Institut numerique

1.3.2 Au domaine royal de M’bé

a – Dégradation du fait de l’homme

Le domaine est menacé par la pratique de la culture sur brûlis et l’exploitation illicite des forêts. En
effet, il nous a été donné de constater que les paysans brûlent la savane pour plusieurs raisons :
travaux champêtres, chasse… Ces pratiques contribuent fortement à la dégradation de tout le paysage
et affecte le site car tous les vestiges témoignant de cette riche culture Téké sont en train de disparaître
brûlés et détruits. Il arrive que le feu de brousse tourne au tragique et atteigne les bâtiments. D’autre
part, il faut noter une exploitation illicite et anarchique des forêts sacrées jusqu’à une période récente ;
ce qui a eu pour principale conséquence le déboisement et la disparition des forets sacrées.

Le second problème majeur qui se pose c’est l’inapplication de la législation nationale et internationale
sur la protection du patrimoine culturel. En effet, les lois existent, mais se pose le problème de leur
application effective sur le terrain ; nous allons nous atteler à cela. Par ailleurs, il faut faire remarquer
que la plupart des détenteurs de ce savoir traditionnel (médecine, chants, contes, rites, etc.) meurent
sans avoir transmis ou légué ce patrimoine ; c’est dire que la transmission n’est pas assurée. Notons
aussi que, de nos jours, la tradition meurt, en partie, à cause de l’exode rural ; les jeunes abandonnent
les villages, et leur identité aussi. Cette situation demeure très préoccupante pour les communautés
locales conformément à leur attachement culturel.

Enfin, l’habitat traditionnel qui caractérisait la culture Téké a disparu au profit des constructions
modernes ; ceci est le résultat de la modernité et de la pression foncière car la localité de M’bé subit
l’influence de la capitale Brazzaville située à 200 Km. Aussi, la disparition progressive de certains
sachants locaux (détenteurs de connaissances, savoir et savoir-faire traditionnels), tels que les
forgerons, potiers, tisserands, historiens/conservateurs de traditions constitue un problème à la gestion
du site. A cela s’ajoute le manque d’initiatives visant la promotion du savoir-faire traditionnel.

b – Dégradation du fait de la nature

L’habitat traditionnel qui caractérise la culture Téké est un type de logement fait d’un mélange de terre
battue, de bois et de paille. La nature a eu raison de ce type d’habitat car les pluies, les tornades, le
vent et les insectes constituent une réelle menace pour cette architecture. En effet, l’eau est le principal
ennemi de cet habitat ; elle provient essentiellement des pluies abondantes ; les murs étant en terre, ils
font l’objet d’enlèvement et de déplacement. En outre, l’humidité dans les murs entraîne la perte de
résistance avec pour conséquence la désintégration de l’architecture.

Aussi, il faut relever le fait que les tornades causent des dégâts par leur intensité et finissent par mettre
à nu la structure des bâtiments. Les intempéries ont eu pour principale conséquence la disparition de
cette architecture unique et originale.

Malgré toutes ces menaces, le royaume est resté fidèle à son mode d’organisation sociale
traditionnelle et a préservé l’originalité de sa culture malgré l’influence de la religion chrétienne, de la
mondialisation, du pouvoir politique et des civilisations étrangères. Cette situation nécessite des
mesures de préservation et de sauvegarde urgentes afin d’assurer la viabilité de ce royaume en
général, et de sa culture en particulier.

Page suivante : 1.4 Politique de gestion des deux sites

Retour au menu : Contribution à la protection du patrimoine culturel et à la gestion efficiente de l’environnement en République du Congo : projet de réhabilitation de l’ancien port d’embarquement des esclaves de Loango et du domaine royal de M’bé