Conclusion

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Si le musée a pu déployer son espace à l‟extérieur de son cadre architectural c‟est d‟abord grâce à une informatisation de la société française dans les années 80 avec l‟apparition de la numérisation et du réseau Internet En effet l‟image dématérialisée va permettre une reproduction des oeuvres à l‟infini, ces dernières vont bénéficier grâce à internet d‟une diffusion rapide et peu couteuse.

C‟est dans cette perspective que le musée développe sa capacité à aller vers le public, en s‟insérant dans son quotidien par le bais de ses appareils technologiques, lui évitant la démarche parfois effrayante ou fastidieuse de se rendre directement à l‟institution Il crée alors une communauté virtuelle qui sort du cadre matériel autours de ses collections.

Les enjeux de cette multiplication et dématérialisation du musée concerne la survie de l‟institution elle même et de ses publics d‟ou la nécessite pour lui de faire de sa communauté virtuelle une communauté en lien avec le territoire matériel. En effet le développement de ses technologies peut poser la question suivante : Arriverons nous un jour à la disparition totale du musée matériel pour qu‟il ne devienne plus qu‟une dynamique ou une expérience, une ambiance ou inter changeront des communautés dans une multitude de formes et d‟espaces de plus en plus difficiles à identifier ? Car le risque est bel et bien la dissolution de l‟identité du musée dans la multiplicité des connections.

Cette question est plus que jamais d‟actualité quand la nouvelle campagne de publicité du musée Bilbao arbore pour slogan : « Guggenheim Bilbao Ce n‟est pas ce qu‟on voit, c‟est ce qu‟on sent » (1) On conçoit bien l‟importance qui est désormais donnée au musée, concernant son identité virtuelle subjective et insaisissable. Cette campagne reflète bien les questions que se posent actuellement le musée : Comment donner matériellement une identité a quelque chose d‟impalpable : une substance perceptible par tous de la même façon ? Un nuage de fumée émane du corps du musée afin d‟opposer l‟idée d‟un musée matériel à l‟idée d‟un musée davantage spirituel La vapeur noire composée d‟une multitude de points représentant les pixels d‟une dématérialisation numérique représente à la fois l‟incarnation du musée en reprenant ses formes que l‟on peut deviner dans une rose stylisée: l‟essence impalpable : l‟émotion du sensible.

(1)Sud Ouest Dimanche, 24 avril 2011, p12

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