Institut numerique

5.15.1 Du soulèvement à la chasse au pouvoir et aux conflits

En Tunisie, l‘immolation par le feu de Mohamed Bouazizi, à Sidi Bouzid, le 17 décembre 2010, a été l‘élément déclencheur d‘une vive contestation au pays du Jasmin. Celle-ci a provoqué la fuite de l‘ex-dirigeant, Zine El Abidine Ben Ali, et la mort de 300 personnes. Condamné à 66 ans de prison dans trois procès par contumace, Ben Ali a été au pouvoir pendant 23 ans avant d‘aller se réfugier le 14 janvier en Arabie Saoudite. Puis, c‘est un vent de soulèvement qui s‘est emparé du monde arabe. Les élections législatives du 23 octobre se sont conclues par la victoire du parti islamiste Ennahda.

Au pays du Nil, la colère de la rue a obligé Hosni Moubarak, à la tête du pays pendant presque 30 ans, à remettre le pouvoir à l‘armée après avoir démissionner le 11 février 2011, au bout de 18 jours de pressions. Près de 850 décès ont été répertoriés. Accusé de meurtre et de corruption, l‘ancien président est en procès depuis le 3 août 2011. Les élections législatives de l‘après Moubarak, dont la première phase a eu lieu le 28 novembre 2011, se traduisent par une victoire écrasante des partis islamistes des Frères musulmans et des Salafistes.

Alors que le président égyptien quittait le pouvoir, la Libye commençait à exprimer son ras-le-bol contre l‘éternisation au pouvoir de Mouammar Kadhafi. Une colère rapidement transformée en un conflit. En mars, Washington, Paris et Londres lancent une opération militaire dans le pays, sous mandat de l‘ONU avant qu‘elle n‘en prenne les commandes. Après neuf mois de résistance de la part des anciennes forces loyalistes, le « guide » de la révolution libyenne sera finalement capturé puis tué le 20 octobre 2011 lors de la bataille de Syrte(264). Dans des vidéos, qui ont fait le tour sur Internet, on aperçoit l‘ancien dirigeant entre les mains des rebelles, puis des coups de feu et enfin un Kadhafi à terre. Une enquête a été ouverte le 24 octobre 2011 pour déterminer les causes exactes de sa mort.

Le Conseil national de transition a formé en novembre 2011 un gouvernement de transition dont le président est Mustafa Abdeljalil.
En Côte d‘Ivoire, Laurent Gbagbo a été arrêté le 11 avril 2011 à Abidjan. Lors de sa défaite contre Alassane Ouattara à l‘élection présidentielle de novembre 2010, Gbagbo refuse de céder le pouvoir. Une guerre civile est alors en route entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara. L‘ex-président ivoirien a été transféré le 30 novembre 2011 à La Haye afin d‘être jugé par la Cour pénale internationale (CPI) pour des faits de crimes contre l‘humanité. Près de 3 000 personnes ont péri dans les violences postélectorales.

Des forces spéciales des Etats-Unis se sont déployées en Ouganda pour combattre l‘Armée de résistance du Seigneur (LRA), un mouvement de rébellion contre le gouvernement ougandais.

La Somalie est toujours dirigée par un gouvernement de transition. Depuis 1991, les islamistes shebab contrôlent la majeure partie du sud et du centre. L‘armée kényane est entrée à la mi-octobre 2011 dans le sud somalien pour combattre les rebelles.

Après un demi-siècle de conflit avec la République du Soudan, le Soudan du Sud a obtenu son indépendance le 9 juillet 2011. Il est le 54e Etat membre de l‘Union africaine. Au-delà des litiges quant aux tracés des frontières, le Prédisent du Soudan, Omar el-Béshir, et celui du Sud, Salva Kiir, s‘accusent mutuellement de soutenir des milices rebelles.

264 Voir Révélations sur la mort de Kadhafi sur le lien http://www.youtube.com/watch?v=IbX8H_kVOSk/

Page suivante : 5.15.2 Des élections par-ci, des violences par-là

Retour au menu : Les enjeux de la transition politique et humanitaire : le cas de la crise politico-militaire et postélectorale en Côte d’Ivoire