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4.3.5 L\’équilibre au sein de la CEDEAO

Aucun des Etats de la CEDEAO ne disposait des capacités nécessaires pour obtenir en temps réel les renseignements sur les faits et gestes de Gbagbo et de ses plus proches collaborateurs et encore moins des commandos d’élites capables d’effectuer une telle opération de décapitation.

Le Nigeria, qui fournit l’essentiel des moyens financiers et humains de l’ECOMOG, bras armé de la CEDEAO, devait entrer en janvier 2011 dans une année électorale, poursuit l’expert.

« Le Nigeria a sa propre bataille politique à mener et le recours à la force ne serait pas une bonne initiative politique et financière de la part de Jonathan à l’approche des élections », avait confirmé Dapo Oylewole, directeur du Centre for African Policy and Peace Strategy.
« Une flambée de violence a eu lieu récemment à Jos, dans le nord du Nigeria, et ce ne serait pas un geste populaire de la part de Jonathan que de se détourner des problèmes intérieurs », avait-il dit.

Depuis l’ultimatum de la CEDEAO, les sujets illustrés d’images sanglantes évoquant les conséquences d’un recours à la force pour les ivoiriens comme pour les ressortissants étrangers se succédaient à la télévision ivoirienne.

Beaucoup parmi les 21 millions d’habitants restent des immigrés venus chercher du travail dans un pays qui fut le fleuron économique d’Afrique de l’Ouest. Trois millions de Burkinabé et deux millions de Nigérians vivent ainsi en Côte d’Ivoire.

« Jonathan doit trouver l’équilibre entre la nécessité de paraître fort et présidentiable dans la course à l’investiture de son parti, le 13 janvier 2011, et aux élections d’avril 2011 et celle de ne pas créer de précédent qui pourrait revenir le hanter », avait analyse Peter Pham.

« De plus, il ne veut pas faire campagne sur fond d’intervention bâclée, surtout quand deux millions de commerçants nigérians installés en Côte d’Ivoire lui demandent de ne pas s’en mêler », avait-il ajoute.

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