS est plus élevée, à une différence peu grande de 6% chez les ivoiriens par rapport aux étrangers. En effet, ils ont diverses justifications à cette opinion. En voici quelques-unes que nous avons recueillies :

Commerçant ivoirien: « Les patrouilles du CeCOS empêchent les délinquants, criminels.… d’exécuter leurs sales besognes d’où, elles assurent la sécurité des biens et des personnes ».(1) Ces propos sont révélateurs d’un travail efficace de dissuasion des criminels réalisé par les patrouilles du CeCOS.

Commerçant ivoirien: « Il y’a une diminution considérable des agressions et des braquages au Black Market depuis l’arrivée du CeCOS ».(2)

L’opinion de ce commerçant illustre bien les résultats satisfaisants obtenus par le CeCOS à Adjamé (voir tableau 2 et 3 p.47), en matière de réduction des infractions dans les zones autrefois fortement criminalisées comme c’est le cas ici du “Black Market”.

Commerçant ivoirien : « Quand on les appelle ils interviennent vite.

Parfois, ils interviennent pour nous rassurer en cas de panique provoquée par des rumeurs de troubles ».(3) Cela témoigne de la proximité des actions du CeCOS des commerçants, ce qui leur permet d’exercer en toute quiétude leur activité commerciale.

Commerçant étranger s’exprimant en Nouchi(4): « A leur présence, les petits voleurs veulent prendre pour toi mais ils mouillent ».(5)

En revanche, 42% des commerçants soutiennent l’opinion contraire. Ils jugent mauvaises, les actions de lutte du CeCOS contre la criminalité. Pour eux, le CeCOS n’assure pas leur sécurité et celle de leurs biens. Cette opinion est partagée par 40% des ivoiriens interrogés, pendant qu’elle l’est à 46% pour les étrangers, soit une différence peu significative de 6%. Ici la remarque est que, la désapprobation est moins forte chez les ivoiriens en comparaison aux étrangers. Ils justifient cette désapprobation, par des discours dont voici quelques exemples :

Commerçant étranger: « j’ai une fois assisté à une scène de braquage où les agents du CeCOS informés, ont dit qu’ils ne pouvaient pas venir risquer leur vie pour nous car ils ont des familles à nourrir ».(6) Un tel témoignage démontre, le refus de l’accomplissement du devoir professionnel par certains agents en l’absence d’une surveillance de la hiérarchie.

Le sentiment d’insécurité qui s’est installé chez certains commerçants est le fait des exactions commises sur eux par certains agents. C’est ce que nous rapportent les propos de ce commerçant étranger : « Il suffit qu’ils te voient avec un petit sachet, ils t’arrêtent, surtout nos clients qui viennent de l’intérieur du pays. Tout ce qui les intéresse c’est nos bagages pas notre sécurité ».(7)

Un autre Commerçant ivoirien ajoute ceci: « Ils n’assurent pas notre sécurité, tout leur travail c’est de prendre de l’argent avec les vendeurs de “garba” les boutiquiers, les vendeurs de cigarettes, les pousseurs de “wotro”, les gérants de kiosques à café…Ils viennent souvent nous trouver au kiosque mangent et boivent sans payer ».(8)

Commerçant ivoirien: « Dans mon quartier à Williamsville Paillet(9) à chaque fois, il y’a des agressions la nuit mais quand on les appelle, ils disent que la route d’accès n’est pas bonne donc ils ne peuvent pas venir ».(10) Cette réaction met en exergue le problème de la dégradation de la voirie dans les quartiers précaires, qui empêche les agents de sécurité d’accomplir leur mission.

Cela augmente le sentiment d’insécurité des habitants de ces quartiers qui pensent être laissés pour contre.

De ce qui précède, le X² calculé du tableau 2.44 au degré de liberté 1 est supérieur au X² lu 3.84 (Cf. table de la loi du X² en annexe 2). Cela nous permet d’affirmer qu’au regard de notre échantillon, les commerçants dans leur majorité approuvent les actions de lutte menées par le CeCOS contre la criminalité à Adjamé et ils se sentent en sécurité en présence des agents. Cela confirme notre hypothèse H1 à un niveau de confiance de 95% (Cf. annexe 2). Il existe donc un lien entre l’opinion des commerçants sur la qualité des actions du CeCOS et leur sentiment d’insécurité. Autrement dit, plus les commerçants se sentiront en sécurité par les actions du CeCOS, plus ils réagiront favorablement à ces actions. Inversement plus leur sentiment d’insécurité sera élevé, moins ils approuveront les actions du CeCOS.

Après l’analyse des opinions des commerçants, nous en arrivons à celle de leurs attitudes au point suivant.

1 Vendeur de produits de santé interrogé face à la gare SITARAIL.
2 Vendeur de téléphones portables interrogé au Black Market.
3 Vendeur de chaussures interrogé à Adjamé Renault.
4 Langage de rue de Côte D’Ivoire.
5 Vendeur de Playstations face à la gare SITARAIL.
6 Vendeur de gaz butane interrogé dans le périmètre de la gare de Bassam.
7 Vendeur de téléphones portables interrogé au Forum des Marchés.
8 Gerant de cabine téléphonique interrogé à Adjamé Renault.
9 Quartier précaire à proximité du camp de Gendarmerie d’Agban.
10 Vendeur de chaussures interrogé à Adjamé Renault face à la gare CK (COULIBALY Kassoum).

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