2) Qu’est-ce qu’un Festival ?

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La définition d’un Festival telle qu’elle est donnée par le Petit Robert est une « série de représentations où l’on produit des œuvres d’un art ou d’un artiste ». Mais cette définition est loin de rendre compte de la diversité et de la complexité du phénomène des Festivals. Le Ministère de la Culture et de la Communication définit quant à lui le Festival comme « une manifestation où la référence à la fête, aux réjouissances éphémères, événementielles et renouvelées s’inscrivant dans la triple unité de temps, de lieu et d’action.

Il est intéressant de rappeler la définition donnée par Luc Benito dans son ouvrage « Les festivals en France : Marchés – enjeux et alchimie » : « le festival est une forme de fête unique, célébration publique d’un genre artistique dans un espace-temps réduit ». Le Festival constitue donc déjà, par essence, de par son existence et sa nature, à un projet « détonnant » dans la mesure où c’est un évènement « unique » et festif.

Si nous nous intéressons à l’histoire des Festivals, si à l’origine, ils étaient uniquement consacrés à la musique classique, ils sont aujourd’hui d’une grande variété. Ainsi, le phénomène des Festivals remonte aux années trente et quarante, leur nombre et leur importance étaient alors réduits, il s’agissait le plus souvent d’initiatives de personnalités de la culture dans les domaines du théâtre, de la musique et du cinéma. Les « Chorégies d’Orange », crées en 1869, sont reconnues pour être le premier Festival, mais on parle aussi de « Festspiele » pour l’Art lyrique, à Bayreuth, dès 1876. Une vingtaine d’années plus tard, en 1895, c’est la Biennale de Venise qui était inaugurée, avec rapidement des pavillons nationaux qui rappelaient, à partir de 1907, ceux des grandes expositions universelles depuis celle de Londres en 1851. L’après-guerre vit la naissance de Festivals comme le Festival d’Avignon, le Festival de Cannes ou le Festival Musique et danse d’Aix en Provence. Mais c’est à partir des années soixante-dix que l’on assiste à une multiplication et une diversification des festivals : le Festival de Cannes pour le cinéma, le Festival d’Annecy pour le film d’animation, le Festival d’Avignon pour le théâtre et arts de rue, le Festival de Chaumont pour l’affiche et le graphisme, le Festival du Cirque de Demain à Paris pour le cirque, le Festival d’Angoulême pour la Bande Dessinée, le Festival Interceltique de Lorient pour les Musiques et la culture celtes, pour ne citer que certains des plus populaires en France, chaque genre culturel possède dès lors ses Festivals.

La conjonction de facteurs socio-économiques explique cette croissance soudaine et rapide durant ces 40 dernières années. L’accroissement des loisirs et la hausse du niveau de vie ont soutenu l’émergence et le développement de telles manifestations : entre 1959 et 1994, le pouvoir d’achat des habitants a été multiplié par 2,5 et la part du poste « loisirs, spectacles, enseignement et culture » dans le budget des ménages est passée de 6 à 7,4%. Par ailleurs, le développement considérable des transports sur la même période est venu conforter cette tendance, permettant aux spectateurs potentiels de se déplacer toujours plus loin pour satisfaire leur « soif » de culture. Enfin la décentralisation et les nouvelles compétences accordées aux collectivités locales donnaient la possibilité aux élus locaux d’encourager ces Festivals. En effet si la première génération des Festivals ne bénéficiait que dans une très faible mesure du soutien financier des acteurs publics, depuis les années 70’ la majorité des collectivités territoriales a pris conscience de l’importance de telles initiatives culturelles pour le développement de la vie locale.

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