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3.6 RECOMMANDATIONS ET CONDITIONS DE MISE EN OEUVRE

Au vu de ces différents résultats, il nous parait pertinent de formuler quelques recommandations à mettre en oeuvre dans les programmes de lutte contre les pires formes de travail des enfants au Bénin. Ces recommandations sont à l’endroit des parents biologiques, des tuteurs, des chefs d’entreprise, des autorités de prise de décision au niveau national.

Ainsi, les autorités au niveau national devront :

– renforcer la politique de gratuité de l’enseignement primaire pour réduire le travail des enfants en mettant au niveau de chaque établissement public, les fournitures nécessaires pour l’année et s’assurer que les bénéficiaires en jouissent effectivement ;
– sensibiliser la population sur les risques que courent les enfants astreints aux travaux dangereux à travers des panneaux publicitaires, des communications ;
– établir la liste des travaux dangereux car cela empêche de mettre en oeuvre des actions ciblées en direction des activités considérées comme dangereuses en vue de leur éradication ;
– enregistrer tous les enfants aussitôt à leur naissance pour qu’ils puissent exercer leurs droits, par exemple à l’éducation, aux soins de santé et à d’autres services, et aussi pour permettre aux employeurs et aux inspecteurs du travail de connaître avec certitude l’âge de chaque petit travailleur ;
– développer et mettre à jour des politiques et plans d’action ; y compris la promotion de politiques pour l’emploi des jeunes et la réduction de la pauvreté puisque cette dernière influence sensiblement la soumission des enfants aux travaux dangereux et l’emploi des jeunes conditionne la pauvreté ;
– fournir une base juridique fondamentale afin de soutenir l’action contre le travail dangereux des enfants ;
– garantir que les codes rédigés par les organisations d’employeurs et par les syndicats soient appliqués en organisant de temps en temps des journées d’inspection pour voir comment les employeurs appliquent ces textes.

les employeurs quant à eux ont impérativement à :

– renforcer la sécurité et la santé sur le lieu de travail pour tous les travailleurs, mais avec des protections spécifiques pour les jeunes entre l’âge minimum d’accès à l’emploi et l’âge de 18 ans ;
– s’impliquer dans l’élaboration d’une base juridique fondamentale afin de soutenir l’action contre le travail dangereux des enfants en proposant des normes à respecter ;
– respecter strictement les codes rédigés par les organisations d’employeurs et par les syndicats.

enfin les parents et/ou tuteurs des enfants doivent se donner l’obligation de :

– rendre de temps en temps visite aux enfants confiés pour voir les conditions dans lesquelles ils vivent et travaillent ;
– éviter autant que fait se peut de soumettre les enfants aux travaux des adultes en général et aux travaux dangereux en particulier ;
– s’informer des textes en vigueur sur l’enfant et respecter les codes et règlements relatifs aux droits de l’enfant.

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