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4.3 Discussion

Les données journalières à Cotonou affichent une dérive montrant une augmentation des pluies dans les mois de mai, juin et juillet. Avec plus du quart du volume total d’eau annuel enregistré en un mois (juin 1962 : 835; 9mm sur un total de 2069; 5mm; juillet 1968 : 664; 6mm sur un total de 2470; 2mm ; juin 1997 : 622; 2mm sur un total de 2203; 3mm et juin 2010 : 583; 5mm sur un total de 2014; 6mm. De son côté, le nombre de jours pluvieux n’a pas sensiblement changé. Les précipitations de forte intensité semblent plus fréquentes dans les mêmes périodes précitées (ASECNA).

BOKO (1988) montre que les précipitations les plus abondantes à Cotonou sont enregistrées à 06 h et 12 h TU (entre 15 et 19%), sauf au cours des mois de mai et juin où les précipitations de 15 h TU sont plus importantes. Pour l’auteur, les averses orageuses interviennent pour 38% dans les totaux pluviométriques. Ces averses représentent la principale source de l’avènement des inondations dans la ville.

Des résultats de notre étude, l’avènement des inondations dans la ville de Cotonou n’est pas du fait des averses orageuses, ni des précipitations les plus abondantes, mais du cumule des événements pluvieux.

Aucun changement de la répartition temporelle de la pluviosité n’a pu être mis en évidence. Les changements observés se situent dans le domaine des variations naturelles et ne peuvent donc pas être imputés à un changement climatique causé par l’être humain. Les résultats d’Ozer P. et al. (2010) sont évocateurs parce que les variations potentielles des événements extrêmes liées aux changements climatiques sont très inférieures aux incertitudes actuelles. Malgré cela, quelques indices laissent supposer que l’amorçage de certaines tendances est compatible avec les prévisions des modèles climatiques.

La fréquence d’apparition des crues de l’Oumé à Bonou a varié pendant ces six dernières décennies. Des périodes pendant lesquelles les crues se sont produites fréquemment côtoient d’autres, où les documents historiques ne signalent aucun dégât lié à l’eau (DGEau). Malheureusement, ces variations ne peuvent pas être expliquées.

L’observation des stations hydrométriques du cours principal de l’Ouémé permet de comprendre que les mesures à Bonou renseignent assez sur comment le débordement des eaux se produira dans le delta de l’Ouémé et par conséquent au niveau du lac et les lagunes de la zone d’étude.

En effet, dès que le niveau à l’échelle hydrométrique à Bonou atteint la cote 800 Cm IGN (Ressources en Eau), tout le delta est inondé. Une crue constatée à Bonou prend environ cinq (5) jours pour survenir à Cotonou notamment sur le lac Nokoué . Aussi les débordements peuvent-ils être détournés par les défluents vers la Sô ou bien stockés dans les zones d’inondations. Toutefois, une partie des eaux peut par ailleurs être restituées au cours d’eau lors de la décrue pour les eaux stockées et lorsqu’au niveau des défluents la cote de la Sô dépasse celle de l’Ouémé, pour les eaux détournées. Selon l’importance de la crue, le sens du courant dans la Sô en amont des défluents peut alors s’inverser (Ressources en Eau).

On ne peut donc pas établir un lien entre le changement climatique d’origine anthropique et la fréquence des crues. Le 4ème rapport du GIEC indique que les évènements climatiques extrêmes (sécheresses, vagues de chaleur et inondations) devraient se multiplier et être accompagnés d’effets défavorables. Depuis les évaluations de 2001, ces phénomènes ont augmenté en fréquence et en intensité (GIEC, 2007a). Dans l’état actuel de nos connaissances, c’est malheureusement tout ce que l’on peut affirmer; les crues extrêmes sont beaucoup trop rares pour dégager une tendance quelconque, surtout à partir d’échantillons très courts.

Quoiqu’il en soit, la sensibilité des événements extrêmes aux changements globaux ne fait pas de doute.

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