A.2. NOEUD DU PROBLEME

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Madame Balbine vivait encore chez elle à Ganshoren lorsqu’elle a été victime d’un
accident vasculaire cérébral (AVC). Suite à cet AVC, elle a vu son autonomie se
réduire considérablement, ainsi que sa mobilité. Ne pouvant plus vivre seule, elle a
donc été conduite au Clos St Rémi par ses enfants. Son fils aîné, M. Jalon, a pris en
main la gestion des revenus de sa maman. Monsieur Jalon est entrepreneur en
bâtiment et emploie à peu près 18 ouvriers. Six mois environ après le placement de
sa maman au Clos St Rémi, une grave crise traverse le secteur du bâtiment et
touche particulièrement son entreprise, qui tombe en faillite totale. De plus, sa
femme, d’origine polonaise, décède sans aucune couverture de mutuelle. Monsieur
Jalon a de graves problèmes financiers et pour essayer de s’en sortir, il utilise tous
les revenus de sa maman à ses propres fins.

En conséquence, les factures mensuelles de sa maman sont impayées ainsi que les
cotisations mutuelles.

Face à cette situation, la famille s’est concertée et d’un commun accord, le fils cadet
s’occupera désormais de la gestion des revenus de sa maman, sous le regard de sa
soeur.

La même situation se répète car curieusement, le fils cadet a lui aussi des difficultés
sur le plan professionnel. Sa soeur gérait un magasin d’esthétique avec son mari.
Suite à son divorce qui survient au même moment, celle-ci se retrouve aussi en
difficultés financières. Tous deux utilisent à leur tour les revenus de leur maman
pour tenter de s’en sortir.

Au moment où je prends la situation en main, Madame Balbine est désorientée. Elle
n’a plus de couverture mutuelle. Selon les informations que j’ai recueillies auprès de
la Fédération des mutualités du Brabant où elle est affiliée, il faut payer environ 1500
euros pour être en ordre. En plus de cela, il y a un retard de paiement de deux mois
de loyer à la résidence Clos St-Rémi, soit environ 3000 euros. Ce montant comprend
les consultations médicales. Rappelons que le Clos St Rémi paie directement les
consultations médicales des pensionnaires et inclut les montants dans la facture à
payer à la fin du mois. Avant même que Madame Balbine ne soit insolvable à la
mutuelle, les attestations de soins n’étaient plus introduites à la mutuelle pour un
éventuel remboursement. Ces attestations sont transmises chaque fin de mois avec
les factures à chaque pensionnaire ou à son administrateur de biens.

Les personnes âgées sont exposées à un risque élevé de chute(119) ou de maladie
spontanée. Cela peut entraîner une hospitalisation de longue durée. Madame
Balbine risque donc de payer le prix plein dans une pareille situation.

119 Op cit, P 155.

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