5.1. Analyse empirique du lien « ciblage des pauvres et autosuffisance »(31)

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Les travaux réalisés par Schreiner et Woller (2002) ont confirmé la simultanéité entre ciblage des pauvres et autosuffisance de l’institution. En effet, pour comprendre la relation entre l’autosuffisance financière et le niveau du ciblage des pauvres, cette étude examine les causes déterminantes de l’autosuffisance financière de 13 institutions bancaires de village (« village banks ») sur une période de trois ans (1997-1999) d’une part et d’autre part, elle utilise des indicateurs exprimant le six aspects de la portée sociale de Schreiner. Les résultats de cette étude suggèrent que les deux volets social et financier peuvent être conjointement atteints, exceptionnellement en adoptant des stratégies appropriées : charger un vrai taux élevé d’intérêt, faire l’utilisation productive des agents de crédit, payer des salaires appropriés, et réduire les coûts administratifs.

Gutiérrez-Nieto et al (2005) montrent aussi qu’il n’y a pas nécessairement d’arbitrage entre le ciblage des pauvres et la soutenabilité des activités. Ils utilisent des outils de gestion pour tenter de valider la complémentarité entre ces deux dimensions en appliquant la méthode d’enveloppement des données à 30 IMF d’Amérique Latine. Leurs résultats montrent qu’il y a plutôt un effet « pays » et un effet « statut » sur une combinaison efficace de deux objectifs. Concrètement, le niveau de l’infrastructure de chaque pays et le statut de l’institution considérée influence significativement la convergence de cette double mission.

Morduch Cull et Demirguc-kunt (2006) utilisent dans leur étude des données sur 124 IMF, dans 49 pays (Asie, Afrique, MENA), pour cerner de la relation entre la viabilité financière et la profondeur de la portée sur trois types d’institutions: Contre toute attente, les résultats obtenus, montrent que les institutions ne deviennent pas viables avec le temps seulement mais plutôt et surtout avec une concentration, de plus en plus, sur ses anciens clients en leur accordant de grands prêts ».

Pour capter les effets temporels, Paxton (2002) a comparé dans son étude les clientèles de 18 IMF, choisies au moment de l’étude, entre 7 et 27 ans d’existence, situées en Amérique latine et en Afrique qui octroient des crédits aux « pauvres ». Cet auteur a corrélé le degré de pauvreté des clients à la viabilité financière de l’institution. Les résultats montrent l’inefficacité de la dimension temporelle. Plus la proportion des pauvres a été élevée et plus l’institution avait des difficultés à être indépendant de subvention.

31 L’essentiel de cette partie a été tiré de BERGUIGA.

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