DEUXIEME PARTIE : AL-QAIDA AU MAGHREB ISLAMIQUE : LOGIQUE DE DEFIANCE SECURITAIRE ET OBSTACLE AU DEVELOPPEMENT DANS L’ESPACE SAHELIEN

Non classé

Quel contenu donner précisément à une ambition ou à un projet associant les préoccupations de sécurité et de développement au sahel ? La réponse à cette question n’a pas encore été formulée. Le sahel est une des régions les plus pauvres du monde. Il est confronté à la fois à des problèmes d’extrême pauvreté, aux effets du changement climatique, à des crises alimentaires fréquentes, à une croissance rapide de la population, à une gouvernance fragile, à la corruption, à des tensions internes persistantes, au risque d’une radicalisation et d’un extrémisme violent, aux trafics illicites et aux menaces que le terrorisme fait peser sur la sécurité. Les Etats de la région sont directement confrontés à ces problèmes et les récents développements politiques au Maghreb et en Afrique de l’Ouest, plus précisément au Nord Mali ont eu des conséquences sur la situation dans le sahel, compte tenu des relations étroites qui existent entre les pays de ces deux régions. On a maintenant à faire avec un continuum d’instabilité dont le périmètre est toujours plus vaste, dessiné par ces relations internationales illicites que sont les activités criminelles associées aux actions de la terreur(352).

Face aux entreprises criminelles de l’AQMI et ses menaces récurrentes, les réponses des Etats n’ont pas été jusqu’ici, suffisantes. Ponctuées de désaccords, elles sont caractérisées par une méfiance réciproque qui grève l’édification d’une véritable politique de sécurité commune, par des stratégies nationales parallèles, parfois contradictoires, qui peuvent s’avérer contreproductives(353).

Les événements qui ont suivi au Mali après le coup d’état marqué par l’implantation des groupes armés au Nord de ce pays n’a fait que confirmer l’absence d’une approche intégrée et coordonner pour faire front commun contre le terrorisme. La vase d’expansion naturel de ces menaces est incontestablement l’espace régional. Les problèmes et leurs solutions ne peuvent être pris à bras le corps qu’à l’échelle de toute la région. Aucun pays, même le plus grand ou le plus puissant, ne peut agir seul. Imaginons par exemple que le Mali réussisse à chasser de son territoire la totalité des groupes armés qui y sévissent actuellement.

Alors ces groupes se refugieront dans les pays voisins ; le problème n’aura pas été réglé, il aura été exporté.

Même s’il est difficile à mettre en œuvre, l’action concertée au niveau régionale est une réponse et même un défi en termes de sécurité et de développement de l’espace sahélosaharien, il n’y a pas d’alternative. Il est désormais question d’atteindre pleinement l’objectif de la ‘’Global War On Terror’’ lancée par l’ancien Président américain George WALKER BUSH(354). Et dans cette visée, malgré l’existence de certaines initiatives qui ont déjà vu le jour (Chapitre I), il est plus qu’important pour l’Afrique d’intégrer les nouveaux mécanismes de paix et de sécurité pour une action concertée et résolue pour faire face à la menace du terrorisme au sahel (Chapitre II).

352 Laurence AIDA AMMOUR, « Les Défis de sécurité dans la zone Saharo-sahélienne et leurs répercussions dans la région Méditerranéenne », Seguridad y Defensa en el Mediterraneo , (SEDMED), 25 octubre 2010, p. 2.
353 Laurence AIDA AMMOUR, Ibid.
354 La guerre contre le terrorisme ou guerre contre la terreur désigne le concept géopolitique développé par l’administration américaine au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 pour établir et organiser la solidarité internationale face au péril constitué par la montée du terrorisme islamiste. Voir, « Guerre contre le terrorisme », Encyclopédie Wikipedia. http://www.wikipedia.org.

Page suivante : CHAPITRE I : ETAT DES LIEUX DES INITIATIVES FACE A LA DEFIANCE SECURITAIRE REGIONALE

Retour au menu : LES DEFIS DU TERRORISME AU SAHEL : AQMI, une menace stratégique ?