1) Les rapport des forces

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La lutte des classes, concept marxiste53, est avant tout une question de rapport des forces. De ce rapport des forces, les faibles et les exploités trouvent leur salut dans le nombre qu’ils peuvent opposer à leurs exploiteurs, et cette question est pour eux fondamentale. Ainsi, dans son article du 3 décembre 1962, Voie Ouvrière prévient : « Si notre mouvement ne se généralise pas, notre action sera brisée et pour combien de temps » 54? Le raisonnement est en effet le suivant : puisque les faibles et les exploités n’ont par définition pas la loi (comprenons ici loi de classe ou loi bourgeoise) pour eux, il n’y a alors que par l’union de toutes et tous que ceux-ci et celles-ci seront à même de se défendre. Prenons l’exemple de la lutte des classes au sein de l’usine. Une usine a à sa tête un patron, qui donne des directives quant à l’orientation à suivre pour optimiser la production, et donc, les rendements. A la base de l’usine, c’est-à-dire tout en bas de la hiérarchie, se trouvent les ouvriers, qui assurent la production par leur travail manuel. A charge pour le patron de payer les salaires, les plus bas possibles dans son intérêt économique. Ainsi, si le patron a pour lui la position dominante qu’il exerce au sein de l’usine, garantie par le règlement intérieur de cette dernière55, il n’en demeure pas moins que « C’est nous qui faisons sortir la production. Sans notre travail, la machine s’arrête. Dans la lutte qui nous oppose au patron, c’est nous qui tenons les postes-clefs et qui sommes le nombre »56. Ainsi, de ce rapport des forces, dépend finalement l’orientation de l’évolution de la société, conditionnée par la classe sociale qui réussit à s’emparer du pouvoir au détriment de la classe sociale adverse : « Nous avons appris à l’école du socialisme que tout le développement social est fondé sur les classes et sur leur lutte, et que tout le cours de la vie est déterminé selon la classe qui se trouve au pouvoir et selon les tâches au nom desquelles elle réalise sa politique »57. Ce rapport des forces, politiques selon Trotski, est la résultante de divers facteurs, le degré de 26

développement de la production constituant le plus important d’entre eux : « Le rapport des forces politiques est, à chaque moment donné, la résultante de divers facteurs de puissance et de valeurs inégales et ne se détermine que tout au fond des choses par le degré de développement de la production »58.

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