a) La presse écrite peu présente

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Indéniablement, la presse écrite ne s’est pas encore réellement investie dans ce domaine. La crise profonde qu’elle traverse actuellement, l’attente d’un nouveau modèle économique sur internet qui ne se dessine pas encore, amènent les éditeurs de presse à être encore bien frileux. Mais parallèlement et paradoxalement peut-être, ils attendent beaucoup des nouveaux usages et des nouveaux formats pour qu’émerge un nouveau modèle économique, notamment grâce à l’arrivée des tablettes. Il faut dire que le lancement de l’iPad cristallise actuellement tous les espoirs. Quotidiens et magazines sont actuellement nombreux à proposer ou annoncer des applications nouvelles.

Il est à noter la place singulière du journal Le Monde qui est actuellement le seul quotidien à s’être mis sur le créneau du web documentaire. Indéniablement le quotidien a fait le choix de se positionner sur le secteur, sans nul doute pour ne pas s’en exclure, et peut être plus pour une question d’image que de valorisation de ce type de formats, et sans investissement financier réellement significatif. Néanmoins, il a réussi à être un acteur visible. Difficile de connaître les montants engagés dans les contenus. On sait que 2 000 euros ont été engagés pour « Voyage au bout du charbon », l’un des premiers web documentaires diffusés par le site du journal. Par contre, le quotidien ne communique pas de chiffres pour les web documentaires élaborés en interne qui constituent la majeure partie des contenus du site. Les flux financiers sont, de fait, plus que réduits. C’est pourquoi d’ailleurs, la presse écrite n’est pas réellement un interlocuteur pour les créateurs de web documentaires du type « récit interactif » en recherche de financement. Ainsi, Samuel Bollendorff pour son web documentaire sur l’obésité n’a pas pris contact avec son précédent diffuseur : « Je me suis rendu compte finalement que pour l’obésité, je n’avais pas essayé de mettre la presse dans la boucle parce que, de toute façon, ils ne financent pas un projet comme ça et ils n’ont d’ailleurs toujours pas compris qu’il fallait qu’ils financent des projets sur le web(49) ».

Peu d’argent en circulation donc, mais une recherche manifeste de contenus nouveaux à mettre en ligne. C’est ainsi que le web documentaire financé par SFR et intitulé « HomoNumericus » se retrouve sur le site du Monde.fr. C’est aussi le cas du web documentaire « Témoins du dedans » financé par l’UNICEF. Manifestement le journal a décidé de se positionner comme un diffuseur majeur de web documentaires et cherche du contenu. Car, en terme d’image, le web documentaire permet à un journal de montrer une certaine modernité, un positionnement d’avenir, et surtout, sans nul doute, une ambition pour proposer à son public une offre diversifiée. A titre d’exemple pour un journal comme Les Dernières Nouvelles d’Alsace, le fait de voir un de ses contenus, « La maraude à l’écoute des sans-abris », bénéficier durant une semaine de la visibilité du festival « Visa pour l’image », même si cela ne génère aucun revenu, assure néanmoins une exposition qui n’est pas secondaire.

Il reste que le coût d’un web documentaire est significatif et il suppose, de plus, pour être réalisé, de faire appel à différentes compétences : deux préalables qui peuvent être considérés comme autant d’obstacles pour les organes de presse.

Les chaînes de télévisions sont, quant à elles, plus habituées à financer des contenus audiovisuels du type documentaire ou reportage et ont, de fait, un réflexe plus naturel pour financer des contenus de web documentaires pour leurs sites internet. Il s’agit aujourd’hui pour les chaînes de tenter de fidéliser le public des internautes afin de conserver une certaine catégorie de public.

49 Samuel Bollendorff, Op. Cit.

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