2.3.4. Les variétés NERICAs

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Tous les efforts consentis depuis la nuit des temps pour la réalisation d’un croisement
interspécifique entre l’espèce asiatique et l’espèce africaine ont été vains compte tenu de
l’existence d’une barrière génétique entre ces deux espèces (ADRAO, 2002). Les hybrides F1
obtenus à cet effet étaient toujours stériles. Il a fallu attendre l’avènement des biotechnologies
avant que des chercheurs de l’ADRAO en l’occurrence Monty Jones, soient parvenus à régler
ce problème d’infertilité avec la naissance des variétés NERICAs (New Rice for Africa).

Cet idéotype combinait les meilleures caractéristiques de ses parents ; mieux, il dépasse même ces
derniers pour certains caractères compte tenu de l’effet d’hétérosis(3). Tout comme son parent
africain, dès les premiers stades de sa croissance, NERICA pousse abondamment, près du sol,
et arrive à asphyxier les adventices “voleuses de grains” qui étouffent la plante, lui font
concurrence pour la ressource hydrique et augmentent considérablement le travail (40 à 60 %
du travail des riziculteurs était consacré à la lutte contre les adventices) (Volvey et al., 2005).

NERICA a également hérité la résistance à la sécheresse et aux nuisibles. Il pousse mieux sur
les sols acides et infertiles. A l’instar de son parent asiatique, NERICA a une productivité
élevée : une augmentation de 25 % à 100 % sans engrais, 200 % avec engrais par rapport aux
variétés traditionnelles. Ses panicules produisent jusqu’à 400 grains (contre 75 à 100 grains
pour les variétés africaines) malgré une faible utilisation d’engrais (Volvey et al., 2005).

Pour autant, bien qu’il n’en ait pas besoin pour assurer une forte production, le NERICA profite
très largement de l’apport d’engrais, avec quelques intrants supplémentaires, les agriculteurs
utilisant le Nouveau riz pour l’Afrique peuvent doubler leur production et accroître leurs
revenus. Par ailleurs, il faut noter que le NERICA a un cycle relativement court : les variétés
arrivent à maturité 30 à 50 jours plus tôt que les variétés traditionnelles, permettant aux
agriculteurs de pratiquer la double culture en semant légumes et légumineuses une fois la
récolte de riz effectuée. Leurs tiges sont plus hautes, ce qui facilite les récoltes qui se font
toujours manuellement. Aussi faudra-t-il souligner que son goût apprécié et sa teneur élevée
en protéines sont des atouts non négligeables, cette nouvelle variété a un goût attrayant
qu’elle a hérité de O. glaberrima et une teneur élevée (2 %) en protéines sous l’effet de
l’hétérosis (WARDA, 2003). C’est aussi le cas de la résistance à certaines maladies telles que
la cécidomyie, la virose et la pyriculariose etc.

3 Vigueur hybride

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