3)a. Importance de la Nature et avancées technologiques

Non classé

Nous allons aborder la question des différents thèmes que Miyazaki représente dans ses films. L’un des thèmes les plus développés dans chacune de ses productions est celui de la Nature, du respect de l’environnement. A travers des conflits entre l’Homme et la Nature, Miyazaki met en scène les dangers que peuvent représenter certaines avancées technologiques, jusqu’où la notion de « progrès » peut s’appliquer. Cependant, ses films ne dénoncent pas, et ne dressent pas non plus un portrait manichéen dans lequel l’Homme détruit la Nature ; il semble plutôt s’agir d’un constat, d’une représentation des préoccupations actuelles sur l’environnement, et des multiples possibilités de notre futur. Comme il le déclara lui-même dans le magazine Animerica : « Une œuvre d’art a toujours reflété d’une façon ou d’une autre son temps… Nausicaä est issue des nouvelles vues du monde concernant la Nature, qui datent des années 70. »(149)

Ainsi Miyazaki semble mettre en scène le conflit séculaire entre la soif de pouvoir et d’argent de l’humain, au détriment de la Nature, allant jusqu’à détruire les forêts au nom du profit et de la croissance économique. Miyazaki a été marqué par un évènement dans les années 1970, qui lui a donné l’envie de mettre en avant les dangers de la pollution, et le pousse à réaliser Nausicaä de la vallée du vent : il s’agissait de l’empoisonnement au mercure de la baie de Minamata au Japon.(150)

Le conflit entre la Nature et les Humains est souvent représenté mais l’issue est nuancée. Si l’on prend l’exemple de Princesse Mononoké, on constate que le conflit entre le village des humains et celui des dieux de la forêt ne privilégie ni l’un ni l’autre des opposants. La Nature semble remporter la victoire, mais finalement le village va se reconstruire et être encore plus fort qu’auparavant. L’atmosphère de fin est celle de paix. La nature est ainsi au centre des préoccupations de Miyazaki : elle est mère de toute chose, et toujours vulnérable au pouvoir destructeur des hommes.

Les préoccupations de notre société depuis les années 1970 environ, se tournent de plus en plus vers la peur d’un avenir incertain. De nombreux films dépeignent un avenir apocalyptique, dû aux progrès de l’Homme, causant, à travers l’avancée fulgurante des technologies, de plus en plus de pollution et de déchets dans notre environnement. Miyazaki fut l’un de ces réalisateurs qui voulurent montrer que progrès technologique ne présageait pas nécessairement un avenir radieux pour l’humanité, mais pouvaient au contraire, être précurseurs de catastrophes naturelles. En effet, nous retrouvons ce sujet dans le Château dans le ciel, dans lequel nous pouvons lire une mise en garde contre l’aspect attractif de ces technologies : aujourd’hui, avec l’abondance des offres (smartphones, ordinateurs, télévisions…) il est difficile de ne pas succomber à la société de consommation : et nous ne mesurons pas forcément l’ampleur des conséquences que ces avancées technologiques pourront avoir sur notre futur. Que ce soit dans Princesse Mononoké, le Château dans le ciel ou encore Nausicaä de la vallée du vent, Miyazaki semble montrer ces possibles conséquences auxquelles nous ne réfléchissons pas.

149 McCarthy Helen, Hayao Miyazaki, master of japanese animation, Stone Bridge Press, Berkeley California, 2002, p 72
150 Idem, p 74

Page suivante : 3)b. Rapports sociaux : la représentation des exclus de la société

Retour au menu : L’IMAGE DE LA FEMME JAPONAISE DANS LE CINEMA D’HAYAO MIYAZAKI