ANNEXE 3 : Retranscription des entretiens enseignants

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Entretien 1 : Mé. S., enseignante CCFS

M : Alors tu es enseignante ?

Mé : Oui

M : Depuis combien de temps ?

Mé : Depuis une dizaine d’années.

M : Tu enseignes quoi en général ? le FLE, le FOS, le FOU ?

Mé : Le FLE, vraiment, ya pas d’objectif spécifique, ils sont adultes, donc FLE

M : Tu as déjà entendu parler du FOU ?

Mé : Oui, ici il existe des formations pour se préparer à l’université, ms moi je n’en donne pas

M : Dans le centre il y a des formations spéciales ?

Mé : Oui il y a des sessions spéciales de préparation à la licence et au Master.

M : D’accord, et ce sont des cours de quoi ?

Mé : Je ne connais pas exactement le contenu parce que ce sont des cours donnés par des profs qui travaillent en
université je crois, je suis même pas sure, et ils préparent dans différents domaines, plutôt sciences ou plutôt
sciences humaines…je sais pas te dire.

M : Et par contre dans tes cours, tu as quand même des étudiants qui se destinent à faire leurs études en France ?

Mé : Oui

M : Pourquoi ils ne vont pas s’inscrire directement au cours de préparation ?

Mé : Parce qu’ils n’ont pas encore le niveau. En fait pour ces cours il faut déjà avoir un niveau avancé, au minimum
avancé, voire supérieur parce que l’objectif c’est surtout de les préparer aux méthodes de travail de l’université,
aux travaux de recherche etc…

M : Donc c’est quand ils ont un niveau B1 ou B2 qu’ils peuvent suivre ces cours là ?

Mé : Oui, plutôt B2 même parce que c’est fermé au niveau B1.

M : D’accord. Est-ce que tu penses que les étudiants que tu as en cours, qui se destinent à faire leurs études, ils ont
suffisamment de préparer pour se préparer ou toi tu assez de temps pour les préparer ?

Mé : Pour les préparer à quoi ?

M : À la langue, ce qu’ils vont utiliser, la langue écrite, la langue orale ?

Mé : Dans le temps qu’ils se sont accordés avant d’entrer à l’université pas toujours, ms après ça dépend des filières dans
lesquelles ils veulent travailler, ms effectivement souvent j’ai estimé que c’état insuffisant. Ils se donnaient une
année pour apprendre la langue et ensuite intégrer l’université, et souvent c’est insuffisant pour certains
domaines comme par exemple la psycho, on a besoin d’une excellente maîtrise de la langue.

M : Et donc toi dans tes cours est-ce que tu intègres des compétences comme l’interaction, la médiation, l’institutionnel,
comprendre le système en France, ou travailler les méthodes spécifiques ?
Mé : Alors non. En vue d’un travail universitaire, non parce que c’est aussi dépendant des niveaux que j’ai, j’ai
souvent des niveaux élémentaires et intermédiaires, donc je travaille pas sur ça, mais je leur demande, je leur propose de
faire un CV, des Lettres de Motivation s’ils veulent que je les aide, donc je leur montre comment ça fonctionne et après
oui, on leur explique un peu le système universitaire, je leur donne des conseils s’ils désirent passer le DELF , le DALF
ou le TCF comme c’est souvent obligatoire pour entrer à l’université, mais en fait ça dépend de leurs besoins. Si je vois
que beaucoup d’étudiants font la demande mais en général, j’en parle, je présente tout ça et je vois quelles sont les
réactions, si ça les intéresse et dans ce cas là je vois si on peut continuer…

M : Donc par exemple, sur le groupe que tu as en ce moment, ce serait quoi la répartition un peu près par profil de te
étudiants ? ceux qui veulent faire leurs études, ceux qui travaillent, ceux qui sont là par plaisir ?

Mé : Je dirais un cinquième de chaque, j’ai pas évalué, tu me prends un peu au dépourvu, mais sur une douzaine
d’étudiants y en avait 2, 3 qui travaillaient, qui avaient une famille, ou qui faisaient une formation professionnelle. Là les
2,3 que je t’ai présenté qui veulent entrer à l’université, d’autres qui sont là pour enrichir leur cursus universitaire. D’autres
qui sont là juste pr s’amuser, faire du tourisme, voilà !

M : Alors, est-ce que t’as déjà utilisé un dispositif d’enseignement médiatisé ?

Mé : Non, je ne connais pas.

M : Tu vois par exemple un logiciel qui propose des exercices en ligne pour apprendre le français …

Mé : Pas dans le cadre des CCFS, ailleurs j’avais travaillé dans un centre de langues, on utilisait un logiciel, d’ailleurs ya eu
toute une discussion sur le changement de logiciel aussi, bon voilà. Là je viens justement de leur donner une liste de sites
à consulter pour continuer à travailler un peu de façon indépendante

M : Des sites d’accès libre ?

Mé : Oui en accès libre ou qu’ils peuvent trouver eux-mêmes sur internet

M : Pas forcément des plateformes où il y a un suivi individualisé par étudiants, des sites payants quoi ?

Mé : Non, non mais par contre je leur ai donné le site de fle.Fr, s’ils avaient le désir de continuer le cours mais avec
différents programmes, je veux dire des programmes différents de ceux que nous avons, je leur ai donné ce lien pour
qu’ils puissent chercher une autre école, d’autres types de formation pendant l’été parce que je sais qu’ils vont faire autre
chose.

M : Donc l’école où tu travaillais avant, quand tu as utilisé le logiciel, c’était comment ? Tu faisais du tutorat, c’était en
complément de tes cours, tu faisais quoi ?

Mé : Alors c’était un peu spécial parce que dans cet établissement j’ai fait un audit linguistique, donc moi je ne travaillais
pas, donc moi j’étais là pour évaluer les besoins des apprenants, des stagiaires, on les appelait comme ça, et de voir en
quoi le logiciel pouvait répondre ou non à leurs besoins, et en chercher un autre.

M : tu te rappelles ce que c’était comme logiciel ?

Mé : Le logiciel, non je me rappelle plus, c’était il y a 11 ans à peu près, mais le logiciel qu’ils ont utilisé par la suite c’était
« pas de problème », mais c’est très vieux, c’était ya 11 ans alors, tu vois je sais même pas si ca existe encore.

M : Donc eux, ils ne l’utilisaient pas en autonomie ? Ils l’utilisaient en plus dans leur école de langue ?

Mé : Oui, et c’était justement ça l’idée, c’est d’encourager les stagiaires à travailler en autonomie donc trouver
quelque chose qui pourrait leur permettre de… à la fois de le faire accompagner par l’enseignant et en même
temps tout seul.

M : Et toi est ce que tu imaginerais de travailler comme tu le fais en ce moment en cours et en plus de proposer aux
étudiants une plateforme sur laquelle tu les aiguillerais?

Mé : Oui, j’ai cherché ça. Je voulais le faire ce semestre et j’avais trouvé un livre à la bibliothèque qui propose de travailler
en ligne et qui correspondait justement à un niveau B1, mais j’ai pas eu l’occasion de l’utiliser, mais oui j’aimerais
faire ça. Mais généralement ce que je fais avec mes étudiants ce que je leur propose de faire des recherches sur
internet, je les encourage à aller chercher les infos par eux-mêmes pour compléter le cours, donc parfois je ne
leur donne pas la réponse, c’est à eux de la trouver, je leur demande d’aller chercher, voilà !

M : Donc toi tu te sentirais, si par exemple on te proposait en plus de ton cours ça, donc le cadre de ton travail, tu serais
plutôt curieuse de ça, impliquée là dedans, volontaire ?

Mé : Oui, bien sur parce que les moyens en classe sont assez limités, le tableau, il faut le rétroprojecteur, c’est
encore une installation, plus les docs audio, donc moi ça me manque dans mon travail d’avoir quelque chose d’un peu
plus concret à leur présenter.

M : Et donc d’une manière générale, qu’est ce que tu penses de ce type d’enseignement, à distance ? Est-ce que tu penses
que c’est utile ?

Mé : Alors j’ai connu des personnes qui ont suivi des formations totalement à distance, pas en cours, pas en face à face, et
oui ça a eu une utilité, notamment des ingénieurs qui travaillaient comme expatriés, ils étaient obligés de faire des
formations comme ça, par téléphone aussi, oui ya eu des progrès, c’est une autre façon de travailler avec la personne mais
oui ya eu une efficacité.

M : Donc c’est utile, c’est efficace tu penses ?

Mé : Oui, ya énormément de communication, ya une communication très fine qui n’est pas une
communication de groupe, ce sont d’autres problématiques, ya une communication très fine entre le prof et le
stagiaire pour vraiment travailler sur les besoins de la personne, alors que moi je suis dans une dynamique de classe,
donc c’est différent.

M : Et il faudrait travailler surtout quoi alors sur le logiciel ?

Mé : Pour une classe ?

M : Non, tu dis que c’est une communication très fine avec l’apprenant, alors sur quoi ?

Mé : Alors ce dont j’avais entendu parler, parce que moi j’ai jamais expérimenté, je peux pas te dire ce qu’il faudrait
changer, mais j’avais entendu parler surtout de moyens de transmettre des corrections de manière à ce qu’elles soient
bien comprises et c’est ça qui posait souvent problème. C’est le retour du prof sur ce que le stagiaire produisait, il fallait le
formuler, le mettre en forme de manière à ce que ce soit compris et c’est pas toujours évident quand on n’est pas en
face à face parce qu’on ne peut pas se rendre compte de ce qui passe, ce qui est saisi ou pas. Donc c’était
souvent ça qui manquait.

M : Parce que globalement tu vois, je pensais développer dans mon mémoire, c’est de dire que les enseignants sont face à
des publics hétérogènes, donc ils ne peuvent pas faire de FOU et qu’en plus il manquait peut être de temps, et donc que
ca pourrait être bien qu’en complément de leur cours on propose une plateforme d’enseignement qui s’adresse à ce type
là de public pour qu’ils puissent travailler les compétences spécifiques à leurs futures études en complément du cours.
Donc tu en penserais quoi ?

Mé : Oui, oui je serai très intéressée parce que j’ai fait pendant pas mal de temps la préparation au DALF. Je trouve ça
très intéressant de travailler sur un objectif spécifique et la méthodologie de travail à la française, s’exercer aux
types d’écrits universitaires. Ca ne demande pas tant d’heures que ça. Ca pourrait être comme tu dis un complément.

M : Et si c’était l’inverse ? c’est-à-dire qu’en classe tu travailles tout ce qui est production écrite et production orale et que
le logiciel s’occupe lui de tout ce qui est linguistique, grammaire etc..

Mé : Je sais pas, j’ai pas une vision de la grammaire aussi détachée de la communication. Donc je vois mal un logiciel
donner les cours que je donne en grammaire, parce qu’à côté de la grammaire ya aussi le vocabulaire qu’on
utilise que je sais qu’ils connaissent, donc on travaille sur des thèmes, voilà, ça me semble difficile de séparer
complètement les deux.

M : Tout est associé ?

Mé : A la rigueur, qu’il y ait un cours de langue et après un cours de méthodologie au travail universitaire,
d’accord, ms qu’on sépare totalement la grammaire de la communication ça me semble étrange. Après ce serait
des exercices systématiques, pourquoi pas ? Quand on parle de séparer la grammaire, ce serait un peu pour systématiser
certaines structures.

M : Oui, c’est ça, ça permet aux étudiants de faire plus d’exercices.

Mé : Ce sera un complément, ms ça pourra pas être à la place d’une explication, d’une interaction et surtout pr
essayer de les mettre en application, c’est-à-dire que si je vois un sujet, en général je leur demande au minimum un
travail écrit en réutilisant ce qu’on a vu autant en grammaire qu’en vocabulaire donc… et on fait exactement la même
chose à l’oral. Tout de suite, je leur demande de réutiliser, on fait des débats, des discussions qui vont amener à utiliser
tout ça.

M : Et tu estimes que tu as assez de temps pour faire tout ça ?

Mé : Non, c’est ça qu’est incroyable. J’ai des étudiants en intensif, donc 4h par jour et je n’ai jamais assez de tps pour
tout faire. Je sors toujours frustrée, j’aimerais tellement faire plus de choses au niveau de la communication

M : Donc justement le logiciel pourrait te libérer du temps sur quoi ?

Mé : Plutôt sur la systématisation, ça oui, ms il y aurait un mini de temps consacré à un retour sur ce logiciel
dans l’espace de la classe, je pense que par exemple je leur donne des exos supplémentaires, je les corrige, mais on n’en
parle pas, c’est pour ceux qui veulent, pour continuer dans la progression du cours. Ms ya toujours des questions, ya
toujours 2 ou 3 personnes qui n’ont pas compris, qui posent des questions, et pourtant ils ont tous les outils en main

M : Donc ca te freine quand même dans la progression ? les exercices, les corrections, les explications…

Mé : Non c’est pas un frein, pour moi ce qui est un frein c’est de pas avoir suffisamment de temps pour tout
réutiliser et de manière …

M : Plus de production ?

Mé : Oui, voilà c’est ça, mmmm. Après toujours dans la perspective de ce logiciel qui viendrait compléter s’il fallait un
petit temps pour le retour ce ne serait pas un frein, ms un plus. Pour quelque chose du type « apprenez vos
conjugaisons et exercez vous » on n’a pas besoin de passer tant de temps que ça en cours, ils peuvent le faire
ailleurs.

M : Tu penses que ton employeur serait prêt à payer un logiciel ?

Mé : Non, je ne pense pas sauf s’il avait une obligation en terme de label, mais si ça ne change rien à l’image, non.

Entretien 2 : C. B., Alliance Française Grenoble

M : Alors est-ce que vous pouvez vous présenter rapidement, depuis combien de temps vous enseignez, où etc… ?

C : Alors j’enseigne depuis 2004, ça fait huit ans. J’ai enseigné dans beaucoup de structures différentes et au départ avec
des personnes en insertion socio-professionnelle, pas des primo-arrivants, au tout début mais plutôt qui étaient en
recherche d’emploi. Ensuite, j’ai travaillé avec des publics de primo-arrivants donc sur le contrat d’accueil et d’intégration,
la préparation du DILF, et puis j’ai travaillé aussi avec des publics français pour des remises à niveau, et depuis août
dernier je travaille à l’Alliance française avec des publics plus étudiants et professionnels qui travaillent essentiellement sur
le polygone scientifique. Donc des publics là purement FLE, avec d’une part des groupes avec des personnes qui
préparent leur entrée à l’université, donc des personnes qui préparent le DELF B2 ou le TCF pour pouvoir entrer à
l’université en France, ou bien des personnes qui vivent en France et qui ont besoin d’améliorer leur français et qui vivent
ici de façon durable ou bien des personnes qui travaillent au CNRS, au CEA et qui ont une formation linguistique
financée par leur employeur.

M : Et donc ces étudiants, ils sont ensemble en cours ?

C : Les étudiants sont dans des cours principalement le matin puisqu’ils ont une formation assez intensive avec des cours
tous les matins, ms dans ces groupes on peut aussi intégrer toute personne qui serait dispo sur cette plage horaire. Donc
on va pas avoir les gens qui travaillent au polygone scientifique, des conjointes de chercheur ou des personnes qui n’ont
pas d’obligation professionnelle ms qui ne sont pas étudiants, qui n’ont pas cet objectif.

M : Donc sur les cours où vous avez des étudiants, ils sont en majorité ?

C : Oui, j’avais un niveau A2 +, B1, donc sur ces niveaux là on a une plus grande proportion d’apprenants qui ne sont
pas de futurs étudiants que sur les niveaux plus avancés. Sur les niveaux B2, B1+, je pense que c’est 80 à 90%
d’étudiants alors que sur les niveaux plus bas, c’est entre 60 et 70% de futurs étudiants. Comme généralement, ce
sont des étudiants chinois, ils doivent faire 500h de français pour obtenir leur visa pour venir en France, donc quand ils
arrivent ici ils ont au mini un niveau A2. Mais l’enseignement qu’ils reçoivent en Chine est sûrement différent des
compétences dont ils vont avoir besoin pour entrer à l’université. Par exemple, certains passent le TCF en Chine
mais un TCF passé en Chine n’est pas valable pour rentrer à l’université, il faut avoir passé le TCF ici, en
France.

M : Est-ce que les étudiants se rendent compte quand ils arrivent qu’ils n’ont pas le niveau suffisant pour entrer à
l’université ?

C : Oui, ils le savent très bien car quand ils arrivent, ils viennent s’inscrire directement ici pour suivre des cours de
français.

M : Donc en moyenne, ils passent combien de temps à étudier le français en France avant de commencer leur cursus ?

C : C’est complètement variable d’une personne à l’autre. Certaines de mes collègues ont eu des étudiants pendant 2 ou
3 ans, après ça dépend des personnes, de sa motivation… Là j’ai deux personnes qui sont dans un groupe B2 et je
crois qu’ils en sont à un an de cours et ils pourront bientôt rentrer à l’université, ils viennent aux cours du matin et du
soir, et ils sont très motivés. Mais je crois qu’ils sont déjà arrivés avec un niveau qui était haut.

M : Donc vous les préparez pour le DELF, le TCF ?

C : Oui, on les prépare pour les deux, et il y a aussi un accompagnement, qui est difficile à mettre en place car il n’y
a pas de ressource. Pour le DELF, le TCF, ya pas de problème, il y beaucoup de livres, ms ce qui est difficile c’est
pour les inscriptions et la lettre de motivation parce que là ya pas d’outils. J’ai cherché sur internet, j’ai pas trouvé
le moindre outil pour aider à rédiger cette lettre de motivation, dans ma vie à moi j’ai jamais eu à le faire, donc le seul truc
c’est de prendre une Lettre de Motivation type travail et essayer d’adapter ce modèle mais c’est vrai que c’est un peu
bizarre, c’est pas facile à mettre en oeuvre en atelier.

M : Est-ce que vous avez déjà entendu parler du FOU ?

C : J’en avais déjà entendu parler, ms j’ai découvert l’acronyme l’autre jour avec vous quand on a lu le papier.

M : Explication du FOU. Est-ce que vous développez ces compétences là dans vos cours ?

C : Oui, j’essaye. Tout ce qui est culturel par rapport au monde universitaire, c’est peut-être le plus facile parce qu’on
travaille sur le vocabulaire et puis utiliser ses souvenirs à soi pour les confronter à ces différences là. Après tout ce qui est
méthodologie, c’est plus difficile car on manque d’outils pour trouver la méthodologie adaptée aux étudiants
étrangers. Je sais qu’il y a un livre et qu’on l’a ici, mais c’est un pavé théorique. Quand je suis en train de préparer un
cours, j’ai pas le temps de me plonger dedans.

M : Oui, en effet, ça décrit la théorie, et toute la base de la réflexion là-dessus.

C : J’ai pas encore pris le temps, et on a toujours la tête dans le guidon avec beaucoup d’heures de cours, donc il
faudrait que je prenne le temps de le lire vraiment.

M : Donc vous n’avez pas vraiment le tps de le travailler en cours ?

C : La Lettre de Motivation, je l’ai travaillée malgré tout mais en me servant de mon expérience « insertion
professionnelle » et en adaptant le modèle de la Lettre de Motivation professionnelle à l’université parce qu’on retrouve
les mêmes choses : expliquer pourquoi on veut quelque chose, pourquoi on a les compétences, parler de ce qu’on a fait
avant, donc voilà j’ai surtout travaillé ça, le lexique aussi, c’est surtout ça, et après sur le linguistique pour la préparation
aux examens qui permettent de rentrer à l’université.

M : Ms par exemple, pour la production écrite, est-ce que vous travaillez des productions type « note de synthèse,
dissertation »…

C : Je n’ai pas le niveau pour ça. En A2+, c’est un peu complexe.

M : Vous diriez que dans votre temps de cours en présentiel, vous répartissez comment votre temps d’enseignement par
compétences ?

C : J’essaye de faire un peu de tt sur une séance de 2h30. Je fais tjs de la production orale car il y a beaucoup de
retard, ce sont des publics qui ont du mal à arriver à l’heure donc en attendant on fait de la production orale, pas
systématiquement mais ça arrive. La compréhension orale, en dehors de me comprendre moi, j’en fais une séance sur
deux, et de la compréhension écrite on va dire pratiquement à chaque fois et la production écrite c’était quelque chose
que j’avais tendance à faire faire à la maison, mais là encore les gens ont du mal à rendre leurs travaux à temps, donc
maintenant je le développe de plus en plus en cours.

M : Est-ce que vous passez du temps à expliquer la grammaire, faire des exercices ?

C : Oui

M : Systématiquement à chaque cours ?

C : La grammaire, j’essaye de faire un petit point systématiquement à chaque cours.Et du lexique aussi…

M : Et donc les étudiants, est-ce qu’ils vous ont déjà formulé leurs besoins, leurs envies ? Ils vous ont parlé de la Lettre de
Motivation mais est-ce qu’il y a autre chose ?

C : Par rapport à l’université ? et bien pas trop, ils expriment pas tellement. C’est souvent difficile de faire ressortir des
besoins concrets. Souvent ils disent « Oui on veut mieux écrire, connaître plus de vocabulaire », mais c’est très
difficile d’obtenir qqch de tangible, de concret. Donc par rapport à l’entrée à l’université, pour les niveaux que j’ai, j’ai
l’impression qu’ils sont encore loin des réalités de la chose et que c’est peut-être pour ça qu’ils ont du mal à exprimer
des besoins. A priori en Chine, c’est très différent l’enseignement universitaire de celui en France, alors est-ce que c’est
aussi pour ça qu’ils ont du mal à concevoir la chose ? je ne sais pas.

M : Ou sinon ils ont peut être plus besoin dans un premier tps de français courant pour leur vie quotidienne, et ensuite
de s’orienter là dedans.

C : Oui j’ai l’impression, et puis je pense aussi que ça dépend de la filière qu’ils envisagent. Enfin, eux, ils voient peutêtre
les choses comme ça, que s’ils envisagent une filière de commerce ou en socio ça ne va pas être les mêmes besoins.
Ms par contre les besoins pr l’écrit, type texte argumenté ou une dissertation, ça vient jamais, parce que peut-être
qu’ils savent pas que ça se passe comme ça, ils ont du mal à concevoir.

M : Alors quand ils vous font des productions écrites, quelles sont leurs erreurs les plus fréquentes ?

C : Les textes ne sont pas structurés. Donc c’est qqch qu’on travaille beaucoup.

M : Pas structuré, cad ?

C : Ya pas de connecteur, c’est un bloc, pas de point, pas de virgule…ponctuation, connecteurs, présentation et puis
ils écrivent au fil de la plume, ils font pas de plan, et c’est vrai que c’est pas facile de faire comprendre, même si c’est
pour raconter sa journée d’hier c’est quand même pas mal avant de prendre un petit temps de réflexion, de noter ses
idées avant de se lancer dans la rédaction. Ils ont tendance à tout de suite se lancer dans la rédaction et du coup ya un
manque de cohérence, commencer au passé, finir au présent, donc ya souvent beaucoup, beaucoup …Je pense que c’est
pas souvent le vocabulaire, ça souvent c’est bien, je pense que c’est plus un problème de structure de la phrase et du
texte.

M : Donc des problèmes de syntaxe. Et au niveau linguistique ?

C : Des prépositions, des temps, mais je trouve que ce qui pêche le plus, c’est la syntaxe, ya pas de titre, ya pas de fin,
voilà toutes ces choses qui sont importantes aussi pour être lisible.

M : D’autant plus dans le cadre universitaire. Par rapport à la formation que vous leur offrez, est-ce que vous pensez que
c’est adéquat pour les préparer à leurs études ?

C : On est plus sur du français général ici, donc on n’est pas sur objectifs même si dans le descriptif il y a cet
accompagnement sur cette écriture de la lettre de motivation et la préparation au DELF etc…parce qu’en plus dans le
groupe, ya toujours une ou 2 personnes qui ne sont pas concernées, et ça il faut le prendre en compte aussi,
donc peut être qu’on fait pas assez de choses en lien avec l’objectif universitaire. On est pas vraiment sur
« comment ça va se passer une fois à l’université », mais plus sur « comment entrer à l’université » et donc
comment avoir le niveau suffisant pour ensuite entrer à l’université. Je pense qu’à l’AF c’est plutôt ça. Parce que je crois
savoir qu’une fois qu’ils sont entrés à l’université, en parallèle ils peuvent avoir un cours un peu de FOU, il me semble.

M : Ca dépend des universités.

C : Ce serait peut-être bien qu’on puisse le faire nous aussi mais ça demande peut-être à ce qu’on ait une formation
sur ça parce que moi je suis peut-être pas en mesure d’enseigner ça, j’ai peut-être pas tous les éléments.

M : Oui, ou il faut prendre du recul sur ses propres études pour savoir. Je voulais aussi aborder un autre thème
concernant les TICE. Est-ce que vous connaissez ça ?

C : Oui, oui

M : Est-ce que vous avez déjà eu l’occasion d’utiliser un logiciel ou une plateforme d’enseignement à distance avec vos
étudiants ?

C : Non, jamais mais j’aimerais bien. C’est un truc qui m’intéresse. On utilise le mail mais bon ça c’est juste pour
qu’ils nous envoient des productions ou pour donner des informations.

M : Donc c’est juste pour communiquer ?

C : Oui, ms ça permet de se mettre en situation de production dans la vraie vie. Des fois, je pense à développer plus le
mail pour les faire plus produire sans qu’ils s’en rendent compte si on peut dire ça, ms j’ai jamais utilisé de plateforme
spécifiquement.

M : et est-ce que vous en avez déjà vu ?

C : Non, je ne crois pas, qqch qui serait vraiment un lien où l’enseignant intervient aussi ? C’est de ça dont vous voulez
parler ? Parce que je connais des logiciels comme « Roseta stone », mais ce n’est pas de ça dont vous voulez parler.

M : Les deux, ça peut être soit un logiciel en totale autonomie pour l’apprenant, soit qqch qui vienne en complément.

C : D’accord, donc bah oui j’en connais comme « rosetta stone » par exemple.

M : Et vous n’avez jamais travaillé avec ?

C : J’ai travaillé avec des logiciels, avec des groupes en insertion professionnelle et qui était plus adapté aux publics
débutants, ça s’appelait « assimo », je sais pas si vous connaissez, mais ça j’ai beaucoup utilisé, « lectra » aussi qui s’adresse
plus à des enfants et qui s’adaptent aussi à des adultes, des sites internet aussi bien sur comme « polarfle », « lexiquefle »
etc…

M : C’était lors de vos expériences précédentes mais ici, pas du tout ?

C : Non, ici on n’a pas de salle informatique, on a une petite salle avec deux ordinateurs et la salle des profs où on en a
quatre, ms quand on a tout le groupe c’est pas possible.

M : Est-ce que l’idée d’avoir votre cours et une plateforme en parallèle vous enthousiasmerait ? Cette idée de travail
un peu hybride ?

C : Oui, j’aimerais bien. J’aime bien la complémentarité. Je trouve qu’on ne peut pas avoir que l’outil informatique
pour apprendre une langue je pense, c’est important d’avoir le groupe, le contact avec le professeur qui apporte
aussi beaucoup d’autres choses que juste le linguistique, mais par contre la complémentarité des deux, oui je
trouve ça intéressant.

M : Quand vous dites « complémentarité », qu’est-ce que la plateforme pourrait apporter en complément du cours ?

C : Ca pourrait être une activité…peut-être pour la production écrite qui est toujours difficile à faire faire à la maison, et
peut-être qu’en passant par qqch d’un peu plus ludique, d’un peu plus interactif, il y aurait une motivation plus grande,
donc …parce que ça là ca pourrait permettre de produire pas des textes, mais des phrases, sur certaines activités,
qu’ensuite le prof pourrait récupérer pour ensuite corriger en classe. J’imagine plus qqch comme ça plus par rapport à la
production écrite et à la compréhension écrite.

M : Et le logiciel, vous dites « interactif, ludique » pour les inciter à faire une production écrite, mais bon ça reste écrire un
texte !

C : Oui, mais je pense qu’écrire sur un clavier, chez ces publics jeunes étudiants, ça les motiverait avec le côté….Je
sais pas, j’ai jamais testé, je me dis que c’est peut-être possible.

M : Et si c’est plus une solution linguistique, qui travaille la grammaire, plus ou moins d’exercices en fonction des
difficultés…

C : Oui, ce serait bien, avec un travail sur certains points de grammaire pour cts, et d’autres pour les autres cela peut
permettre de compléter et d’individualiser parce que dans un groupe c’est jamais vraiment possible d’avoir le
même niveau. Parce que quand je vois qu’une personne n’a jamais lu une règle et qu’elle se retrouve dans tel niveau
parce qu’elle est meilleure à l’oral ou qu’elle a appris à sa façon, alors je photocopie une page de grammaire qui revient sur
cette règle qu’elle n’a jamais vue et puis je lui donne et ensuite elle me dit si ça va ou pas. Mais là ça pourrait être bien
d’avoir qqch comme ça pour faire ce travail, pour rattraper ça.

M : Parce que pour ceux qui visent leurs études en France, l’écrit c’est très important.

C : Oui, la grammaire vient au service de la langue et quand je remarque qu’il y a une erreur récurrente dans la production
écrite, je travaille là-dessus. Ou bien en fonction de leur demande.

M : D’une manière générale, que pensez-vous de ce type d’enseignement hybride ? Est-ce que vous pensez que c’est
utile ?

C : Oui

M : et efficace ?

C : Oui, probablement, il faudrait tester pour voir, c’est difficile de dire sans avoir testé, mais oui. Après c’est une
histoire de moyens. Comment proposer ça aux personnes ? Comment être sûr qu’ils font bien ce qu’on leur demande ?
Après ce qu’on peut mettre en place, c’est dire « Bon, on a cours de 9h30 à 11h30, et de 11h30 à midi, on est dans la salle
informatique, » comme ça par rapport à cette histoire de motivation, il y a un temps où on n’est pas en
enseignement, ils sont en autonomie, ms on est sûr qu’ils le font malgré tout. Ou qu’ils commencent au moins.
Mais bon pour ça il faut avoir le matériel à disposition.

M : Et si par exemple cette solution est payante, est-ce que les étudiants seront prêts à payer pour ça en plus, ou bien ici ?
Est-ce qu’ils voudraient bien financer ça ?

C : Je ne sais pas du tout. Ca dépend du coût, si ca fait partie du pack pour le cours, si on le donne d’entrée de jeu, il
faudrait voir avec la direction.
Entretien 3 : C. R., Ponts et chaussées, HEC

M : Alors, est-ce que tu peux me dire depuis cb de temps tu enseignes le français aux étrangers ?

C : Depuis 2006

M : Est-ce que tu as déjà entendu parler du FOU ? Est-ce que tu as déjà pratiqué ça dans tes cours ?

C : Non parce que ça me fait rire. Comme beaucoup de collèges, le FOS ou le FOU, moi je ne fais pas la différence.

M : Tu ne vois pas la différence ?

C : Non

M : Alors le FOU c’est pour les étudiants étrangers qui viennent suivre leurs études en français en France.

C : Oui, c’est ce que je fais alors.

M : Donc si c’est ce que tu fais, est ce que la majorité de tes étudiants suivent déjà leur cursus en français ou bien ils
prennent des cours de français en plus ?

C : C’est au sein de leur formation, ils sont déjà en formation en France, ils sont déjà dans le diplôme en double cursus,
ils viennent pour deux ans, trois ans pour certains avec un stage.

M : D’accord, donc est-ce que dans tes cours, tu as uniquement des étudiants qui sont de ce type là ou bien c’est mixte
avec des étudiants, d’autres qui sont dans la vie professionnelle, d’autres qui sont là pour le loisir ?

C : Non, j’ai un tiers de mes cours à l’école des ponts et chaussées, c’est avec des étudiants qui étudient en français, un
autre tiers, c’est avec des doctorants qui font des recherches, mais plutôt en anglais, et un autre tiers c’est de la formation
professionnelle.

M : D’accord, donc on va plutôt se focaliser sur le premier type de public parce que c’est ça qui m’intéresse. Alors, d’une
manière générale, combien de temps tu as pour les former ?

C : Combien d’heures de cours j’ai par an ? Généralement, c’est limité à 150h/an aux ponts et chaussées pour les
vacataires. Moi je fais 148h/an, avec 60h en septembre, c’est le stage de formation à l’arrivée, c’est un stage
d’intégration en français, intégration sur la culture française, les études en France, le monde du travail, un peu
d’économie parce que c’est obligatoire, et du français de spécialité pour les ingénieurs et après 3h/semaine de
perfectionnement à l’écrit.

M : Donc quand tu dis, formation sur les études c’est quoi alors ?

C : Méthodologie

M : Quel type de travail ?

C : Une synthèse de documents, savoir faire un résumé, savoir faire un plan, travailler en France, les abréviations, la prise
de notes…

M : Donc tu fais du FOU ?

C : Oui, oui tout à fait, on dit « français sur objectif spécifique », mais c’est pour ça qu’on rigole tu vois,

M : Et après, est-ce qu’au niveau du lexique, ils ont des choses adaptées par rapport à leur domaine d’études, des choses
comme ça ?

C : Oui, ça c’est sur les 60h de cette…tu veux dire, pendant l’année ou …??

M : Oui, pendant l’année ou pendant la formation qu’ils ont quand ils arrivent en septembre.

C : A l’arrivée, je dirais qu’un tiers de mon programme, c’est du français de spécialité,

M : Et donc c’est quoi ?

C : Je travaille à partir de vidéos, d’articles de journaux, d’articles spécialisés, de schémas.

M : C’est un travail qui vise plutôt à développer quoi ? Le lexique, le … ?

C : Le lexique, les structures, le raisonnement, la construction d’un devoir, la compréhension de consignes, les
travaux professionnels et universitaires

M : Donc du coup, ils suivent ces 60 h de cours avant de commencer leurs études dans leur domaine ?

C : Oui

M : Est-ce que tu penses que c’est assez en temps ?

C : C’est assez sur trois semaines, oui, parce que c’est énormément d’informations. Ils vont enchaîner avec 3h ou 6h
de cours en fonction du nombre de cours qu’ils ont choisi pendant l’année, donc ils ont ce suivi, donc pour lancer c’est
intense, c’est hyper dense au niveau du programme, ms plus de 60h, leur faire sur 4 semaines, on en parlait, ce serait peutêtre
trop.

M : Pour eux ou pour vous ?

C : Pour les deux.

M : Ca les embêterait ?

C : On perdrait en…on perdrait…4 semaines, ce serait trop. Je l’ai testé à HEC pour la préparation MBA, on était passé
de trois à quatre semaines et la quatrième semaine, on est capoutte quand c’est de l’intensif comme ça.

M : Est-ce que du coup pendant l’année, si on parle de tout ce que tu leur enseignes, la répartition de toutes les
compétences par rapport à ce que tu leur enseignes, qu’est ce que tu travailles plus ou moins ?

C : En septembre, le stage de renforcement en français, c’est l’oral. La spontanéité à l’oral en français c’est le plus
important parce qu’il faut qu’ils soient aptes à être en cours.

M : Pour la production ou la compréhension ?

C : Tout. Et la méthodologie. Pendant l’année, il se trouve que j’enseigne les cours de préparation à l’écrit, donc je fais
principalement le premier semestre, c’est plus un cours basé autour de la grammaire en fonction des différents objectifs
linguistiques à l’écrit, et au deuxième semestre c’est un cours plus purement de méthodologie, des écrits universitaires
et professionnels.

M : Est-ce que tu travailles un peu avec eux les compétences d’interaction, de médiation ?

C : Oui, c’est trois heures de cours sur 13 semaines, si je ne faisais que de l’écrit, je les perdrai. Donc sur un cours je suis
obligé de développer les interactions dans les activités, de varier les activités, qu’elles se fassent à l’oral, qu’on fasse le
compte rendu à l’écrit, mais que je varie surtout les activités pour pas les perdre…parce que si je faisais que de l’écrit
3h par semaine, je les perdrai.

M : Et est ce que tu travailles un peu des choses comme leur expliquer le fonctionnement du système… tout ce qu’on
appelle l’institutionnel ?

C : Ah oui, ça c’est super important… Notamment… On a eu une réunion là, il faut qu’on insiste un peu plus… Le
plagiat par exemple. C’est un thème institutionnel qu’est…tu veux dire institutionnel scolaire, ou institutionnel…heu ?

M : Oui, c’est ça, le fonctionnement du système, les examens, les inscriptions…

C : Ah, les modalités de validation, tout ça, bien sûr, c’est sûr, après le système particulier des grandes écoles en France,
oui, le fonctionnement des grandes écoles, le comportement en classe, en France : on ne mange pas en classe, on ne
se lève pas pour aller faire pipi, tout ça…

M : Et ça tu le développes ?

C : Oh oui, oui, oui.

M : Et en général, ils sont surpris ?

C : Ca dépend de l’origine géographique. Yen a qui vont pas le dire s’ils sont surpris, on sent qu’on est strict.

M : Plus qu’ailleurs ? Et qu’il y a une organisation bien précise ?

C : Je pense qu’en FLE, moins que dans d’autres secteurs de l’enseignement en France. Mon ressenti c’est que le FLE, il
est intermédiaire entre les deux, même au niveau du système de notation, on met pas des tôles comme dans les autres
disciplines, on est plus censés.

M : Et par rapport aux besoins des étudiants, est ce qu’ils te disent ce qu’ils aimeraient bien apprendre, ce dont ils ont
besoin, pour leur vie ici ou pour leurs études ici. Est-ce qu’ils préfèrent travailler des choses qui les préparent pour leurs
études ou pour leur vie quotidienne ?

C : On négocie toujours le programme au premier cours, on voit si ça convient, je leur fais régulièrement tous les deux ou
trois cours des bilans pour savoir si on va assez vite, pour les impliquer. Dans le cours de production des écrits
scolaires, universitaires et professionnels, c’est encore plus facile parce que je leur demande de me fournir des
emails qu’ils ont écrit, on peut travailler un peu la lettre de motivation, donc j’essaye d’orienter mon cours sur des
choses concrètes et leur donner un bagage directement utilisable. Il faut vraiment que ce cours soit pratique, voilà,
une fois qu’ils sont en stage etc…qu’ils puissent revenir dans mes dossiers que je leur ai donnés, envoyés par internet.

M : et ils peuvent s’en servir ensuite réellement dans la vie pro ?

C : Normalement, c’est quasiment un bouquin.

M : Et donc quand tu leur demandes une production écrite, une dissert, une note de synthèse, enfin les choses sur
lesquelles tu les fais travailler, tu dirais que plus fréquemment c’est quoi leurs erreurs ?

C : Ca dépend de l’origine géographique. Ca va de…les fautes de grammaire, standard, la langue, et si on va dans les
niveaux plus élevés, la précision lexicale, et les erreurs dans les niveaux de langue, les registres, la subtilité.
Là…au début de l’année, je vais plutôt travailler la forme, les structures grammaticales, et vers la fin de l’année, on a
corrigé pas mal de choses, on va plutôt être dans la structure de la phrase complexe, et dans la précision lexicale…des
mots qui veulent dire qqch.

M : Donc tu penses que la préparation qu’ils reçoivent avant de commencer leurs études, elle est adaptée ?

C : Je pense qu’elle est adaptée, mais comme toujours avec les langues, ils travaillent pas suffisamment, ça veut dire
qu’on sait par expérience, à l’école des Ponts et Chaussées qu’une fois qu’ils reviennent de stage, ils disent : « j’aurais dû
bosser un peu plus mes cours de français ». Donc on essaye de les sensibiliser, beaucoup, on essaye de leur faciliter le
travail, de leur donner des instruments, de les faire réfléchir sur leurs erreurs, et de les mettre en garde avant le stage parce
qu’ils vont souvent perdre du temps, parce qu’ils ont pas bossé suffisamment. C’est le cours qui passe en dernier,
c’est normal, parce que c’est pas le cours de spécialité, ça c’est le risque, mais en leur donnant beaucoup de devoirs, on
arrive à des résultats, mais en leur donnant beaucoup de travail, mais ça peut, ça pourrait toujours être amélioré.

M : Est-ce qu’ils te disent qu’ils veulent travailler la grammaire, les règles, les choses comme ça ou pas vraiment ?

C : Non, non. Ils ont 21-22ans, ils sont déjà habitués à des techniques d’enseignement plus modernes, ce qui ne
sera pas le cas avec des publics qui ont aujourd’hui plus de 30 ans, je veux absolument travailler la grammaire, non, c’est
plus forcément comme ça. Je vais travailler la grammaire avec, au hasard, un italophone ou un hispanophone qui se
débrouille pas mal à l’oral mais qui a une structure de phrase aberrante par opposition….

M : Donc ils ne sont pas en demande de ça ?

C : Non, mais on laisse toujours une place aux questions en début de cours, ils ne demandent pas forcément des règles,
même si, comme c’est des matheux, ils aiment bien les règles, alors on leur donne les règles.

M : Des exercices aussi ?

C : Oui, mais moi je préfère plus constructifs. Répéter une structure, non, faire une liste dans le style de la grammaire des
premiers temps, plus que dans le style des exercices de la grammaire progressive.

M : Alors pour changer un peu de sujet, est ce que tu as déjà utilisé un dispositif, un logiciel, tu vois, pour enseigner ou
en complément de ton cours ?

C : Comment ça un logiciel ? une plateforme ?

M : Oui, une plateforme d’enseignement à distance par exemple.

C : Oui, bah là, je vais un peu tester là en septembre, Moodle, je vais le mettre en place. C’est l’ensemble de l’école des
Ponts et chaussées qui l’a mise en place.

M : Oui, mais donc Moodle, c’est tes cours que tu mets en ligne ?

C : Oui, les cours, les forums, des exercices complémentaires, des consignes, des documents complémentaires…

M : Que toi tu produis ?

C : Que je produis, et des liens, donc c’est un complément du cours et mes cours en pdf.

M : Donc ça, c’est un projet, mais est-ce que tu as déjà utilisé un truc comme ça ?

C : Sur Yahoo, en fait. Mes devoirs, je leur donne toujours le choix à mes étudiants, on a cours le jeudi, ils doivent me
rendre leur devoir le mercredi soir, par e-mail, c’est obligatoire. Après je leur laisse le choix, est ce que je leur rends en
version papier imprimée ou est-ce que je leur renvoie par email ? 90% des étudiants demandent par e-mail. Donc j’ai un
code notes et commentaires, à droite, un tableau que je leur distribue à la rentrée ave toutes mes abréviations sur le
type de fautes et tous les commentaires que je peux mettre en appréciation dans la marge.

M : Alors pourquoi est-ce que tu utilises ce système là plutôt que classiquement ? Tu me rends ton papier et je te le rends
la semaine d’après etc ?

C : Parce qu’on travaille en double correction. Je précise la catégorie de fautes : orthographe, structure, lexique,
ponctuation, j’ai une liste avec au moins 30 ou 40 abréviations. Ils doivent le corriger et me le rendre la semaine suivante
ou…Oui avec les devoirs de la semaine suivante. En version papier, ils vont perdre, certains avec la version papier totale,
ils vont être bordéliques. Sur internet, je perds du temps en correction, c’est plus long à corriger, mais ya pas de
possibilité de dire qu’on l’a perdu ou autre et ya une possibilité de contrôle beaucoup plus grande.

M : D’accord. Et eux, ça leur pose pas de problème de travailler comme ça ?

C : Euh…non, puisque je pense que c’est important pour travailler une langue. On n’utilise plus de stylo aujourd’hui,
presque plus, donc je pense qu’écrire sur un ordinateur, c’est important de savoir écrire directement sur un
ordinateur puis que le stylo a quasiment disparu.

M : Même dans leurs études, tous les trucs qu’ils ont à écrire, c’est sur l’ordinateur.

C : Oui, à part les prises de notes en cours, mais…

M : Ils peuvent aussi prendre les notes sur l’ordinateur…

C : Ils peuvent mais ils le font pas encore.

M : Donc toi tu utilises plutôt le support multimédia pour un complément de cours ?

C : Le suivi du cours

M : Tu leur donnes pas par exemple des activités en plus à faire ?

C : Je peux si, mais je le fais de temps en temps. Je leur donne déjà beaucoup de devoirs, donc il faut mesurer aussi. Je
leur donne beaucoup d’exos chaque semaine avec les exos complémentaires que je leur distribue déjà en format papier,
donc je pourrais donner des activités complémentaires par internet si je diminuais le nombre de devoirs.

M : Donc là c’est toi qui mets tes ressources en ligne, et personne d’autre n’y a accès ?

C : Si, mes collègues

M : D’accord, mais si tu avais à ta disposition une plateforme, du coup payante, qui développe tout ce qui est linguistique,
est-ce que tu utiliserais ça ? Comment tu voudrais qu’elle soit faite ?

C : Aucune idée… Ce que je reproche à des exercices, à ce que je peux trouver sur internet, c’est que le champ lexical
ne soit pas adapté, soit c’est trop littéraire, soit c’est trop bébé, quand je vais préparer mes exercices pour les Ponts
et Chaussées, je vais utiliser des phrases qu’ils pourront potentiellement utiliser dans le milieu scolaire ou
professionnel.

M . Donc ça reste trop généraliste ce que tu trouves sur internet ? ce n’est pas adapté ?

C : Oui, ça reste trop généraliste. Sauf si je bossais avec des étudiants en Beaux Arts, un site comme peinture FLE, par
exemple, serait pas mal. Un site comme ça serait super pour des étudiants en histoire de l’art ou en Beaux Arts. Il faut des
choses vraiment adaptées aux ingénieurs, aux…

M : Et si on fait une plateforme qui reste généraliste mais qui travaille uniquement la compétence linguistique,

C : Compétence linguistique d’universitaire ? D’ingénieur ?

M : Non, les points de grammaire tout simplement, les conjugaisons, l’orthographe…

C : Donc une méthode en ligne ?

M : Voilà, une méthode en ligne type grammaire progressive avec les cours, les exercices, donc toi tu n’as plus du tout à
t’occuper de cette partie linguistique on va dire et du coup tu ne t’occupes plus que de la production d’écrits
universitaires…

C : J’y crois pas ! Ce que je fais, moi, c’est que la grammaire progressive pour une plateforme comme ça, je pense que
c’est au prof de dire « bon, t’as vu là dans ton devoir, t’as trop de fautes sur le passé composé et l’imparfait, va bosser les
pages tant à tant de la grammaire progressive ou va bosser les pages …sur la plateforme » sinon l’étudiant ne le fera pas
par lui-même. C’est pour ça que je fais un contrôle papier. Tous les exercices que je leur donne, je les donne encore en
version papier, comme ça soit on les corrige vite fait, soit moi je regarde vite fait qu’ils les ont fait. Je dis « il faut un
contrôle », c’est des bébés.

M : Mais sur la plateforme, il peut y avoir un suivi.

C : Si je sais qu’ils ont fait les exercices, et je sais le pourcentage de réussite qu’ils ont eu dans cet exo, ça me
parait cool ! Il faut qu’il y ait un suivi, que je puisse contrôler et savoir qu’ils ont un peu bossé ça, sinon ça ne
sert à rien. Et que ce soit dans le cadre universitaire, ou même en formation professionnelle, le retour dans une classe
infantilise l’apprenant de toutes façons, c’est assez drôle ! Il faut leur faire comprendre qu’on apprend pour soi.

M : D’accord, et tu penses que s’il y avait cette solution là qui se présentait à toi, par exemple, une plateforme sur laquelle
tu as un suivi en plus de tes cours, tu penses que cela serait plus efficace au niveau de l’apprentissage de la langue ?

C : Peut-être plus facile, parce que si c’est facile à contrôler, oui. Le souci avec les nouvelles technologies, c’est que je
passe plus de temps dans mon suivi, c’est plus réactif, mais il prend plus de temps. Je dirais pour 3h de cours, c’est 2,
3h de préparation et 3h de correction.

M : Pour un cours en présentiel ?

C : Oui trois heures de cours en présentiel me donnent six heures de travail de préparation et de correction en ligne.

M : et pour la plateforme ?

C : Ce que j’aime bien c’est que c’est pas forcément visible. Je donne parfois plus d’exos aux uns qu’aux autres, et ça se
voit en classe alors qu’en ligne, les autres ne le voient pas. C’est la même chose pour les étudiants plus timides qui vont
me poser des questions sur Yahoo et pas en classe. Les moins timides font les deux.

Entretien 4 : M. M., (M2) Université de Birzeit, Palestine

M1 : Peux-tu me dire depuis combien de temps tu enseignes le FLE etc… me raconter un peu ton parcours
professionnel ?

M2 : J’ai commencé à enseigner dès ma première année de Fac, donc il y a peu près dix ans, là c’était des migrants, donc
c’était du bénévolat dans une association, donc c’était des migrants qui venaient d’arriver en France et je leur donnais des
cours de base en Français. Donc j’ai fait ça pendant mes trois années… enfin, pendant mon DEUG et ma licence.
Ensuite j’ai, donc, fait mon master 1 en FLE et en même temps j’ai enseigné à des étudiants étrangers dans une école de
commerce à Lille et ensuite je suis partie au Canada donc j’ai fait un stage donc j’enseigné dans un lycée au Canada. Et
après ça, je suis partie au Chili, j’ai enseigné deux ans donc là c’était dans 4 universités différentes et aussi dans deux
lycées dans les banlieues de Santiago. Voila. Après le Chili j’ai enseigné six mois dans une école de langue à Paris et
ensuite j’ai quitté cette école pour commencer mon VI à Ramallah où j’étais coordinatrice pédagogique donc là il y avait
une partie du travail qui était administratif et il y avait des heures d’enseignement aussi donc là au centre culturel…

M1 : Ah, tu étais au centre culturel?!

M2 : Oui, centre culturel Français de Ramallah, là j’étais coordinatrice pédagogique, ce qui veut dire, pour tout le réseau,
donc j’organisais les cours, les programmes, tout ça… pour tous les centres culturels de Palestine, donc c’est à dire de la
Cisjordanie à la Bande de Gaza et je donnais des cours à Ramallah et je donnais des formations aux professeurs, pour
les centres culturels Français des différentes villes et aussi pour les professeurs des écoles publiques de la région de
Ramallah, donc là je faisais de la formation de formateurs, et après ça j’ai commencée à travailler à l’université de Birzeit,
pendant trois ans, là en temps que prof de langue générale comme ce que j’ai fait avant mais aussi j’ai donné des cours
de didactique, j’ai donné des cours de littérature et voilà…

M1 : D’accord, parce que c’est un diplôme, c’est une licence en fait que les étudiants suivent là bas à l’université?

M2 : Ouais, enfin il y a deux choses… il y a les étudiants qui se spécialisent, et qui en effet, font leur licence en Français
et il y a ce cours de débutant, donc qui est obligatoire si on veut se spécialiser, mais qui est aussi comme cours optionnel
pour tous les étudiants de la fac qui veulent essayer le Français un moment donné.

M1 : D’accord. Et donc les étudiants qui passent leur licence en Français, ils veulent faire quoi avec ça?

M2 : ils ne savent pas trop ce qu’ils veulent faire, donc il y en a qui veulent devenir professeur de Français, ils y en a qui
se destinent à la traduction, mais il y en a beaucoup qui n’ont aucune idée de ce qu’ils veulent faire et se disent qu’ils
parlent déjà Anglais et que ce serait un atout d’avoir une autre langue en plus et donc ils prennent le Français. Aussi le
système à l’université en Palestine, en fonction de la note au DAOJINI, qui est l’équivalant du bac, on ne peut pas
rejoindre n’importe quelle filière. Donc si quelqu’un voulait faire, voulait devenir ingénieur civile pour faire du génie civil
il faut avoir obtenu 90% au BAC, ce qui n’est pas possible pour tout le monde, alors le Français, ça fait partie des
branches qui demande pas une énorme moyenne au BAC donc ils sont aussi à beaucoup d’étudiants qui
savent pas trop quoi faire, parce qu’ils ont pas forcement été brillants pendant les années scolaires.
M1 : Oui en Oman c’était la même chose à l’université. Et donc est-ce qu’il y en a qui veulent, par exemple, continuer
leurs études en France après ou dans un pays Francophone après leur licence, vous vous arrêtez à quel niveau?

M2 : On s’arrête au niveau licence. Après il y en a qui veulent faire un master, c’est vrai que c’est assez limité, en gros, en
Palestine, ils peuvent juste faire un master en éducation une fois qu’ils ont fini le Français. Parce qu’il n’y a pas beaucoup
de master à faire ici, donc pour ceux qui n’obtiendraient pas de bourse ils peuvent en effet se diriger en éducation.
Après il y en a beaucoup qui postulent pour la bourse du gouvernement Français pour, justement, faire leur master en
France. Mais là, pareil, il y en a une moitié qui postule parce qu’ils veulent partir de la Palestine et aller en
France et une autre moitié qui postule parce que réellement ils ont un projet avec une véritable envie de faire
un master, donc la par exemple cette année, on a deux étudiantes qui partent en master à la rentrée à Paris. Donc une
en sciences politiques, c’est ça, elle par exemple, elle a fait sa licence de Français qui a priori n’a aucun rapport avec la
science politique mais puisqu’elle visait ça depuis le début, elle a pris tous les cours optionnels en sciences politiques à
l’université ici pendant sa licence, ce qui lui permet quand même de valider des acquis pour faire son master,
maintenant, à Paris. Et il y en a une autre, donc, qui va faire son master à l’ESIT, école de traduction de Paris 3. Donc
voila, pareil, c’est un projet qu’elle a depuis qu’elle est rentrée en Français. Donc ceux, en gros, qui rentrent en Français
parce qu’ils ont un véritable projet professionnel, c’est eux qui ont tendance à pouvoir obtenir des bourses parce que du
coup ils sont forcément meilleurs parce qu’ils ont une autre motivation que juste faire des études…

M1 : Oui, bin oui, c’est sûr ouais…Est-ce que tu connais le Français sur Objectif Universitaire?

M2 : Oui, un peu.

M1 : Toi, donc dans tes cours, tu disais que tu avais des cours de FLE généraliste et t’as aussi fait un peu de didactique
etc… Es-que tu as déjà eu l’occasion d’enseigner ou de pratiquer un peu ce domaine là, dans l’enseignement?

M2 : Donc avec les cours de littérature oui parce que ça devient une discipline donc on est, fin… c’est que ya des prof
qui ne font qu’une approche FLE justement de la littérature. Du coup on ne retient que l’aspect discipline et c’est en
gros un cours de compréhension écrite, et donc justement moi je me disais que non il faut garder l’aspect disciplinaire,
mais donc en effet, il faut leur apporter des savoirs faires universitaires donc sur les compétences discursives
spécifiques par rapport au travail demandé. Donc rien que savoir problématiser un sujet à partir d’un texte, savoir
rédiger un travail académique, savoir analyser des choses à partir d’une problématique, savoir construire un
plan à partir de cette problématique…

M1 : Et donc, dans quel but tu leur présentes ce type de travail?

M2 : Donc je leur explique en gros qu’en littérature, si on fait que comprendre le texte on va passer à côté de,
justement, tout le côté littéraire, et qu’il est important de comprendre le texte mais aussi de pouvoir l’analyser pour voir
que c’est pas juste un texte sorti d’un bouquin de FLE. Pour pouvoir l’analyser il faut avoir des outils précis et qu’à la
fin de l’analyse on se rendra compte qu’on a compris beaucoup plus de choses et sur le texte mais aussi sur l’histoire de
l’auteur, sur l’histoire du pays et qu’au niveau de la culture générale et de la connaissance en général on va pouvoir
acquérir vraiment beaucoup de choses. Pour ceux qui se destinent à faire leurs études en France, c’est aussi l’occasion
d’essayer de rentrer dans le types d’exercices qu’on leur demandera, qu’elle que soit la filière, c’est à dire si on fait de
la science politique, même si ce n’est pas sur un texte littéraire, il y aura une certaine démarche et une réflexion
apportée qui va aller dans le même sens, avec savoir faire une recherche à partir d’une question donnée, parce que ça
aussi par exemple faire une recherche sur internet c’est quelque chose qui n’est pas du tout facile pour ces étudiants.

M1 : Ouais, c’est sûr. Donc sur tout ton groupe par exemple, à qui tu enseignes des cours de littérature, il y a combien à
peu près d’étudiants qui se destinent a suivre leurs études en France ou en français… fin, continuer leurs étude en dehors
de Birzeit?

M2 : Une minorité, bin là par exemple, ce semestre sur un groupe de 8 étudiants il y en avait une.

M1 : Donc les autres, ça les intéresse aussi ou…?

M2 : Bin justement, je leur avais passé un questionnaire en début de cours pour voir un peu quelle était pour eux la
représentation de la littérature, qu’est-ce qu’ils attendaient de ce cours, est-ce qu’ils avaient envie de faire des cours
comme ça, pourquoi ils les auraient pris ou pas pris, en gros, à part cette étudiante qui se destinait à faire des études en
France, tout le monde avait une image très négative en disant qu’ils étaient déçus que ce soit obligatoire parce que eux ça
ne les intéressait pas la littérature. Et je leur ai donné le même questionnaire à la fin, pour demander si leur image avait
changé, qu’est-ce que ce cours leur avait apporté et donc je dirais qu’à 80% les étudiants finalement étaient très contents
parce qu’au niveau des connaissances…Mais ils ont aussi tous relevé que c’était quand même très difficile comme
cours au niveau des travaux qu’ils leurs étaient demandés. Ca par rapport à la méthodologie universitaire…

M1 : Donc là tu visais plutôt, dans ce type de cours à travailler la compétence méthodologique?

M2 : C’est pas le… l’objectif premier c’était plutôt donc sur des connaissances générales sur différents pays de la
Francophonie, mais à chaque fois je leurs demandais un devoir, donc une espèce de petite dissertation, c’est comme un
mini mémoire, c’est de la pratique pour la recherche qu’ils étaient en train de mener en parallèle pour leurs mémoires de
fin d’étude. Donc je dirais que l’aspect méthodologique ce n’était pas l’objectif premier mais c’était évidemment
nécessaire dans ce travail et en quatrième année, oui ça fait partie des objectifs du cours.

M1 : D’accord. Donc d’après ce qu’on entend par “français sur objectif universitaire” [explication du FOU] Toi tu dirais
que tu as déjà un peu travaillé ces compétences là ou pas du tout avec tes étudiants?

M2 : Alors moi pour le coup, si on prend ces compétences là, c’est vrai que c’est uniquement des compétences
méthodologiques puisqu’il n’y a qu’une minorité qui se destine à aller en France. Donc justement, moi j’ai pris l’aspect
FOU qui est pas du tout les préparer à aller en France mais plutôt les préparer à travailler dans le milieu
académique en Français. On pourrait l’appeler Français académique ou Français sur objectif académique
mais l’objectif n’est pas de les former à aller en France puisque là ça serait vraiment limité et que la plupart savent qu’ils
n’obtiendraient jamais une bourse pour le faire.

M1 : Ouais, du coup côté institutionnel et culturel, évidemment il change d’un pays à l’autre, quoi. Donc c’est pour ça
que c’est plus difficile de savoir.

M2 : Après au niveau de la méthodologie c’est vrai qu’on leur donne en gros une méthodologie universitaire
française. J’imagine que, moi j’ai fait une année d’études au Canada, la méthodologie universitaire Canadienne n’est pas
du tout la même que la méthodologie universitaire française donc, sans le vouloir, on les forme plutôt a l’université
française parce que nous avons tous été formés dans des universités françaises.

M1 : C’est intéressant…Sinon je voulais passer à un autre sujet. Je voulais parler avec toi des TICE. Est-ce que tu as déjà
utilisé toi dans tes différentes expériences d’enseignement donc là, pas spécialement celle-ci, un dispositif multimédia
pour enseigner?

M2 : Alors j’utilise beaucoup… Sur objectif FOU ou en général?

M1 : En général, là, sur toutes tes expériences que tu as eues, d’enseignement.

M2 : Ok. Donc en général, j’utilise, dans la plupart de mes cours les TICE, alors ya plusieurs expériences. Alors
il y a une expérience en cours de grammaire ou j’ai demandée à l’université de changer le cours donc il était crédité trois
heures en classe et j’ai demandé de le mettre en formation hybride, donc deux heures en classe et une heure en ligne.
Donc là c’était dans le cadre d’un cours de grammaire qui était tout à fait traditionnel et je m’étais rendu compte que le
fait de travailler tout en classe on perdait beaucoup de temps, finalement, quand on est sur la phase pratique
d’exercices systématiques. Finalement il y a des étudiants qui vont très vite et qui s’ennuient et des étudiants qui vont très
lentement et qui ont l’impression d’être brusqués et qui ont pas le temps de réfléchir et le temps de faire la correction en
classe ça prenait un temps énorme. Donc en gros sur une heure de cours on faisait peut être quatre exercices et je
m’étais dit, à la limite, si il y avait cette heure de cours qui était mise en ligne les étudiants pourraient faire beaucoup plus
d’exercices à leur rythme donc à l’université on a accès à la plateforme Moodle donc sur Moodle j’ai pour chaque unité
de cours j’ai donc mis une série d’exercices auto-corrigés donc je faisais les exercices sur Hot Potatoes, avec ça, il y a
possibilité d’avoir un feedback directement avec une explication précise comme quoi la réponse était celle-ci et pourquoi
pas une autre. Donc j’ai fait ça en grammaire…

M1 : Du coup, en ligne c’était que des exercices systématiques, et en présentiel c’était quoi?

M2 : Ce n’était pas que des exercices systématiques.
Donc d’abord en présentiel on avait une approche, on commençait le cours, chaque unité commençait en classe ou par
rapport à un corpus en grammaire inductive donc, je leur donnais le corpus et on discutait autour du point de
grammatical, comprendre comment ça fonctionnait.
Ensuite, une fois qu’on avait fini ça, en ligne, sur Moodle, j’ouvrais un chat, un forum, et un Wiki. Soit ils étaient
connectés en même temps et ils discutaient sur le chat, soit ils participaient au forum en posant des questions et il fallait,
trois jours après, tous ensemble ils consultent le Wiki qui était la fiche de grammaire. A partir des premières découvertes
en classe, ensuite ils rediscutent tous ensemble et ils mettaient tout ce qu’ils avaient compris sur le Wiki. Une fois que le
Wiki était fini, j’essayais de voir ce qui allait, ce qui n’allait pas, qu’est-ce qu’ils avaient oublié, sur quoi il y avait des
erreurs…
Une fois que tout ça était bien corrigé, ils pouvaient passer à la session d’exercices. Encore une fois, il y avait quelques
exercices en classe, parce qu’ils ne sont pas habitués à travailler en ligne, ils ont besoin de voir qu’ils ont la possibilité de
poser des questions en classe, il y avait aussi les exercices en ligne et une heure par semaine on se connectait tous
ensemble sur le chat et là donc on discutait sur les exercices qu’ils avaient fait en ligne, quand ils ont eu des problèmes,
quand ils comprenaient pas quelque chose, certains étudiants voulaient un rendez vous “one to one”, donc là j’ouvrais
un chat spécial pour un étudiant en particulier, et à la fin j’ouvrais, sur
Moodle, une fiche de grammaire que j’avais faite moi même, présentée de façon assez clair pour qu’ils puissent étudier
pour les exams.
Ensuite, en classe il y avait des séquences, il y avait des cours de grammaire à l’oral, soit avec des présentations, des jeux
de rôle, avec de la grammaire de texte avec des choses qui n’étaient pas forcément auto-corrigeables…

M1 : Plutôt une application du point de grammaire qui avait été étudié. Donc en fait, en classe, en présentiel, tu faisais la
phase, voilà, intuitive, découverte du point de grammaire et juste la dernière phase, mise en application. Tout le reste ça
se faisait en ligne?

M2 : Ouais, donc ça c’était une expérience en ligne. Une autre expérience, c’est pour le cours des débutants complets qui
est ouvert à tous les étudiants de l’université. Là c’est trois heures par semaine avec un programme très chargé, donc en
général on leur donne des exercices à faire à la maison et on leur dit, si vous avez des problèmes vous les posez en
classe, on a pas le temps de corriger tous les exercices en classe. Donc là pareil, il y a des étudiants qui ont une bonne
capacité à s’auto-évaluer donc ils peuvent venir en classe et dire: “Oui, la j’ai eu un problème”. Il y en a d’autres qui n’ont
pas du tout cette capacité. Donc à partir de là, je me suis dit que ce système là ça ne pouvait pas marcher. Il faut qu’il y
ait quand même un corrigé. Soit on photocopie le corrigé des exercices et on le met a la fin du livre soit on met, pareil
sur Moodle, une série d’exercices par semaine. Pour la grammaire c’était par thème, donc par point grammatical. La
pour le cours des débutant je mettais chaque semaine les objectifs travaillés dans la semaine et après chaque cours
j’ouvrais les exercices qui correspondaient à ce qu’on avait fait en classe.

M1 : D’accord, mais la pour le cours débutant ce n’était pas uniquement du linguistique? il n’y avait pas que des points
de grammaire?

M2 : Alors, pour que ce soit auto-corrigé c’est principalement de la grammaire. Il y avait aussi de la
compréhension écrite. Il y avait aussi des vidéos pour travailler un peu la compréhension orale. Ou bien pour la
prononciation des choses que nous avions vu en classe ; par exemple : “Bonjour, je m’appelle…” ensuite une petite vidéo
qui répète ces phrases là.

M1 : Donc tu faisais un peu tout, écrit, oral, compréhension orale… D’accord

M2 : Donc voila, soit en grammaire ou en compréhension, mais pour la production c’est quelque chose qui n’est
pas faisable avec ces outils là puisque il n’y a pas de correction automatique possible.

M1 : ouais, c’est le gros problème justement des TICE.

M2 : [ …]explication d’une autre expérience en littérature

M1 : Mais comme c’est collaboratif il y en a toujours un qui a la bonne réponse.

M2 : Donc aussi pour ce travail, ce qui est intéressant sur la méthodologie c’est qu’au début, quand ils commencent ils
écrivent tout n’importe comment, dans n’importe quel ordre et comme ça vient. Et petit à petit, je leur dis non parce
que si vous faisiez un devoir il faudrait diviser en parties qui seraient thématiques donc essayer de le faire aussi, a la fin
du semestre, quand je pose la question, il y a un étudiant qui se charge tout de suite de voir quel sont les outils
thématiques sur lesquels on pourrait faire des recherches, donc ça se fait petit à petit. Donc c’est intéressant par ce
qu’on voit que le processus cognitif évolue au fur et a mesure.

M1 : Donc maintenant, a l’université de Birzeit, tu as mis ça en place en ligne, avec Moodle avec du contenu que tu as
créé toi même. Tu n’as jamais utilisé quelque chose qui était fourni par quelqu’un d’autre?

M2 : Donc là c’est la dernière expérience qui est en méthodologie de recherche. [explication] Pour chaque unité il y a un
forum et un chat si les étudiants veulent discuter ensemble de leurs problèmes méthodologiques. Ca a été créé en
janvier 2012, donc ça a été utilisé par les quatrièmes années. J’ai fait passé un questionnaire, je vais présenter ça à une
conférence en septembre à l’université et donc dans le questionnaire que leur ai fait passé il y a les étudiants de
quatrième année qui ont dit que c’était dommage que ça n’était pas créé avant parce que là du coup ils ont dû faire
tous les modules en une fois, ce qui fait beaucoup de travail, par contre il y a des étudiants de deuxième année qui ont
trouvé ça très bien par ce que, par exemple les deux premiers modules sont “comment faire une recherche sur Google”
donc déjà “comment utiliser Google” et ensuite “comment identifier un site utilisable dans une recherche ou non”. […]

M1 : D’accord, donc toi toutes tes solutions sont des solutions hybrides? Ce n’est pas 100% plateforme, ou 100%
présentiel, c’est toujours hybride.

M2 : C’est toujours hybride…

M1 : Je voulais savoir pourquoi tu as choisi ce type là d’enseignement? Pourquoi tu n’as pas choisi de tout faire sur
Moodle?

M2 : D’abord par ce que les étudiants ne sont pas habitués à travailler seulement en ligne, il y a encore beaucoup,
du moins ici, le prof connaît tout et l’étudiant ne connaît rien. Donc le fait d’être qu’en ligne, c’est démotivant par
ce qu’ils n’ont pas le retour du prof en face et donc ça leurs pose un problème. Donc je me dis que c’est une façon de
les sensibiliser à ce travail en ligne de voir que le prof en ligne est aussi présent mais quand même d’avoir la possibilité
de le voir en face à face dans la salle de cours…

M1 : C’est important ou c’est parce que tu penses que les étudiants ils ne ce sentent pas a l’aise si ils ne te voyaient
jamais, du coup tu te dis que “bon on va aussi se faire un peu de présentiel”, ou alors toi même aussi t’es contente de les
voir?

M2 : Alors moi je suis forcement contente de les voir, mais moi quelque chose qui serait entièrement en ligne ça
me poserait aucun problème.

M1 : D’accord. Pourquoi ?

M2 : Je sais que pour les étudiants ça peut être très perturbant. Alors moi j’ai appris les langues toute seule,
justement avec ce que je pouvais trouver en ligne, donc je sais que c’est réalisable. Mais pour les étudiants, en tout cas
ici, c’est quelque chose de très compliqué. Mais par exemple, c’est pas terminé mais nous sommes en train de le
construire, un site d’apprentissage en autonomie, là totalement pour le coup, on est en train d’essayer de voir comment
régler les problèmes, justement, de ce qui est production. Donc d’avoir des tuteurs en ligne pour pouvoir donner ces
feedback sans qu’il y ait du présentiel que ça puisse être fait entièrement en fait ligne. C’est un peu compliqué au niveau
de l’institution, aussi…

M1 : Oui par ce que les enseignant après, on les voit moins.

M2 : Il y avait aussi cette question a Birzeit, quand moi j’ai donné ce cours hybride de grammaire, du salaire,
est-ce qu’il ne devait pas payer moins un prof qui fait une heure en ligne par ce que pour eux c’est moins de travail.
Alors qu’en réalité c’est beaucoup plus de travail par ce que créer tout ça penser a tous les feedback c’est un boulot
énorme mais dans l’institution ils n’ont pas encore conscience de ce que ça représente de faire un tel travail.

M1 : Dernière question, dans la production écrite, d’après toi quelles sont les erreurs les plus fréquentes?

M2 : Dans le cadre universitaire, là ?

M1 : Oui.

M2 : Il y a de tout. Il y a évidemment tout ce qui est fautes de langues, donc structure, morpho-syntaxe, morphologie,
tout ça… Mais aussi au niveau de la compétence discursive où souvent il n’y a aucune organisation. On a beau faire
un travail sur les connecteurs logiques en se disant que ça va développer une logique dans la façon d’écrire, il n’y a
aucune logique les 3/4 du temps. Ils ont aussi tendance à recracher ce qu’on a dit en cours sans se rendre compte
que ma question ne reprend pas exactement ce qu’on a dit en cours.

M1 : D’une manière générale, quel type de besoin le étudiants émettent-ils le plus? Est-ce qu’ils ont envie d’apprendre la
langue orale pour pouvoir communiquer, ou est-ce qu’ils ont envie de travailler l’écrit pour comprendre les textes, écrire,
etc…?

M2 : La c’est sûr, l’écrit ils n’ont jamais vraiment envie de le travailler. Donc c’est vraiment l’oral, et c’est là le gros
problème, en tous cas pour mes étudiants, beaucoup lorsqu’il s’inscrivent en français, ils pensent que ça sera un cours
pour parler français comme on apprendrait ça dans un centre culturel ou dans un école de langue et donc dès qu’on
arrive a un niveau où il faut travailler sur des articles de journaux, sur des thèmes d’actualités là ça les intéresse plus du
tout parce que, en gros dès qu’ils ont atteint un niveau A2+ et qu’ils ont l’impression de pouvoir se débrouiller en
français ils ne voient pas l’intérêt d’aller plus loin.

M1 : As-tu d’autres choses a ajouter?

M2 : Non, si ce n’est que par rapport à tout ce qui a été mis en place en ligne un des gros problèmes, j’imagine que
c’est comme ça dans beaucoup d’endroit, il n’y a pas assez de personnel nécessaire au niveau informatique. Pour
moi par exemple à Birzeit, c’est moi le spécialiste informatique alors que je n’ai aucune formation en informatique. Donc
je suis sûre qu’il y a beaucoup de choses qui peuvent être réalisables et qui soient plus performantes sauf qu’on a pas les
techniciens ni les techniques pour nous montrer ce qui est réellement faisable.

M1 : Il y a bien un service informatique a l’université?

M2 : Oui, mais l’université refuse de payer un support technique parce que les techniciens sont là pour autre chose, mais
pas pour ce genre de projet.

M1 : Donc ils vous donnent accès a Moodle et après “débrouillez vous”, quoi…

M2 : Et ensuite, même pour Moodle à la limite il y a très peu de formation qui sont donnée, et donc je comprends qu’il
y ait pas beaucoup de prof et dans l’équipe il y a presque personne qui veut se pencher là dessus par ce que ce sont des
heures supplémentaires qui ne sont pas payées et à la limite qui ne sont même pas valorisées par l’institution.
Donc ça veut dire s’auto-former, passer beaucoup de temps à faire ça et donc c’est assez décourageant pour
beaucoup de prof. Donc c’est l’énorme limite sur ce type de travail.
Entretien 5 : F.B, CUEF Grenoble

M : Est-ce que tu pourrais te présenter un peu, depuis combien de temps tu enseignes, où tu as enseigné, etc, ce que tu
as fait…

F : Donc moi j’ai enseigné trois ans en alliance française, à l’étranger, un an entre le Sri Lanka et l’Inde, et deux en Chine.
J’ai aussi étais instit en France pendant deux ans, j’ai passé le concours de professeur des Écoles. Et après deux ans en
école primaire en France, je suis donc retourné au FLE en Chine, l’Inde et le Sri Lanka c’était avant. Là je suis rentré en
Septembre de mes deux ans en Chine je suis au CUEF depuis la rentrée scolaire.

M : d’accord. Est-ce que tu as déjà entendu parler du FOU?

F : Oui, français sur objectif universitaire.

M : Est-ce que dans le cadre de tes cours, tu enseignes plutôt du FLE ou du FOU? Ou les deux?

F : Plutôt du FLE en fait, ici au CUEF, il y a des cours de perfectionnement écrit. Qui n’est pas toujours proposé mais
qui est proposé parfois, 20 heures de cours sur un mois. Ou là on fait des écrits donc ça peut se rapprocher des écrits
universitaires. Je ne donne pas de cours sur objectifs universitaires. C’est plutôt des cours de FLE général.

M : D’accord. toi non, mais est-ce qu’il y a d’autres collègues qui le font?

F : Oui dans les formations de CLCF, les cours de langue et culture française où ils ont des cours de FLE et des cours,
après sur thématiques : Politique, histoire de l’art, cinéma. Et sur ces cours thématiques on leur propose à leur
demande des productions orales et écrites qui sont de l’ordre d’exposé universitaire, je pense, ou d’écrit université
mais ce n’est pas moi qui donne ses cours. Là c’est des cours en amphi où l’évaluation se base sur des types de discours
écrits ou oraux qui sont de type universitaire.

M : D’accord. Les étudiants que tu as, quand ils arrivent ici ont à peu près quel niveau?

F : C’est très, très variable. Ça peut aller du A1 au B2 on va dire, en général. On va dire entre A1 et B1 parce que pour
arriver à la fac ils leur faut un niveau B2, ils doivent attester d’un niveau B2 donc en général ils prennent des cours de
FLE général, jusqu’à avoir leur DELF B2. Une fois qu’ils ont le DELF B2 ils peuvent entrer à l’université. Ce qui se
passe CUEF généralement ils prennent des cours de FLE général A1, A2, B1 après ceux qui sont entre B1 et B2, après
quelques mois de cours généraux, de cours de FLE je veux dire, ils font un semestre de CLCF, où là ils ont des cours
sous une forme plus universitaire, qui les préparent plus à l’université.

M : D’accord. Donc avant le niveau B1 vous abordez jamais de thématique propre aux études?

F : Non.

M : Pour les aider même lors des inscriptions, à écrire les lettres de motivation, les choses comme ça?

F : Oui, on aborde par exemple ce qui est lettre officielle, mais on va aborder la lettre de motivation comme on va
aborder la lettre de réclamation, autant sur des thématiques “vie quotidienne” que “vie universitaire”… C’est pas un
objectif en soi à ce niveau là.

M : Donc en moyenne les étudiants restent ici combien de temps avant de commencer leurs études?

F : D’autres auraient des données peut-être plus précises à te donner on va dire que c’est entre 6 et 12 mois je pense.

M : D’accord. Est-ce que tu penses personnellement que c’est assez pour leur préparation pour entrer à l’université
après?

F : Ça peut être limite pour des gens qui viennent avec un niveau assez bas, qui ont des langues premières ou secondes
trop éloignées du français. On peut penser aux sinophones, aux arabophones, des débutants sinophones on en a peu
pour qu’ils puissent sortir de Chine et venir s’inscrire ici en cours de FLE ils ont déjà eu beaucoup de cours en Chine en
général. Donc ils viennent avec un niveau pas tout à fait débutant, en un an eux ils y arrivent, parce qu’ils ne
viennent pas avec un niveau débutant. Mais les arabophones qui viennent avec un niveau débutant au bout d’un an
ça peut être difficile. Surtout s’ils n’ont pas une connaissance de l’anglais suffisante.

M : Et donc au niveau du public des étudiants dans la classe en répartition on va dire ce qui se dirigent pour faire
leurs études et les autres, qui sont là pour d’autres raisons… Dans ta classe, quelle est la proportion d’élèves qui
va intégrer l’université?

F : C’est une majorité ici au CUEF qui sont là pour intégrer l’université. Ils vont le faire soit ici à Grenoble soit
ailleurs, après ils vont peut-être intégrer une formation universitaire ailleurs.

M : Quand tu dis majorité, tu entends combien ?

F : Non on peut dire 90 % de ceux qui prennent des cours intensifs ou CLCF ou semi-intensif, on va dire Cours
intensifs et CLCF. Après il y a les cours du soir là c’est plus un public de chercheurs, on va dire, ou de salariés,
d’ingénieurs… Et l’immense majorité 90 % de ceux qui prennent les cours de FLE en journée, Cours intensifs, ou
les cours CLCF…

M : En cours, j’imagine que tu travailles toutes les compétences, comment tu répartis ton temps de cours entre
les différentes compétences?

F : sur les cours intensifs, de A1 à B1, il y a surtout beaucoup de compréhension, expression orale, l’oral est
favorisé sur l’écrit, peut-être, plus d’oral et d’interaction, production orale, interaction orale, compréhension
orale, un peu plus que d’écrit. Ce qui n’est pas le cas pour les cours CLCF, les cours en amphi, ou là, dû à
la forme du cours il y a beaucoup de compréhension, écrite et orale, et de production écrite plus que de
production orale.

M : D’accord. Et donc par rapport à eux, est-ce qu’ils formulent un peu des besoins, ce qu’ils aimeraient bien
apprendre etc… Ou alors pas du tout du coup tu improvises, tu suis ton sentiment à faire plus d’oral que d’écrit,
où est-ce que c’est eux qui demandent plus d’oral ou est-ce que… (!?)

F : Pour parler de ce que je connais, justement de cours de FLE intensifs, non il n’y a pas de demande
spécifique de leur part. Ce qui peut arriver a un niveau plus élevé, enfin… Non il n’y a pas de demande
spécifique de leur part Sauf pour le niveau de perfectionnement écrit, ou la c’est des petites classes, où souvent
ceux qui sont là ont justement un besoin impérieux d’écrire mieux ce sont souvent des étudiants qui se rendent
compte qu’ils ont un bon niveau à l’oral donc ils n’écrivent pas assez bien pour trouver du travail ou pour
étudier. Ce sont des gens qui soit sont des gens en train d’écrire leur mémoire de Master par exemple, ils ont un
écrit universitaire à faire, ou alors des lettres de motivation pour une recherche d’emploi.

M : Et ce besoin d’écrire mieux ça se traduit comment? Ça veut dire qu’ils ont des problèmes de vocabulaire de
syntaxe…

F : Ca dépend souvent de leurs langues maternelles. Les latinos, ceux qui ont des langues proches du français, les
hispanophones etc… peuvent avoir des problèmes de grammaire assez simples, je veux dire… Par exemple :
prenons les hispanophones ceux qui ont des langues donc proches de français, ils ont très vite un bon niveau en
oral et du coup ils feraient après des fautes comme un élève de CE2 en feraient à écrit. Ils vont écrire comme ils
parlent et là on est sur des problématiques qui sont finalement assez proches de ce que j’ai connu en école
primaire. Plus après des problèmes de structures qui viennent de la langue, il n’y a pas forcément de problème
d’organisation du texte, des problèmes d’écrit à l’échelle du texte, ce qui peut être vrai pour des gens qui ont
des langues plus éloignées du français, asiatique, anglophone… Pour les sinophones il y a un apprentissage
du texte qui ne se fait peut-être pas avec les européens.

M : D’accord. Une dernière question sur le travail écrit des étudiants: d’après toi quelles sont leurs erreurs les plus
fréquentes, quand ils rendent des productions écrites?

F : Ça dépend des langues connues auparavant.

M : En grammaire par exemple ça serait quoi?

F : Les prépositions… Les conjugaisons mais à partir d’un certain niveau c’est maîtrisé. Après il pourrait y avoir
des erreurs de préposition, je dirais… De connecteurs logiques.

M : D’accord. Et au niveau lexical, ça va?

F : Les anglicismes là peut-être… A des niveaux faibles bien sûr il y a l’influence de la langue maternelle et puis
après à des niveaux plus élevés il va y avoir des influences des langues connues, souvent l’anglais. Donc il peut il
y avoir des anglicismes ou des… Des problèmes de traduction littérale de la langue première ou de la langue
seconde, aussi des problèmes de vocabulaire, de synonyme inapproprié, oui parce que voilà, dans le dictionnaire
ils vont trouver quelque chose qui ne correspond pas à l’usage…

M : D’accord, un autre thème que je voulais aborder : les logiciels, les plateformes d’enseignement etc… Est-ce
que lors de tes expériences professionnelles, tu as déjà eu l’occasion d’utiliser quelques chose comme ça?

F : Pas de plateforme spécifique. Je peux utiliser, occasionnellement, un blog ou une page Facebook
pour donner des consignes de devoir par exemple et recevoir des productions écrites tapées des étudiants, voilà
il peut y avoir un blog…

M : D’accord, pour des échanges entre professeurs et étudiants, un blog que tu mets en place ou tu utilises un
truc existant ou quelque chose…?

F : Dernièrement j’ai utilisé, pour créer un blog, Blogspot, c’est les blogs de Google.

M : Et sinon une plateforme avec des règles, des exercices, un suivi de l’étudiant, un certain nombre d’exercices à
faire ?

F : Non. Je les envoie faire des activités sur le point du FLE parfois mais qui n’est qu’une banque d’exercices autocorrigés,
je les envoie là-dessus s’ils veulent en faire plus.

M : Et ils en demandent plus des fois?

F : Oui, parfois. Donc justement dans les classes qu’on a, qui peuvent êtres assez hétérogènes, ceux qui ont vraiment
plus de soucis sur les points de grammaires, pour lesquels on va passer plus de temps en classe, je les envoie là-dessus,
sur le point du FLE. En leur pointant sur tel point de grammaire, “fais les activités 2, 6, 12, 14”

M : D’accord, est-ce que tu trouves ça intéressant, enrichissant, de les envoyer sur quelque chose en dehors du cours,
pour qu’ils travaillent un peu plus tout seul ?

F : Bien sûr, c’est important notamment pour l’apprentissage de la grammaire de base, de la grammaire de phrase.
Pour la grammaire c’est bien que l’on fasse de l’auto-apprentissage, que l’on n’utilise pas du temps de classe pour ça. Le
temps de classe devant favoriser l’interaction. Le logiciel est plus pour l’auto-apprentissage de manière assez
déconnectée du cours.

M : Est-ce que tu imaginerais bien une plateforme, disons plus complète que ce qu’on trouve sur le point du FLE, plus
individualisée, mais qui travaillerait plus disons uniquement le linguistique, pour te dégager du temps pour travailler plus
l’interaction en classe? ça te plairait une solution comme ça?

F : Oui, si on peut imaginer qu’à chaque séance, au fil de la formation, ils ont régulièrement des activités
proposées en ligne et qu’ils font seul en dehors du cours… oui. Et puis en classe, ils arrivent tel jour en ayant a
priori déjà fait telle activité, déjà intégré tel point et donc on peut… Enfin c’est bien si on peut libérer du
temps de classe en effet pour faire moins d’exercices systématiques, de grammaire typiquement.

M : D’accord. Par rapport au besoin spécifique du FOU, justement, qu’est-ce que cette plateforme pourrait apporter?

F : Alors là, je suis vraiment pas expert dans le domaine… C’est difficile de te répondre… On peut parler de grammaire
de texte, d’organisation du texte… Je suis n’y spécialiste du FOU, ni spécialiste de l’auto-apprentissage médiatisé par
TICE, là on est dans des activités qui a priori sont, du point de vue de prof non spécialisé dans ces questions là,
paraissent plus difficilement faisables par des TICE et par des logiciels et des plateformes que des exercices
systématiques de grammaire.

M : Ca oui c’est plus facile, évidemment, à mettre en place…

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