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5.1.3 Des atouts spécifiques

Les associations sont une sorte de maillon stratégique dans la chaine du développement local d’une société, chacune dans son domaine ; elles ont révélé qu’elles sont dotées de plusieurs qualités à la fois irremplaçables et indispensables, la société civile dans la vallée du Mzab met en évidence cette prédisposition à une culture organisationnelle sans doute favorisé par des atouts spécifiques liées à la proximité géographique et à la cohésion sociale et culturelle.

A travers nos entretiens avec les associations, il s’est avéré qu’elles sont détentrices d’atouts majeurs en termes de contribution au développement local, elles ont à la fois la capacité d’innover, de s’adapter et de renforcer les liens sociaux.

5.1.3.1 des organisations sources d’innovation

La relation des associations avec les institutions publiques n’a pas beaucoup évolué en terme de coopération et de participation malgré un parcours de vingt années de pratique associative, une certaine forme de rigidité interpose les deux parties sans doute liée à un certain conservatisme hérité des expériences politiques antérieures et un laxisme institutionnel. En dépit de cette contrainte désobligeante, les associations développent des formes d’innovations variées adaptées au contexte dans lequel elles évoluent.

Elles se mettent en valeur, chaque fois que l’occasion se présente pour développer des innovations structurelles ou des activités innovantes.

5.1.3.1.1 Innovation structurelle

Trouver des issues ou des alternatives pour réaliser un projet de développement local se heurte parfois à des procédures organisationnelles publiques qui ne vont pas de pair avec les aspirations des associations.
Consolidés par un projet social solide, certaines associations trouvent toujours des issues pour négocier et obtenir gain de cause et frôler en quelque sorte la législation en vigueur.

Nous citerons par exemple la fondation CAS qui s’est détaché du système éducatif national depuis 1973 pour assurer elle-même l’éducation et la formation des jeunes de la vallée du Mzab , en conservant le même système éducatif national. Un concours positif de la part de la fondation qui conforte les efforts de l’éducation nationale et du développement humain au niveau local.

Cette même fondation développe actuellement une activité parallèle pour s’investir dans le développement agricole en s’appropriant un terrain de 100 Has dans le cadre de la mise en valeur, elle veut faire de cette grande exploitation agricole un bien ‘Wakf’ de la fondation *(a travers la longue histoire de l’islam, les biens de mainmorte « WAKF » ont constitué le meilleur support de soubassement des projets caritatifs en général et des établissements de l’enseignement en particulier).

Dans son projet de formation professionnelle des femmes du ksar, l’association NABAA a trouvé des solutions parallèles pour lever la contrainte liées à la typologie sociale des Mozabites (intolérance à la mixité dans les lieux publics) en reconvertissant un ancien bâtiment communal en un centre annexe de formation professionnelle au niveau même du Ksar. La proximité du centre a libéré la femme du ksar de son isolement et lui a donné une chance pour développer ses capacités et prétendre à un avenir meilleur.

5.1.3.1.2 Des activités innovantes

L’association est un foyer d’échanges continu d’idées convergentes et d’idées divergentes, qui par la nature flexible des attitudes et des réactions entre les membres, il y a souvent une mise au monde d’une nouvelle idée qui se forge en activité innovante. L’innovation ne vient pas de la nouveauté de l’activité mais de la capacité à imaginer des solutions alternatives à un problème.

Pour enrayer le problème lié au manque de créativité dans la confection des tapis artisanaux au niveau du ksar de Bounoura , l’association NABAA a initié un concours annuel qui décernera une récompense encourageante pour le meilleur tapis. Derrière cette action il s’agit d’exciter la motivation et la créativité de la ménagère du Ksar de Bounoura.

Dans le même contexte, l’association TAZDAIT a mis en forme un outillage spécifique pour les travaux agricoles qui s’adapte à la réalisation des façons culturales au niveau de la palmeraie ; étant donné que la disposition non linéaire des palmiers est un facteur limitant pour introduire des outils modernes.
L’association compte familiariser les agriculteurs avec cet outillage en le mettant à la disposition des prétendants sous forme de location service.

5.1.3.2 une fonction d’intégration et une culture du lien social

En adoptant une démarche prudente et progressiste, les associations rencontrées évoluent dans des territoires souvent rattaché à leur Ksar d’appartenance. La complicité qui les relie avec les populations leur donne une certaine assurance et une certaine confiance pour établir une plateforme indispensable au renforcement de la cohésion sociale, en offrant des modalités de socialisation, d’écoute, de solidarité et de communication.

L’association NABAA connue pour ses activités caritatives variées , se déploie pour engendrer une culture de lien social dans la cité ( aide des ménages à améliorer leur niveau de vie , visite des malades et des personnes âgées, aide aux familles nécessiteuse, participation à l’éducation culturelle des jeunes et contribution au mariage des jeunes de la cité).

L’association AHB par son soutien et accompagnement des handicapés du ksar de beniisguen adopte une fonction d’intégration dans ses activités journalières contribuant ainsi à l’insertion de cette catégorie dans la société.

Les associations sont des structures pivots dans la configuration sociale, elles donnent d’une main ce qu’elles ont récolté de l’autre ; grâce à la contribution des particuliers et des institutions rattachées à leur causes.

Telle une structure relais, leur présence dans le circuit social s’avère d’une importance capitale.

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