1. INTRODUCTION

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La préoccupation pour l’introduction de nouvelles technologies de la communication et de l’information dans l’éducation latino-américaine n’est pas un phénomène récent. Les essais d’alphabétisation par radio en Colombie et la construction de télé-secondaires au Mexique ont commencé avec l’arrivée de nouvelles technologies. Dans cette même perspective, nous trouvons que l’inquiétude pour la cohérence de l’école face au contexte contemporain n’est pas seulement liée à l’arrivée des ordinateurs dans les écoles. Cette situation coïncide avec les problèmes et les réflexions sur les pratiques traditionnelles d’enseignement, la décentralisation des ressources, les changements de rôle de l’enseignant, la diversification des méthodes, l’application de contenus scolaires aux contextes des communautés et la création des projets de classe et et des projets institutionnels

Avec l’arrivée des ordinateurs et leur usage dans différents secteurs de la société, les deux pays étudiés, le Mexique et la Colombie, mettent en place des programmes nationaux grâce à un partenariat entre le secteur public et le secteur privé pour la fourniture de matériel informatique dans les écoles publiques et les communautés les plus reculées des pays. L’objectif de ces programmes est la prévention de l’écart numérique et scolaire de ces populations. Les deux programmes sélectionnés pour cette recherche sont “Computadores para Educar” en Colombie et UNETE au Mexique. Lors du travail de terrain, nous avons constaté aussi la juxtaposition d’autres programmes avec des objectifs semblables au Mexique tels que “Enciclomedia” et “Intel, éduquer pour l’avenir”.

Les programmes visent la fourniture de matériel informatique, ainsi que la formation des enseignants pour l’utilisation ludique des équipements dans les différentes matières du socle commun. Les attentes des projets transcendent la fourniture d’équipements, pour viser la transformation des méthodes des enseignants, l’amélioration de l’éducation et le développement des pays. En revanche, nous avons pu constater, à partir de notre travail de deux ans dans le programme “Computadores para Educar”, ainsi que d’une recherche précédente pour l’obtention du diplôme de Master2 que ces objectifs ne correspondent pas à la réalité des écoles. Nous contatons dans le quotidien des écoles, que les enseignants résistent à travailler avec les ordinateurs, à cause de la peur de se sentir dépassés par les technologies. De plus, des problèmes de maintenance, d’administration et de formation sont aussi presents.

Nous avons étudié le cas de la Colombie dans une première recherché. A cette occasion nous voulons le confronter avec un pays ayant des caractéristiques semblables, telles que la langue, la multiculutralité, l’histoire de colonisation et leur condition de pays en développement. Cependant, des différences dans la structure du système éducatif et dans l’infrastructure des équipements informatiques dans les écoles existent entre les deux pays. Le Mexique possède plus de programmes et d’équipements en TICs que la Colombie, mais la Colombie a créé une structure de formation d’enseignants et de stratégies didactiques pour l’usage des équipements qui dans la plupart des écoles observées dépasse les écoles mexicaines.

Ce cadre de référence, nous a amené à cinq questions qui sont à l’origine de cette recherche. Celles-ci sont : Quelle organisation interne a été adoptée par les écoles bénéficiaires des programmes?, Quels obstacles ont été rencontrés?, Quelles réalisations ont été développées? Dans quelle mesure le recours aux technologies de l’information suscite des changements dans l’enseignement? Selon les programmes d’éducation en TICs et selon les contextes? Pourquoi le travail en TICs est-il important dans l’éducation de base, prioritairement dans les écoles primaires d’Amérique Latine (Mexique et Colombie)?

Le but final, dans cette recherche est de parvenir à caractériser les usages des TICs dans les écoles visitées, telles que les transformations, les obstacles, les stratégies développées et les potentiels des TICs utilisés dans l’enseignement de base. Pour l’analyse de ces pratiques, nous partirons du cadre théorique et des discours institutionnels des deux pays qui les contiennent. De plus, nous aurons une réflexion plus générale portant sur le rôle de l’école dans la communauté et le rôle des TICs dans l’accomplissement des objectifs scolaires.

Nous avons réalisé un travail de terrain de trois mois au Mexique et en Colombie. Nous avons visité un total de neuf écoles, avec des caractéristiques semblables, dont au moins une école indigène, deux écoles rurales et deux écoles urbaines par pays. Nous avons effectué des observations qui ont duré entre un et trois jours par institution, ainsi que des entretiens avec au moins un enseignant et le chef d’établissement. Dû au petit échantillon, l’analyse des résultats est principalement qualitative et sémantique.

Le présent document est divisé en quatre parties: 1) le cadre contextuel, 2) le cadre théorique : le contexte socio-historique et la comparaison des systèmes éducatifs du Mexique et de la Colombie 3) la recherché empirique: la méthodologie, le travail de terrain et l’analyse des résultats et 4) la discussion et les perspectives.

La première et la deuxième partie mettent en contexte à un niveau théorique et discursif le cadre où les programmes nationaux de TICs ont été introduits dans les écoles des deux pays étudiés. Nous analyserons et réaliserons une comparaison des évènements historiques les plus récents, de la situation géopolitique, des systèmes éducatifs, des mouvements d’ethno-éducation et des différents moments de la prise en compte de TICs dans l’enseignement formel et la formation continue des deux pays.

La troisième partie est constituée d’une session dédié aux questions de recherche, les choix méthodologiques, les démarches de la recherche sur le terrain et la description de la population concernée. Une deuxième session décrit les visites de terrain : étude descriptive et narrative des observations et entretiens de chaque école visitée. La troisième session concerne l’analyse : classement des catégories, mise en réseau, analyse des résultats et finalement une partie destinée aux conclusions générales de l’étude empirique a été développée.

La quatrième partie concerne la synthèse du document, la confrontation entre les résultats empiriques et la théorie, les réponses analytiques de la question de recherche, ainsi qu’une vision générale du travail et les projections dans la continuation de la recherche.

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