3.4. Apports et limites de la recherche

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Cette enquête nous a apporté un certain nombre d’éléments intéressants qui répondent aux interrogations qui étaient présentes au début de notre travail.

La littérature scientifique semblait unanime dans le fait que le mécénat était une forme de communication pour l’entreprise et ce, malgré les limites imposées par la définition du mécénat. Le terrain nous prouve qu’en réalité les fondations d’entreprise ne sont pas un outil dans la communication de l’entreprise car le plus souvent elles communiquent peu, et ne sont pas toujours connues des clients de l’entreprise. L’image de marque de l’entreprise n’est donc, le plus souvent, pas modifiée par la fondation.

Ce mémoire est également intéressant pour les personnes qui souhaitent connaître les différentes approches de la communication en fonction des fondations interrogées. C’est un outil synthétique qui permettrait à de nouvelles fondations de s’inspirer des stratégies et outils de communication actuellement utilisés par les fondations d’entreprise.

Enfin c’est un outil de compréhension du mécénat et du parrainage pour les personnes éloignées de ce domaine et qui souhaitent s’y intéresser plus particulièrement. La littérature sur le mécénat a été largement balayée afin d’avoir une vue d’ensemble des théories actuelles sur le mécénat.

En revanche, il est évident que ce travail possède des limites indéniables.

Tout d’abord, l’enquête n’a été réalisée qu’auprès de personnes travaillant dans les fondations d’entreprise. Nous avons essayé à chaque fois d’obtenir la personne la plus élevée hiérarchiquement, dans le but d’obtenir des réponses clés sur la stratégie de la fondation, mais cela n’a pas toujours été possible. Il faudrait donc n’avoir affaire qu’avec le délégué général de chacune des fondations interrogées afin d’obtenir toutes les réponses aux questions de stratégie.

L’autre limite est que le discours des personnes interrogées ne reflète pas forcement la vérité. Lorsque nous parlons de stratégies et d’un sujet aussi délicat, il est évident qu’il peut y avoir des vérités dissimulées. Toutes les réponses ne sont donc pas à prendre telles quelles et les résultats en pâtissent forcément.

Par ailleurs, le Président Directeur Général a souvent été cité dans la stratégie de création de la fondation et c’est lui qu’il aurait également fallu interviewer afin de déterminer la stratégie dans son ensemble, et mieux déterminer les attentes de l’entreprise vis à vis de sa fondation.

Il aurait également fallu enquêter auprès d’un plus grand nombre de fondations pour obtenir un échantillon plus représentatif. Nous aurions ainsi pu avoir des résultats plus précis.

Avoir à faire à des fondations qui n’agissent pas en faveur de la culture aurait également pu nous apporter un éclairage supplémentaire afin de mieux déterminer pourquoi elles n’ont pas choisi la culture parmi leurs axes d’intervention.

Il aurait pu être intéressant d’interviewer le grand public pour mieux déterminer l’impact qu’ont sur lui, les entreprises qui possèdent une fondation. Nous aurions ainsi pu obtenir des réponses plus scientifiques par rapport à l’image de marque des entreprises fondatrices.

Enfin nous aurions pu également faire une étude sur le rapport entre le chiffre d’affaires de l’entreprise et la communication des fondations, pour établir s’il n’y a vraiment aucun rapport entre les deux.

CONCLUSION PARTIE 2

Dans cette deuxième partie, nous avons réalisé une enquête sur le terrain qui nous a permis de répondre à une problématique importante liée au mécénat : la communication.

Tout au long de nos recherches, les auteurs insistaient sur la communication liée au mécénat alors qu’elle semble en inadéquation avec la définition même du mécénat. Notre problématique s’est donc penchée sur cet aspect afin de découvrir les motivations profondes de ces fondations lorsqu’elles créent ou soutiennent des projets culturels. La recherche s’est portée sur dix fondations d’entreprise qui ont acceptée de nous recevoir pour des entretiens semi-directifs.

Les principales conclusions de notre enquête sont que les fondations ont plusieurs façons de s’investir dans leurs actions de mécénat et qu’elles sont toutes différentes. Certaine mélangent leurs champs d’action ou leurs façons d’intervenir mais toujours dans un but unique : l’intérêt général.

La création d’une fondation est généralement liée à l’initiative du Président Directeur Général de l’entreprise fondatrice et le plus souvent l’entreprise était déjà engagée dans le mécénat avant même la création de la fondation. Certaines ajoutent que c’est dans un souci de lisibilité et de cohérence que l’entreprise a choisi de créer sa fondation.

La culture a le plus souvent été choisie encore une fois grâce aux aspirations du dirigeant de l’entreprise. Pour les autres, c’est un axe d’intervention qui se marie plutôt bien avec le social. La culture permet notamment aux jeunes de s’épanouir et de s’ouvrir au monde. La culture est parfois un vecteur de communication mais ce n’est finalement pas la raison principale qui pousse les fondations à s’investir dans ce domaine.

Les fondations communiquent généralement peu et quand elles communiquent c’est de façon institutionnelle. Il est plus important pour elles de communiquer sur les projets qui sont menés que sur l’entreprise fondatrice. Les cibles sont les salariés de l’entreprise, les partenaires de la fondation et de l’entreprise, les clients de l’entreprise et le grand public.

Bien sûr, toutes n’ont pas les mêmes cibles mais espèrent souvent les mêmes retours. Le but est à la fois d’impliquer les salariés pour mieux les associer aux projets de l’entreprise mais aussi d’obtenir une certaine crédibilité dans le domaine dans lequel la fondation exerce. La communication commerciale pour l’entreprise n’est pas, au regard de cette enquête, un objectif de la communication des fondations d’entreprise.

Les fondations d’entreprise ont donc bien l’intérêt général comme principal objectif et ne semblent pas être de simples outils de communication. Il existe une réelle implication de la part de l’équipe des fondations mais aussi de la part de l’entreprise fondatrice. Seule une question reste en suspens, les fondations d’entreprise aurait-elles une fonction davantage politique ? C’est l’impression qui semble s’être affirmée tout au long de notre enquête. Il s’agirait donc aujourd’hui de réaliser un autre travail sur cette nouvelle interrogation.

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