CONCLUSION GENERALE

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Tout au long de ce mémoire, nous avons voulu montrer que bien que bien que le sport ait été à l’origine de la création du PV de Douala, il n’en reste pas moins la seule activité possible dans cette espace de vie sauvage.

A l’issu de nos travaux, nous avons dans un premier temps montrer que nonobstant sa violation, la dégradation de sa flore et de sa faune, des menaces sur l’ensemble de l’écosystème et l’abandon du circuit du sport (jusqu’à très récemment où grâce aux travaux de réhabilitation le circuit et les ateliers ont refait surface), espace gorgé d’eau qui l’apparente à une zone humide avec ses lacs, ce qui reste de la faune et de sa flore, la rivière Nkondi qui l’inonde pendant toute l’année et imprime ses pulsations au paysage, il demeure une nature d’importance capitale du fait des fonctions naturelles découlant de l’absolue nécessité de sa préservation qu’il remplit, sa contribution à la régulation du régime des eaux en favorisant la réalimentation des nappes souterraines, zone de résilience par excellence face aux risques naturels ainsi que des bassins naturels d’expansion des crues et des milieux épurateurs performants capable d’absorber de grande quantité d’azote.

Dans un second temps, nous avons analysé les autres fonctions que le PV pourrait générer. Des fonctions dépendant directement de la protection et de la conservation qui pourraient se fédérer au sport dans une dynamique multifonctionnelle. Activité centrale au PV, le sport de façon automatique entraîne l’individu dans une nature où pourraient se développer le tourisme, la promenade et d’autres activités ludiques.

Notre souci quand nous abordions ce sujet nous a donné l’occasion de formuler plusieurs questions dont la principale est comment fédérer autour du sport les fonctions économiques, touristiques, sociales et environnementales et parvenir ainsi à redonner une autre image au PV pour jouer un rôle dans le développement local ou du moins être un élément d’attraction pour la ville de Douala ?

Reconnaissant que l’environnement n’étant pas une marchandise à valeur marchande, il peut « se vendre » et procurer d’importantes ressources pour la collectivité locale dans le cadre de la décentralisation, en même temps que bien protégé et conservé il peut auréoler une région, une nation au niveau international comme partenaire à la protection de l’environnement. En réalité, la question de l’environnement semble ne pas être perçu par bon nombre de citoyens et si elle est perçue, cela est fait de façon aussi négligeable c’est-à-dire que les dangers liés à l’environnement demeurent grands mais mal perçus. Ces dangers au PV sont énormes et évidents du fait de son engorgement. Par ailleurs le législateur Camerounais n’a pas encore fait de l’environnement sa priorité car il ne suffit pas d’édicter les règles protectrices, mais aussi de rendre la répression effective.

La législation existe, mais aucun mécanisme de suivi n’est mis en place. Parce que la question de l’environnement est aujourd’hui une notion interplanétaire étant donné la gravité des dangers liés à l’environnement et de ses implications qui sont du reste majeurs, il revient aux Pouvoirs publics de disposer suffisamment des moyens juridiques forts, coercitifs afin de faire face à ces questions car l’environnement est un partenaire involontaire et obligatoire pour faire l’objet d’une question importante et envisager ainsi l’avenir avec optimisme.

Les menaces (du fait des populations ayant empiété, violé et dégradé l’environnement) qui pèsent sur le PV sont évidentes au point de menacer son existence. Et pourtant il est nécessaire de protéger pour mieux gérer le PV dans un souci de conservation de son espace naturel et des espèces animales et végétales, et de lui permettre de participer ainsi à son échelle sur le plan mondial à la lutte contre le réchauffement climatique d’une part et les bénéfices à la fois matériels et immatériels qui en résultent étant énormes, contribuent d’autre part au budget de sa localité.

Ces objectifs à la fois économiques, sociaux et environnementaux intègrent un secteur de plus en plus important à l’échelle mondiale, celui du tourisme de nature. L’écotourisme se présentant aujourd’hui comme le secteur d’activité fleuron, à terme devrait se substituer à la manne des capitaux qui ont contribué à la protection et la réhabilitation du PV pour en faire une véritable aire protégée, d’attraction du fait de ce que ce secteur est un réservoir de nombreuses opportunités d’emploi, ainsi qu’une source d’apport de devises à même de favoriser les autres activités génératrices de revenus.

Sur le plan de la recherche scientifique, les richesses dont regorge le PV n’ont jusqu’alors été explorées, or le développement de l’écotourisme, des randonnées pédestres, etc. ne saurait se faire sans une meilleure connaissance des espèces aussi bien de la faune que de la flore.

La protection et la conservation de l’espace Vita dans la perspective de remplir ses fonctions sportive, touristique, environnemental et économique, dans une dynamique spatiale d’attractivité exige de la part des pouvoirs publics locaux/nationaux une appropriation totale des enjeux dont il est l’objet.

Aussi ces enjeux de valorisation et de protection du PV passent également par sa promotion auprès des populations locales et de la communauté internationale sans oublier les investisseurs privés. Cette promotion doit découler de ce que les pouvoirs donnent au PV pour en attendre les retombées telle la création ici de nombreuses activités thématiques pour meubler son tourisme.

Il s’agit de réaffirmer le rôle de cette nature sauvage comme l’un des facteurs importants de conservation tant de la diversité culturelle que biologique en même temps qu’un outil de développement local dans le cadre de la décentralisation. Sous cet angle les pouvoirs publics loin d’être des acteurs passifs doivent s’affirmer dans leur rôle « comme un des éléments essentiels et partie prenante du système local de production. Leur rôle est donc, pour ainsi dire, permanente et dynamique (105)»

En effet, les regards prospectifs sur le PV nous imposent une démarche sur trois axes :

-Les principes généraux,
-Les fixations sur le concret ou la valorisation du PV par rapport à son espace,
-Les « attendus » de la réhabilitation(106)

105 ESSOMBE EDIMO J.R. : « spatialité et développement économique : Douala entre le hasard et la nécessité”, éd. L’Harmattan, Coll. « Etudes Africaines », Paris, 2007
106 Les travaux de réhabilitation ont été initiés par les Pouvoirs publics et se chiffreraient à plus de 500 millions de francs CFA avec entre autre la restitution du PV dans ses limites originelles.

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