2.3.3 La méthodologie d’analyse des APL

Non classé

La méthode d’analyse des APL adoptée est proche de celle proposée par le Gys Syal (Boucher et Requier Desjardins, 2002), mais elle est davantage tournée vers la production agricole.

L’étude de ces trois APL a été réalisée selon les étapes suivantes :

– identification géographique de l’APL (effectué dans la première étape)
– identification des acteurs et organisations en jeu, (effectué dans la première étape)
– réalisation d’un diagnostic du territoire de production,
– analyse de la filière,
– mode de fonctionnement des organisations et leur articulation,
– pistes sur les modes d’intervention pour l’activation de l’APL aux différentes échelles.

Les entretiens ont porté sur l’ensemble des éléments constitutifs de chaque APL. L’analyse des APL suit un certains nombre d’étapes.

Il est ainsi important d’aborder l’APL à travers l’histoire agraire ce qui permet de la lier à la trajectoire des organisations de producteurs impliqués dans l’APL et à l’évolution du développement local dans la région concernée.

Une typologie des systèmes de culture et de production a été définie à partir des entretiens semi-directifs menés avec des agriculteurs producteurs et non producteurs des produits cibles de l’APL. Les entretiens portent sur l’histoire de l’agriculteur, ses pratiques, la gestion de l’espace et les stratégies.

Cette typologie permet d’évaluer la place des produits cibles de l’APL dans les systèmes de culture et dans les systèmes de production. Elle permet aussi de relever les stratégies des agriculteurs par rapport à l’APL (commercialisation, participation…) et d’évaluer les conditions de l’action collective et de l’adoption des innovations techniques. A ce niveau, mais aussi pour comprendre les autres étapes de l’analyse, des entretiens avec les agriculteurs ont été effectué :

– 20 entretiens avec des producteurs de lait à Alenquer ;
– 27 entretiens avec des agriculteurs et éleveurs producteurs et non producteurs de fruits ;
– 18 entretiens avec des producteurs d’ananas.

Une analyse des organisations d’agriculteurs impliquées dans les APL a été réalisée. Ces organisations constituent en général en effet la pièce centrale des APL étudiés. Des éléments de la grille d’analyse des organisations paysannes mise au point par le Ciepac et le Cirad (Wampfler, 2007) ont été utilisés pour mener à bien cette analyse.

Les informations utiles ont été recueillies non seulement auprès des responsables des organisations mais aussi auprès des autres acteurs de l’APL (agriculteurs adhérents et non adhérents de la région considérée, organisations partenaires…) et devait permettre d’aborder les différents aspects utiles: l’histoire, les mission/vision/objectif, les activités, l’organisation et la gouvernance, la gestion, les relations avec l’extérieur, le degré d’efficacité et d’autonomie.

Une analyse du mode d’intervention et de l’efficacité des institutions d’appui-conseil est faite à travers la façon dont elles considèrent le système agraire, les modèles qu’elles proposent et l’impact qu’elles ont sur le développement local. L’adaptation des institutions aux différents systèmes de production est appréciée.

Une cartographie de la filière est réalisée à partir des entretiens menés avec les acteurs, aux différents niveaux. Le recensement des difficultés permet d’identifier les points de blocage et goulets d’étranglement de la filière dont les effets se répercutent sur l’ensemble de la chaîne. Les thématiques de commercialisation (et des flux commerciaux)s ont importantes car elles régissent les modes de transformation et modifient les habitudes de production.

Une analyse des relations qui existent entre les différentes institutions permet d’évaluer le degré de coopération, les partenariats mis en oeuvre et enfin le dispositif d’appui-conseil mis en place dans le cadre de l’APL. L’analyse du dispositif autour de l’APL utilise les outils d’analyse des dispositifs présentés plus haut.

Enfin des pistes sur les modes d’intervention les plus appropriés pour l’activation de l’APL aux différentes échelles sont proposées.
Les efforts doivent porter sur la construction d’un environnement favorable à l’innovation. Cette construction peut se faire à travers les outils de l’ingénierie territoriale.

Ainsi la création d’espaces de négociation et de débats bien conduits, réunissant tous les acteurs (ou leur représentants) de l’APL et exposant clairement les difficultés, peuvent permettre, à travers une meilleur coordination, de fixer des objectif communs et de trouver des solutions appropriées pour réaliser ces objectifs (amélioration de l’APL). Ces espaces ne peuvent fonctionner qu’avec la mise à disposition d’informations objectives.

La responsabilisation et la définition du rôle de chaque organisation sont ici déterminantes. Le rôle du Codeter est alors mis en avant, ainsi que l’enjeu territorial de chaque APL.

Les formes d’intervention peuvent aussi porter sur le renforcement des organisations représentant les intérêts de leurs associés, la formation, la diffusion/systématisation des informations mais aussi, plus pratiquement, sur la recherche de marché porteurs, l’amélioration de la qualité et la diffusion des innovations.

Page suivante : 2.4 DES LIMITES DUES A LA COMPLEXITE DES OBJETS ETUDIES

Retour au menu : Le développement territorial en Amazonie Brésilienne : Les défis de la mise en oeuvre d’une gouvernance et de stratégies de développement dans le territoire Baixo Amazonas de l’État du Pará