5.2.Analyse empirique des déterminants de l’autosuffisance

Non classé

Partant d’une étude sur la BUUSAA GONOFAA(32) (BG) en Ethiopie, Teshome yohannes et Marc-mees (2007), soulignent qu’il est possible de servir les pauvres et avoir des performances élevées sur le plan financier. La taille moyenne des crédits faibles, le pourcentage des femmes, la localisation de cette institution entérine que la BG cible les plus pauvres. Le tableau 2 nous donne un aperçu globale de la dite étude.

Tableau 2 : Les performances financière de BG (en 2006)

Les performances financière de BG (en 2006)

Source : Teshome yohannes et Marc-mees 2007 (Zoom Microfinance)

Au-delà de la de sa fidélité à sa clientèle cible, ces données mettent en exergue le niveau des performances impressionnantes affiché par la BG. Son ratio d’autosuffisance opérationnelle a été pratiquement égal à la norme(33). Les analyses de Teshome et Mees montrent que la BG est arrivée à de tels résultats par la mise en place des stratégies de rationalisation des charges, la bonne maitrise de la qualité du portefeuille, l’amélioration du rendement du personnel en général et des agents de crédit en particulier et la décentralisation de la décision au niveau des agences : grande rapidité de réaction pour les renouvellements (maximum 24 heures), ce qui limite les coûts d’opportunité.

Les conclusions de NIYONGABO Ephrem sur une étude effectuée une année plus tard étayent les arguments de Teshome et Mees. NIYONGABO présente les mécanismes mise en place par une institution burundaise (FENACOBU) pour être viable financièrement tout en servant les personnes à faible revenu.

Tableau 3 : performances de la FENACOBU

Performances de la FENACOBU

Source : NIYONGABO Ephrem

Au-delà des stratégies accoutumées, la FENACOBU avait mis en place une politique de collecte de l’épargne à terme spéciale(34) très efficace, celle-ci lui a permis de faire des placements et d’accroitre ses produits financiers, par ricochet ses revenus d’exploitation. En ce qui concerne les charges d’exploitation, bien qu’un écart s’exprime en 2005, une relative maitrise se fait remarquée pendant les trois premières années. La FENACOBU a tout de même affiché un ratio d’autosuffisance opérationnelle au-delà de la norme.

Au regard de ce premier chapitre, il s’est avéré que la possibilité pour une institution d’être autosuffisante tout en servant les personnes à faible revenu est très loin d’être exclue. Cependant, la littérature empirique révèle quelques éléments substantiels à endiguer. Il s’agit essentiellement du niveau de charge d’exploitation, de la qualité du portefeuille, de la productivité des agents de crédit, … Certains auteurs soulignent l’importance des aspects additionnel tel que : l’âge de l’institution, sa forme juridique, la qualité de ses produits offerts, la méthodologie des prêts…

32 La ressemblance du contexte Ethiopien, pays africain à faible niveau de vie, nous a conduit à faire le choix de BG pour cette étude menée en RD Congo.
33 132% au lieu de 133%.
34 Les termes étaient généralement de plus d’une année.

Page suivante : Chapitre 2 : Analyse empirique du schisme en microfinance à Kinshasa

Retour au menu : SCHISME DE LA MICROFINANCE : Problématique de l’atteinte de l’autosuffisance opérationnelle par les institutions ciblant les personnes à faible revenu