B. Le voyageur des transports en commun

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Debout dans l’autobus bondé et surtout à travers les longs couloirs du métro, c’est encore avec ses pieds qu’on se déplace. Raymond Queneau, dans Exercices de Style, dessine une autre figure du flâneur, celle du voyageur urbain : un narrateur aux 99 voix, qui prend inlassablement l’autobus S et voyage dans la langue. D’après Michel de Certeau, « dans l’Athènes d’aujourd’hui, les transports en commun s’appellent metaphorai. Pour aller au travail ou rentrer à la maison, on prend une “métaphore” — un bus ou un train (59)». A Toulouse, où la municipalité a demandé à des artistes d’ « intervenir » dans les stations du nouveau métro, Sophie Calle a créé un service de « transport amoureux » : des textes soumis sur le site Internet du projet défilent sur des écrans vidéo, pour faciliter la rencontre d’inconnus qui se sont regardés sans oser se parler (60).

59 Michel de Certeau, L’invention…, p. 171
60 http://www.transport-amoureux.vu/

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