Institut numerique

1.1. L’échantillon

La représentativité d’un échantillon qualitatif ne définit pas la même réalité qu’un échantillon quantitatif. En effet, en recherche qualitative, le but est de comprendre un phénomène en profondeur. Pour se faire, à l’intérieur d’un cadre établi, l’échantillon doit permettre de rencontrer un maximum de réalités différentes. Ainsi, un échantillon qualitatif est dit « saturé » lorsque « l’ajout de données n’occasionne pas de meilleure compréhension du phénomène étudié » (Lorant, 2009, chapitre relatif à l’échantillon).Dans cette étude, si le degré de saturation n’a pas été atteint, les données récoltées sont toutefois suffisantes pour déterminer des thèmes communs.

Dans ce mémoire, l’échantillon est réparti en strates pour s’adapter aux différents acteurs de la communauté. Celle-ci est composée, rappelons-le, de l’ensemble des citoyens concernés personnellement et/ou via son activité (formelle ou informelle) par les besoins de la population de personnes âgées fragiles du Sud Luxembourg. La communauté est composée de 5 types d’acteurs différents : les personnes âgées fragiles, les aides informelles et les aides formelles des personnes âgées fragiles, les médecins généralistes et le gériatre ainsi que les autorités locales.

Les autorités locales ont été sollicitées grâce à un courrier (annexe 3) envoyé par mail. Ce courrier expose la démarche, suggère l’envoi des résultats de l’enquête ainsi qu’une éventuelle contribution ultérieure. Les quatre autres types d’acteurs ont participé à la récolte des données et constituent l’échantillon de ce mémoire.

1.1.1 Les personnes âgées fragiles (PAF)

L’échantillon des PAF est dit « sélectif » car il a été sélectionné suivant des critères prédéfinis (Ajoulat, 2009) tels que : âge, genre, présence d’aide formelle et informelle, domaines de fragilité, état civil, niveau de scolarité (cf. annexe 4). La sélection de l’échantillon vise à rencontrer un maximum de variabilité dans ces critères.

Les personnes âgées interrogées fréquentent toutes l’hôpital de jour gériatrique. Elles habitent dans le sud-Luxembourg et ont accepté de participer à l’étude. Elles sont toutes âgées de 75 ans ou plus et présentent une atteinte d’au minimum un domaine de fragilité.

Tableau 3 Profil des PAF interviewées

1.1.2 Les médecins généralistes et gériatre

Le groupe des médecins est un échantillon dit de « convenance ». En effet, c’est la facilité d’accès à l’échantillon qui a primé. La récolte des données s’est faite au cours d’une réunion d’un GLEM préétablit. Par conséquent, il s’agit ici d’un groupe naturel contrairement au focus groupe d’aidants formels.

Treize médecins généralistes ont participé au focus groupe. Ils exercent tous dans l’arrondissement d’Arlon. Un médecin ne pratiquait plus la médecine et un autre exerçait exclusivement en soins palliatifs. Un médecin gériatre était présent. Il a adopté une attitude d’écoute et d’intérêt à l’attention de ses collègues généralistes et s’est donc peu exprimé.

Les généralistes évaluent le pourcentage de PAF entre 1 et 18% de leurs bénéficiaires de soins, avec une moyenne de 3,9%.

1.1.3. Les aidants formels

Les aidants formels (AF) sont « des personnes qui n’appartiennent pas à l’entourage de la personne âgée dépendante. La plupart d’entre eux sont des professionnels rémunérés, c’est-à-dire possédant d’une part un savoir-faire reconnu par des institutions professionnelles et recevant d’autre part une rémunération en contrepartie de leur activité d’aidant. Cependant, tous les aidants formels ne sont pas nécessairement des professionnels rémunérés : certains d’entre eux peuvent être bénévoles ou non professionnels » (Coutton, 2005, p.3).

L’échantillon d’AF est sélectif, il a été construit pour inclure un maximum de types d’aide. Deux grandes classes : les AF du domicile et ceux de l’hôpital. Les AF de l’hôpital sont des professionnels qui sont en lien direct avec les acteurs du domicile. Il s’agit en effet, d’une infirmière de l’HJG et d’une assistante sociale.

Dans le groupe des AF du domicile une distinction s’impose entre les professionnels et les bénévoles. Les bénévoles invités à participer sont des personnes actives au sein de projets destinés aux personnes âgées fragiles comme « le Répit » et l’UC. Il convient de préciser ici, que les deux personnes issues de ces mouvements sont elles-mêmes âgées (entre 70 et 82 ans) cependant elles ne pourraient être qualifiées de fragiles.

Le groupe compte 10 personnes : 3 infirmières, 2 assistantes sociales et une stagiaire, 2 aides familiales et 2 bénévoles. L’activité du groupe se concentre essentiellement sur l’arrondissement d’Arlon. Le pourcentage moyen de PAF dans les bénéficiaires de soins de ce groupe est estimé à 44 % (varie entre 30 et 100´%). L’ancienneté du groupe est en moyenne de 17 ans (de 6 à 31 ans).

1.1.4. Les aidants informels

Définition : « Personne de l’entourage (souvent un membre de la famille ou un proche) qui apporte des aides et soins à la personne dépendante à domicile, sans appartenir à un réseau d’aides et de soins. Cela peut être un professionnel qui n’appartient pas à un réseau d’aides et de soins. » (Ministère de la Santé Sociale, grand-duché du Luxembourg, 2008, §1)

L’échantillon des aidants informels est constitué de deux personnes. Celles-ci ne sont pas les aidants des PAF interrogées. Pratiquement il est, en effet, difficile de réaliser deux entretiens sur la journée sans affecter la prise en charge de l’HJG. Ce choix évite d’être confronté à une éventuelle dualité des discours au sujet d’une situation semblable. L’échantillon des AI, au vu du petit nombre de personnes qu’il reprend, relève davantage de l’échantillon de convenance que d’un réel échantillon sélectif.

Tableau 4 : Profil des AI interrogées

7 Les domaines de fragilité repris ci-dessus sont ceux qui étaient objectivables.

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