1- venin et toxicité

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Le venin de scorpion est un mélange complexe de substances, et chaque espèce possède un mélange unique (Gouge 2001).

Dans les situations expérimentales, le venin du scorpion peut être extrait de trois façons (Mabrouki 1976) :

- attouchement manuel
- décharges électriques par courant de faible intensité
- broyage du telson préalablement amputé et desséché

C’est un liquide visqueux, ombré, qui jauni à la lumière en gardant toutes ses propriétés (fig. 45). Son aspect est granuleux, la substance active est soluble dans l’eau, l’eau salée et la glycérine, et insoluble dans les solvants neutres : alcool méthylique, éther, acétone, chloroforme, huile… (Vachon 1952)

Figure 45 Scorpionisme, Epidémiologie et Facteurs de Risque au Maroc  cas de la province de Khouribga

Fig. 45: Macrographie d’un dard de scorpion avec une gouttelette de venin

(www.dinosoria.com/scorpions.htm)

Il est sans saveur, acide aux réactifs, très irritant pour les muqueuses et les tissus, il résiste au chauffage et sa toxicité ne disparaît complètement qu’après un chauffage à 100°C pendant 90 minutes (Sdaiki 1994).

L’étude comparative de la toxicité du venin des principaux scorpions du Maroc entreprise par Charnot (1934) a révélé que :

- un scorpion n’inocule pas toujours la même quantité de venin
- il n’épuise jamais sa réserve en une seule fois
- le venin extrait totalement électriquement révèle des modifications de consistance et d’aspect.
- un temps de régénération du venin est nécessaire.

De plus, la toxicité du venin dépend de :

- la variété du scorpion
- la taille du scorpion
- l’âge et la nutrition du scorpion
- les conditions climatiques et géographiques où vit le scorpion (Couraud 1982, Ismail 1995, Kankonjar 1998).

L’effet toxique du venin est dû à la présence en faible quantité de petites protéines basiques faiblement antigéniques constituées d’une soixantaine d’aminoacides.

S. Lisstsky (1962) a pu isoler dans le venin d’Androctonus par chromatographie sur gel, deux polypeptides basiques dont le poids moléculaire est de 7000, appelés Scorpamines A et B ou toxines I et II. Elles sont thermostables et capables de reproduire chez la souris la symptomatologie de l’envenimation scorpionique.

A quelques exceptions près, le venin de scorpion n’a pas d’activité enzymatique.

Outre les Scorpamines, le venin contient des neurotoxines agissant sur le centre bulbaire respiratoire et sur les muscles lisses et striés… (Wilson 1904, Adiguzel 2010), une hémorragine (Bahloul1et al 2004), des amines biogènes dont la sérotonine et des fractions non protéiques polypeptidiques.

Les toxines ont une action sélective vis à vis des invertébrés (insectotoxines), des mammifères (mammotoxines) et des crustacés (crustacéotoxines) (Zlotkin1972) ; 30 neurotoxines actives sur les mammifères ont été isolées.

D’après Ismail (1988) le venin se distribue rapidement avec une demi- vie de 4 à 7 mn et un pic maximum à la 37ème minute. Après injection intraveineuse, la concentration maximale est atteinte au bout de 15 mn. La durée d’élimination est longue, elle est de 4 à 13 h ; détectable par radioactivité jusqu’à la 37ème heure après injection.

Pour M.Ladjouzi (2010), la concentration, Après injection intraveineuse, est maximale au bout de 15mn à 60 mn La concentration des venins décroît pour devenir indétectable au bout 6 heures et le marquage diminue progressivement pour s’annuler 24 heures après l’injection.

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