2) Le train

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Pour assurer une bonne transmission des ordres et soutenir le moral des troupes durant la guerre civile russe, un train est mis à la disposition du Commissaire aux affaires militaires, c’est-à-dire Trotski, et de son Etat-major. Dans ce train, Trotski compte cinq secrétaires particuliers. Quatorze membres de l’équipe technique voyagent à bord (on compte notamment un photographe, un peintre, un graveur ou encore un trésorier). Le commandant du train, quant à lui, compte pour son bureau quatre employés, tandis que quarante et une personnes sont attachées au service des communications, et douze au département des finances. Le train compte cinq chefs d’état-major. De plus, sont présents à bord deux dessinateurs, dix-sept assistants à la composition, douze gardes du corps attachés à la personne de Trotski, trente-cinq membres de la fanfare, six cavaliers du 1er détachement du ravitaillement à Moscou, trente hommes du 2ème régiment de fusiliers lettons, quinze hommes du 9ème régiment de fusiliers lettons, trente-neuf artilleurs du 3ème régiment des missions spéciales, trente-deux hommes du régiment d’infanterie Simonovski-Ragojski, onze unités de véhicules blindés, quatorze employés du wagon-restaurant, vingt-trois chauffeurs, seize mécaniciens, huit employés chargés du graissage, et enfin trente-huit gardes164. Ce train est constitué, semble-t-il, début août 1918 : « Pendant les deux années et demie que dura la guerre civile, Trotski vécut, travailla, dirigea l’Armée rouge à partir de son train de commandement, ce « train du président du conseil révolutionnaire de la Guerre » qu’il appelle « le train » dans son autobiographie. On l’avait organisé sur son ordre, à la hâte, à Moscou dans la nuit du 7 au 8 août 1918, et il en était parti au petit matin, restant en circulation ou en stationnement au front jusqu’à la fin de la guerre civile »165. Ce train, nous dit Trotski, est véritablement indissociable de sa fonction de Commissaire aux affaires militaires durant la guerre civile russe, en ce sens que c’est là qu’il loge, étudie, écrit, ou encore prend ses repas. Le train remplit pléthore de fonctions, assurant la liaison entre l’avant et l’arrière, ou s’occupant du ravitaillement des troupes : « Ma vie 68

personnelle, pendant les années plus ardues de la révolution, a été indissociablement confondue avec la vie de ce convoi, laquelle, d’autre part, ne saurait être détachée de la vie de l’Armée rouge. Le train faisait la liaison entre le front et l’arrière, résolvait sur place les questions urgentes, instruisait, lançait des appels, ravitaillait, châtiait et récompensait »166. C’est donc l’organisation de l’Armée rouge dont le train a la mission : « Le travail du train se rapportait étroitement à l’organisation de l’armée, à son éducation, à sa direction et à son ravitaillement »167. Enfin, c’est un convoi d’armes, très important, qu’assure le train de Trotski : « Administration militaire et politique, centre d’administration, le train était aussi un instrument de combat. Son matériel automobile lui permettait d’importantes incursions au-delà de la ligne du chemin de fer proprement dite, puisqu’il pouvait transporter à des kilomètres des détachements armés de fusils et de mitrailleuses »168.

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