CONCLUSION GENERALE

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Le présent mémoire a été consacré à l’évaluation empirique de la relation
entre le taux de change réel d’équilibre et l’évolution de ses fondamentaux au sein
de l’UEMOA. Pour l’objectif de cette étude, nous avons cherché à estimer les
déterminants fondamentaux du TCR puis à évaluer le niveau d’équilibre du taux de
change réel auquel le mésalignement est déduit. Pour ce fait, la revue de littérature
nous a permis de circonscrire le thème pour pouvoir adopter le modèle de
NATREX comme modèle de détermination du taux de change d’équilibre.

Globalement, les résultats de cette étude confirment la prédilection de la
théorie économique et la plupart des études empiriques antérieures en ce qui
concerne l’effet des fondamentaux du TCR sur sa distorsion. En effet, les résultats
obtenus à l’issue de nos estimations montrent que le TCR est influencé à l’équilibre
par les variables que sont : l’effet Balassa-Samuelson, la position extérieure nette,
les flux financiers extérieurs, le développement financier, les termes de l’échange et
la politique monétaire. Cette étude a montré que la croissance de la productivité, la
politique monétaire et les flux financiers contribuent à accentuer la distorsion du TCR
en termes d’appréciation. Ce qui constitue ainsi entre autres, les variables d’alertes à
une crise de change. Par ailleurs, nos résultats infirment l’idée de J-F Hoarau (2006)
selon laquelle les changes fixes seraient propices à la surévaluation de leur TCR.
Au-delà de ce résultat, nous remarquons tout de même que la différence entre ces
études et la nôtre réside sur l’ampleur voire, la persistance du mésalignement. Alors
que les études antérieures surestiment l’ampleur de la distorsion, la nôtre a révélé un
mésalignement nettement moins prononcé que chez ces auteurs. Ce résultat
suggère inopportun un besoin de réajustement de la parité entre le Franc CFA et
l’euro [Djoufelkit , (2007)] .

Toutefois, ce résultat doit être pris avec précaution dans la mesure où le
modèle de régression de la distorsion ne permet pas de prendre en compte les
écarts possibles de ces derniers par rapport à leur sentier de croissance potentielle.

La distorsion modérée du TCR que révèle cette étude peut être imputée au
mécanisme de contrôle de change instauré au sein de l’UEMOA au lendemain de la
dévaluation du Franc CFA. Ce qui a atténué le niveau de distorsion par rapport aux
études antérieures.

A ce stade de la restitution des résultats d’étude, les suggestions de politiques
économiques que nous proposons dans le but d’inhiber les effets des
mésalignements du TCR, tournent autour des axes cibles suivants :

– mener une politique de promotion à la production et à la consommation des
biens non échangeables ;
– redéfinir la politique de spécialisation sous-régionale et surtout de diversification ;
– encourager le développement du secteur financier à travers un assainissement
du secteur financier et aussi la mise en place des réformes visant à prémunir la
zone des crises financières ;
– mener une politique fiscale incitative à l’endroit des investissements en
infrastructures et en éducation ;
– favoriser l’importation de biens riches en capitaux ce qui peut augmenter à terme
la productivité des biens du secteur protégé;
– assurer un renforcement de la transparence des marchés de change dans le but
d’unifier les TC officiel et parallèle.

Par ailleurs, admettant que l’évolution du TCR est dictée par l’évolution de ses
fondamentaux, nos suggestions de politique économique se sont inscrites dans cet
ordre d’idée. Pour plus de stabilité des TCR, les autorités en charge de la gestion de
la politique économique de l’UEMOA, sont appelées à intensifier les politiques allant
dans le sens d’un renforcement des fondamentaux de l’économie et surtout ceux du
TCR.

A titre d’extension, au – delà des effets différenciés des fondamentaux du TCR
sur ses distorsions au sein d’une zone monétaire (ZM), la question fondamentale qui
se pose aux pays membres d’une ZM est celle de la gestion des chocs asymétriques
ou symétriques et de la convergence des économies. En outre, il est possible de voir
en une hausse du TCR, non pas le signe d’un mésalignement ni d’une perte de
compétitivité mais d’une appréciation du TCR d’équilibre. Dans ce schéma comme
le soulignent les fondamentalistes [Berthomien et Al, (2001)], une détérioration du
solde du compte courant n’est pas due à une appréciation du TCR mais elle est
imputable à des changements structurels de ses fondamentaux (productivité
technologie) ; notamment à des changements du taux d’épargne et d’investissement.

Ce faisant l’appréhension, des déterminants du changement structurel des
fondamentaux du TCR, les problèmes de chocs asymétriques ou symétriques et de
la convergence réelle des économies, aura à coup sûr un regain d’intérêt dans
l’édification de la « 9éme économie » au sein de l’UEMOA. Tous ces points
mériteraient une plus grande attention dans une étude complémentaire.

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