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1.1 Problématique

Au Togo, le café et le cacao sont produits dans les zones forestières à l’ouest de la Région des Plateaux. La culture du café se pratique essentiellement dans les préfectures d’Agou, de Kloto, de Dayes, d’Amou et de Wawa. (ITRA, 2007).

La zone de production du café et du cacao se caractérise par une certaine diversification de la production. En effet, soixante-onze cultures comprenant les cultures vivrières et les cultures de rente ont été identifiée comme pratiquées de la Région des Plateaux. De ces cultures, 16 ont été identifiées comme prioritaires. Il s’agit de : Maïs, Igname, Manioc, Riz, Niébé, Arachide, Piment, Tomate, Sorgho, Plantain, Coton, Palmier à huile, Cola, Orange, Café et Cacao (ITRA, 2007).

On note ainsi une concurrence surtout pour les facteurs terre et travail entre les cultures vivrières et les cultures de rentes. En effet dans le Kloto et dans le Litimé, les exploitations types combinent les cultures de rentes (cacaoyère et palmier à huile) et les vivriers (maïs, igname, riz, etc.) alors que dans l’Akébou, elles comprennent le caféier, le cacaoyer et les vivriers (maïs, niébé, manioc, etc.). En général, le rapport superficie cultivée est de 2/3 cultures de rente et 1/3 cultures vivrières dans le Kloto et l’Akébou et de 3/4 cultures de rente et 1/4 cultures vivrières au Litimé. Par ailleurs, le calendrier cultural montre deux pics d’activité : mars à mai correspond aux périodes d’entretien des plantations de cacao, de café et de préparation de terrain pour les cultures vivrières et Décembre est consacré aux récoltes de cacao. Les mois d’octobre et de novembre par contre sont des périodes creuses. Tous les autres mois de l’année de l’année sont des périodes de moindre activité agricole. On observe aussi que le temps accordé aux activités socioculturelles et religieuses l’emporte largement sur celui consacré au travail dans les champs (ITRA, 2006).

Cette diversification de la production traduit une diversification du système de production. En effet, les agriculteurs d’une même région ne disposent pas tous les mêmes moyens et ne produisent pas nécessairement dans les mêmes conditions économiques et sociales. Pour assurer leurs besoins socioéconomiques, diverses catégories d’exploitants d’une même zone agro écologique peuvent avoir intérêt à mettre en œuvre des systèmes de culture et d’élevage fort différents, avec une très grande gamme de techniques agricoles. Cependant pour mieux tirer profit de leurs activités, il s’impose aux paysans d’agencer dans l’espace et dans le temps de nombreuses spéculations de nature différente tout en cherchant la meilleure valorisation des ressources dont ils disposent. « Les producteurs peuvent avoir en effet intérêt à valoriser aux mieux les ressources dont ils disposent en relativement moins grandes quantité en tenant soigneusement compte des résultats qu’ils pourraient obtenir en les affectant à divers emplois alternatifs, quitte à recourir abondamment aux ressources dont les coûts d’opportunité sont les plus faibles » (MFCD, 2002).

Le producteur de café et ou de cacao doit donc organiser des moyens de production (terre, force de travail, capital) de manière à pouvoir atteindre ses objectifs socioéconomiques. Ainsi dans l’optique d’augmenter le revenu agricole, d’assurer le développement et l’amélioration de la production du café et du cacao, ce secteur café-cacao a bénéficié d’un système d’encadrement particulier de la part des structures d’Etat qui se sont succédées. Il s’agit de : l’IFCC-Togo créée en 1967, la SRCC en 1971, l’IRCC en 1982, la SAFICC en 1992 puis l’ITRA /CRAF en 1997 lors de la dernière restructuration des services agricoles et dont l’un des objectifs est de lutter contre la pauvreté en milieu rural par l’augmentation de leur revenu agricole.

Malgré l’intervention de ces structures d’encadrement citées précédemment, les productions du café et du cacao se caractérisent par une diminution consécutive des tonnages à une baisse continue des rendements. Le rendement café qui avait atteint un maximum de 800 kg café marchand / ha en 1992 n’est plus que de 460 en 2003 (ITRA, 2003).

Le secteur se caractérise également par un certain nombre de contraintes qui constituent un poids pour l’augmentation de la production. Il s’agit de l’incertitude du prix aux producteurs, du coût élevé des intrants, de la dégradation des sols, etc.(ITRA, 2007).

En effet, mise à part l’influence du prix sur la production du café et du cacao, d’autres facteurs tels que les facteurs écologiques, humains et socioéconomiques influencent largement l’évolution de la production de ces deux produits, a souligné le ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche dans l’un de ses rapports en 2004 (MAEP,2004).

Au titre de facteurs écologiques figurent les changements climatiques marqués par une durée de la période de sécheresse de plus en plus longue, la recrudescence des feux de brousse qui détruisent chaque année d’importantes superficies des vergers.

Parmi les facteurs humains, il faut noter la déforestation et le déboisement qui modifient le régime des pluies des zones de production, transformant ces zones en milieux de moins en moins favorables à la culture du café et du cacao. On peut également noter l’abandon des entretiens des vergers, justifié par le mode d’héritage mal défini après le décès de bon nombre de planteurs et aussi les mauvais rapports entre métayers et propriétaires (MAEP, 2004).

Au plan socioéconomique, il faut souligner la pression démographique actuelle engendrant les besoins alimentaires accrus qui entraînent la conversion de plusieurs sites de plantation en champs vivriers, surtout lorsque les prix de vente du café et cacao ne sont plus rémunérateurs pour les producteurs.

Tout ceci suppose qu’au-delà des objectifs de productions visés par les services d’encadrement, il importe de concevoir et de mettre en œuvre des interventions appropriées aux moyens, conditions et intérêt de chacune des catégories d’exploitants.

Dans ce contexte de diversification de culture, de diversification de système de culture, de forte dépendance agricole et de contrainte à la production, certaines questions pertinentes méritent d’être posées :

• quels sont les différents systèmes de production en jeu ?
• ces différents systèmes de production à base de café optimisent-ils les facteurs de production ?

Voilà les deux interrogations qui nous amènent à faire la présente étude qui se propose d’atteindre un certain nombre d’objectifs qu’il convient de préciser.

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