3.1.1.1 Une période de construction

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En 2003, sous l’impulsion du gouvernement fédéral, la Commission d’Installation des Actions Territoriales (CIAT) est créée et réunit l’ensemble des acteurs du Forum de la production familiale qui s’intègre rapidement dans le CIAT. Celle-ci est ainsi essentiellement composée de représentants de la société civile. Les municipalités, par exemple, ne semblaient pas être représentées par des organisations locales propres (STTR local, associations de pêcheur…). Les fédérations regroupant plusieurs organisations de cette société civile participaient régulièrement aux réunions. Ainsi, l’AOMT-BAM, le Ceft-BAM, la Mopebam et la Fetagri occupaient une position prépondérante et y détenaient, par leurs organisations affiliées, une légitimité forte. Cette situation déséquilibrée a été la cause de grandes difficultés dans l’élaboration et la réalisation de projets. Ces organisations fédératives ont élaboré des projets sans assurer une liaison suffisante avec leur base. Les bénéficiaires directs n’étaient parfois pas même définis et les projets mal ciblés ont souvent entraîné des difficultés aux différents stades de leur validation ou de leur contrôle (Cf. Une construction des demandes fragile). L’allongement excessif du processus d’acceptation/refus/adaptation des projets qui en est résulté a eu pour conséquence une perte de motivation des acteurs et une appropriation très limitée de ces projets de leur part.

La participation aux assemblées plénières a en outre été très variable dans le temps. La commission a même connu des arrêts d’activité, en particulier en 2007. Pendant cette période, il n’y avait pas d’articulateur et aucune assemblée plénière n’a été organisée.

Le financement du fonctionnement de la CIAT ne relevait pas d’un budget propre et restait donc très aléatoire. Ainsi, le salaire de l’articulateur n’était pas stabilisé et le coût de ses missions n’était pas assuré. Les coûts liés au fonctionnement des plénières comme les repas pour les participant était souvent pris en charge par une institution participante. Aussi, les coûts de déplacements et de logements étaient à la charge de chaque organisation participante.
Malgré ces difficultés, la CIAT a permis de renforcer la mobilisation de certains acteurs de la société civile autour du développement territorial. Aussi elle a permis de développer certains aspects d’un projet collectif commun intégré (projet Tucuma) de la société civile.

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