1. Luxe, origine et signification

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Définir le luxe peut dans un premier temps paraitre chose aisée, mais le luxe, au-delà
d’un simple mot, est considéré comme un concept subjectif mêlant la sensibilité et les
préférences de chacun.

Son étymologie vient du latin Lux : Lumière, Luxuria : excès ou Luxus, déviation.(1)
Le luxe représente également tout ce qui est faste, coûteux, raffiné et somptueux. Un
plaisir d’un prix relativement élevé, que l’on s’offre sans vraie nécessité vitale. Gilles
Lipovetsky, philosophe, le précise bien : « Tout ce qui est cher n’est pas luxe, mais tout
ce qui est luxe est cher ».

Trop souvent, le luxe a une connotation « négative ». La richesse abondante, l’excès en
tout genre, la supériorité ! Le luxe est perçu comme un moyen de paraitre et non
d’être, une forme d’ostentation à son paroxysme. Voltaire a toutefois qualifié
différemment le luxe : « Le superflu, chose très nécessaire ».

Mais quel a été le premier acte luxueux de l’être humain ? On suppose que la
découverte du feu figure parmi l’une des premières manifestations de luxe.(2)

À cette première manifestation, nous pouvons ajouter le désir de parure, désir de
beauté, qui n’est pas lié aux besoins vitaux de l’homme. L’acquisition d’objets rares
reste la plus ancienne tradition liée au luxe, acte qui perdure encore aujourd’hui grâce
aux oeuvres d’art…(3)

Faisons une brève rétrospective de l’Histoire… Bien des époques et des civilisations
témoignent d’actes luxueux. L’Orient fut le véritable berceau du luxe. Dès 3000 ans av.
J.-C., dans l’Égypte Antique, au temps des Pharaons : faste, suprématie, ornements et
bijoux faisaient partie des traditions. La quête de richesse avec la découverte des
nouveaux continents, métaux précieux, épices ou textiles. Le luxe a joué un rôle clé
dans le commerce et l’activité économique des premières civilisations.

L’ère industrielle a développé les activités du secteur du luxe. Période de l’histoire où
les grandes maisons de luxe sont apparues. Citons par exemple Delvaux. La plus
ancienne maison de maroquinerie au monde a été créée en 1829 et est juste un peu
plus vieille que la Belgique elle-même ! Suivie de près par la maison française Louis
Vuitton en 1854.

Les maitres-mots de ces grandes maisons sont l’authenticité, le savoir-faire et
l’artisanat.

C’est majoritairement grâce aux talents des artisans que les maisons de luxe ont connu
leur croissance et ont pu faire valoir leur prestige. Leur richesse réside dans le travail
méticuleux des ouvriers, des tanneurs et dans le choix de matières nobles. Un héritage
unique, gardé précieusement au fil des siècles, qui assure la pérennité de la marque…

On peut donc affirmer que le luxe est vieux comme le monde, ainsi que le souligne
Gilles Lipovetsky : « On ne peut pas penser l’humanité sans le luxe, parce que, à travers
lui, l’homme atteste qu’il n’est pas un simple animal et que son horizon ne se réduit pas
à la survie, à la conservation et au besoin. »

1 Castarède (Jean), Que sais-je : Le Luxe, Paris, Édition PUF, 2010, p 3.
2 Idem., Luxe et Civilisation, Paris, Eyrolles, 2008, p 14.
3 Ibid., p 14.

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