2) L’obligation du travail

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Effectivement, pour optimiser un rapide redressement de la société russe, et un prompt passage du capitalisme au socialisme, une obligation pour toutes et tous de travailler, s’impose. Elle suppose une rigoureuse éducation, dont le plus grand nombre doit bénéficier. Car, souligne Trotski, les mesures administratives et organisatrices d’une telle tâche ne sont pas suffisantes pour faire accepter cette obligation du travail aux masses : « Si l’organisation de la nouvelle société a pour base une nouvelle organisation du travail, cette organisation exige à son tour l’application régulière de l’obligation du travail. Les mesures administratives et organisatrices sont insuffisantes pour venir à bout de cette tâche. Elle embrasse les fondements mêmes de l’économie publique et de l’existence. Elle se heurte aux préjugés et aux habitudes psychologiques. La mise en vigueur de l’obligation du travail suppose, d’une part, une œuvre colossale d’éducation, et d’autre part, la plus grande prudence dans la façon politique de la réaliser »80. De plus, Trotski n’hésite pas à appuyer sa fermeté, prévenant que celles et ceux qui souhaiteraient se dérober à leur obligation de travailler, seraient condamnés à ne plus être nourris, et, de façon implicite, privés de toute aide et assistance de l’Etat. Sur ce point précis, Trotski se montre intransigeant, affirmant : « Qui ne travaille pas ne mange pas. Et comme tous doivent manger, tous sont, par conséquent, obligés de travailler »81. Aussi, ajoute Trotski, cette obligation du travail, pour qu’elle soit acceptée par le plus grand nombre, se doit d’être militarisée. C’est là le seul moyen, pour obliger le plus grand nombre à travailler : « L’obligation du travail serait impossible sans l’application -dans une certaine mesure- des méthodes de militarisation du travail »82. Cette militarisation du travail, trouve son exemple dans la constitution d’armées du travail, qui correspondent à certains régiments de l’Armée rouge (il est question de cette dernière dans la seconde partie de notre ouvrage) qui, après la victoire des 36

bolcheviks sur les armées blanches de Denikine, sont mobilisées à la reconstruction de la société civile, par des travaux d’intérêt général.

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